Harry Potter t.1 à 7
J.K Rowling
Éditions Gallimard Jeunesse
Profitant de ma coupure du monde magique d’Internet, je me suis décidée à me relancer pour me consoler dans un autre monde tout aussi merveilleux, celui de Harry Potter et j’ai relu à la suite les sept tomes de la saga du petit sorcier.
Rassurez-vous, je ne ferai point une analyse détaillée de chacun des volumes. Je crois qu’à l’heure qu’il est, pratiquement tout le monde connaît l’histoire de Harry, le petit garçon qui, à l’âge de onze ans découvre qu’il a des pouvoirs magiques et entre dans l’école de sorcellerie de Poudlard, dirigé par le vénérable Dumbledore. Durant ses sept années de scolarité, Harry apprendra à contrôler ses dons mais, surtout, verra avec horreur le retour de Voldemort, le terrible sorcier adepte de magie noire qui a autrefois tué les parents de notre héros.
Que dire ? Harry Potter est devenu au fil du temps un véritable phénomène littéraire et il m’est difficile d’en parler objectivement car je fais partie de ces fans purs et durs, de ceux qui hurlent quand les adaptations cinématographiques omettent le moindre détail et qui peut vous citer le moindre nom des élèves de Gryffondor. Au demeurant, il faut reconnaître que le style de Rowling n’a rien de franchement exceptionnel : c’est simple mais efficace, parfois un peu maladroit. En revanche, il a une caractéristique frappante, celui d’avoir évolué au fil de la saga. Le tome 1 de Harry Potter, L’école des sorciers est un honnête livre pour enfants ; le tome 7, Les reliques de la mort, est beaucoup plus abouti et recèle des passages absolument magnifiques ou au contraire glaçants.
Mais ce qui, à mon avis, a rendu la série célèbre, c’est avant tout cette alliance d’un univers magique (la sorcellerie) avec un quotidien des plus familiers (l’école avec son lot de contrôles, de punitions, d’élèves plus ou moins brillants et de professeurs plus ou moins antipathiques) Cette alliance se fait de façon si naturelle et non sans une dose d’humour que le lecteur n’a aucun mal à adhérer à ce monde où les chouettes apportent le courrier, les balais volent, mais où vous pouvez toujours avoir un zéro pour avoir mal préparé votre potion magique…
Et, pour finir, un petit tour d’horizon rapide des sept volumes, en essayant de ne pas commettre trop d’impairs:
L’école des sorciers : Comme je l’ai déjà souligné, le premier volume n’a rien d’exceptionnel. D’un style très enfantin, son intérêt majeur est de mettre en place l’univers de la série et différents personnages : Harry, les Dursley, Ron, Hermione, le professeur Rogue (mon chouchou !) Dumbledore, Neville… pour la petite histoire, quand j’ai commencé la première fois la série, j’ai laissé tomber au bout de trois chapitres ! Il a fallu en fin de compte que je lise par la suite le deuxième tome pour revenir au premier.
La chambre des secrets : Là, c’est purement affectif car c’est comme je le disais, le premier Harry Potter que j’ai lu jusqu’au bout. L’intrigue est plus sombre que dans le premier tome ; le héros lui-même apparaît plein de zones d’ombre et une menace plane sur l’école de Poudlard (des élèves se font mystérieusement attaquer) Certains personnages comme les Weasley prennent de l’ampleur. Paradoxalement, c’est sans doute le volume où l’on trouve le plus de passages comiques : la voiture volante, le jour de la Saint Valentin… et des personnages franchement drôles apparaissent : Mimi Geignarde, l’adolescente fantôme susceptible et l’ineffable professeur Lockhart (qui ne sévira malheureusement que le temps d’un roman) le magicien bellâtre plus soucieux de son apparence que de ses cours.
Le prisonnier d’Azkaban : après l’avoir apprécié sans plus, j’ai appris à aimer ce volume qui, pour la première fois, revient sur les circonstances de la mort des parents de Harry et qui fait intervenir les Détraqueurs, ces personnages maléfiques qui absorbent l’espoir et le bonheur. A noter aussi l’arrivée du professeur Trelawney, le professeur de divination dont les cours permettent également quelques bonnes scènes de comédie.
La coupe de feu : Ce tome marque un tournant dans le cycle. De par sa longueur déjà : on passe de romans courts à un véritable pavé. De par son ton aussi : c’est à partir de cet épisode que les morts s’accumulent. La coupe de feu est je crois l’un des tomes les plus critiqués de la saga : on lui reproche des longueurs, notamment au début, et un rythme relativement paresseux. Cependant, ce tome a le mérite de détruire l’image gentillette de Harry et de ses amis pour en faire des personnages plus complexes (Harry, jaloux de la popularité de Cedric Diggory, Ron jaloux de la notoriété de Harry et Hermione, vexée par le manque d’attentions que lui accorde Ron) bref, des adolescents qui ont parfois envie de faire autre chose que de sauver le monde. La coupe de feu marque également le véritable retour de Voldemort, l’ennemi juré de Harry.
L’ordre du Phénix : C’est, à mon avis, avec le septième tome, le volume le plus dur de la série. Harry, incompris, se fait « persécuter » par le ministère de la Magie, est rejeté par bon nombre de ses camarades et doit faire front au professeur Ombrage, l’horrible nouvelle venue à Poudlard. Dans un style léger, Rowling met en scène des passages très difficiles : les retenues durant lesquelles Harry écrit avec son propre sang, le renvoi d’Hagrid, le procès de Harry… Des personnages jusqu’alors insignifiants comme le parrain ou le père de Harry acquièrent une nouvelle dimension. Notre héros lui-même, en proie à une crise d’adolescence somme toute assez comique est amené à reconsidérer son jugement sur ses parents, ses professeurs, le ministère… Et sur tout ça plane la peur omniprésente de Voldemort qui ne se manifeste jamais aussi clairement que dans l’Epouvantard auquel doit faire face madame Weasley au début du roman. Si L’ordre du Phénix est aussi un pavé, à la différence de La coupe de feu, aucun chapitre n’est inutile.
Le Prince de Sang-Mêlé : Retour à un Harry Potter plus classique : le héros redevient lisse, sa popularité est de nouveau au beau fixe. Le sixième tome est une parenthèse qui s’intéresse presque davantage aux émois amoureux ou aux rivalités des personnages qu’à Voldemort lui-même. Seul les morts et les disparitions qui ponctuent le récit nous rappellent que le combat est loin d’être terminé. A noter aussi le coup de théâtre final qui a plongé bon nombre de lecteurs dans un grand désarroi…
Les Reliques de la Mort : Après l’image du père de Harry, c’est au tour de celle de Dumbledore, le directeur, de prendre dans cet ultime roman une bonne claque. Plus de quotidien d’écoliers : les morts s’enchaînent à une vitesse accablante, les personnages principaux sont pourchassés… Certaines scènes sont glaçantes : la visite de Harry et Hermione chez une vieille sorcière à Godric’s Hollow, la fuite continuelle de nos trois compères…. D’autres passages sont au contraire très émouvants : le moment où Ron détruit l’un des Horcruxes, celui où Harry a accès aux souvenirs du professeur qu’il déteste, le professeur Rogue…
Bref, le temps de quinze jours j’ai replongé dans Harry Potter comme on plonge avec délice dans un bon bain. Certains détestent relire : je fais partie de ceux qui apprécient, assurée de ne pas avoir de mauvaises surprises et peut-être même de découvrir des détails qui m’auraient échappée lors d’une première lecture… Le danger étant surtout de ne pas chercher machinalement sa baguette magique au moment de partir travailler.