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Sur le bord de la route....

L’odyssée Dalemark

t.1 Le sortilège de la guiterne

Diana Wynne Jones

Editions Baam 

 

 

J’ignore si j’en ai le droit, mais je vais vous parler aujourd’hui d’un livre qui n’est pas encore sorti ! Bon pas de panique non plus, l’ouvrage devrait bientôt apparaître en librairie fin avril et, dans la mesure où ma critique est plutôt positive, je ne pense pas que cela nuira beaucoup à sa réputation…

Vous connaissez tous Harry Potter je suppose. Mais connaissez-vous une série plus ancienne qui elle aussi mettait en scène sorciers et apprentis ? Il s’agissait de la saga des Chrestomanci de Diane Wynne Jones, « le meilleur auteur de magie pour les lecteurs de tout âge » dixit notre bien-aimé Neil Gaiman himself. De Diane Wynne Jones j’avais lu moi-même étant enfant Ma sœur est une sorcière et avoir été emballée par sa lecture au point de l’avoir fait lire de force à mon père. L’histoire mettait en scène deux orphelins, un frère et une sœur dont les parents étaient mystérieusement morts dans un accident. D’abord recueillis par une vieille voisine, la sœur développait des pouvoirs magiques. Du coup l’oncle débarquait et la prenait sous son aile afin de l’aider à développer ses talents, le souci étant que, la gamine magicienne n’en était pas moins une peste… Allez franchement, ça n’a pas des petits airs de « déjà vu » ?

Du coup, quelques vingt ans plus tard, ce n’est pas sans émotion que je me suis lancée dans la lecture du nouveau Wynne Jones, le premier de ce qui pour l’instant semble être une tétralogie. J’étais un peu inquiète car nous savons tous que ce qui nous paraissait fantastique étant petit peut devenir sans intérêt à l’âge adulte et qui plus est gâcher le souvenir de notre jeunesse. Heureusement, dans ce cas de figure, l’auteur n’a pas mal vieilli.

Dans ce premier volet de la saga L’odyssée Dalemark, nous découvrons un pays scindé en deux : nous avons d’un côté le Sud, opprimé par ses comtes et soumis à de terribles restrictions et de l’autre le Nord, plus relâché. Bien entendu les deux « clans » se vouent une haine qui ne connaîtra jamais de fin et ce jusqu’à ce que l’héritier du trône revienne et se rallie les deux partis. Dans ce contexte troublé, seuls quelques musiciens itinérants ont le droit de passer librement d’un côté à l’autre de la frontière. Clennen est l’un d’eux : accompagné de sa famille, sa femme et ses trois enfants, Moril (notre héros) Dagner et Bril, il voyage indifféremment au Nord et au Sud transmettant messages et chansons.  Mais, au cours d’un voyage, Clennen se fait assassiner par l’un des nobles du Sud. Avant de mourir, il remet sa guiterne (son instrument, une sorte de luth) à son fils en lui assurant que cette dernière est dotée de pouvoirs mystérieux. A Moril d’en trouver l’usage et de percer le secret qui entoure son père….

C’est encore une fois du merveilleux  avec encore une fois l’inévitable carte du début de roman. Ne râlez pas ! Le monde dépeint par Wynne Jones est assez simple à comprendre (Sud = méchants ou opprimés, Nord= Gentils) L’auteur a un style qui lui est tout à fait personnel. Sobriété de mise, on ne s’épanche pas sur les sentiments des héros pendant des heures, on expédie morts et abandons avec une absence d’effusions somme toute assez reposante (en dix pages la mort de Clennen et le remariage de sa femme sont bouclés « ça c’est fait ») pour se concentrer sur l’intrigue principale, les trois enfants. L’écriture, n’en déplaise à Gaiman, est tout de même à destination d’un public d’enfants mais ce n’est pas pour autant qu’elle est médiocre. Bien au contraire, il y a une certaine grâce dans cette sécheresse. Si Rowling aime les fioritures, Wynne Jones elle va directement à l’essentiel et enchaîne les péripéties sans temps mort. C’est peut-être d’ailleurs le seul réel défaut que je trouverai à ce livre : un peu expéditif, il ne laisse pas tellement au lecteur le temps de découvrir le royaume de Dalemark (le monde dans lequel évolue Moril) et nous laisse sur le bord du chemin. C’est un peu frustrant. Sinon, l’histoire est plutôt intéressante, nous avons grâce aux héros musiciens les inévitables chansons intercalées dans le récit et, je le répète, aucun temps mort, aucun passage inutile. Bref, à découvrir d’ici peu. En attendant, pour ceux qui ont aimé cette note je vous conseille d’aller lire Ma sœur est une sorcière et, pour les autres, ceux qui en ont assez de la jeunesse et des histoires de sorcellerie et de loups-garous, promis, la prochaine fois nous n’en parlerons pas !

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