Lyra et les oiseaux
Philip Pullman
Non, je n’ai pas décidé de renoncer au blog, mais je suis coincée au milieu de Au bord de l’eau, sympathique roman chinois de près de 2000 pages, et il va me falloir encore quelques temps avant d’en voir le bout. En attendant, pour couper un peu, parlons d’un autre livre, histoire de mettre à jour le site.
Si je vous dis Philip Pullman, vous allez peut-être avoir une hésitation. Si je vous parle en revanche de la trilogie des Royaumes du Nord, nul doute que vous verrez tout de suite l’auteur. Sa série A la croisée des monde a eu un vif succès, encore plus depuis qu’elle a été adaptée au cinéma. Personnellement, j’ai apprécié le premier tome de la saga, adoré le deuxième, et franchement détesté le troisième. C’est donc avec une certaine curiosité que je me suis attelée à la lecture d’un roman (si tant est qu’on puisse qualifier ainsi un livre qui fait une quarantaine de pages écrit très gros) intitulé Lyra et les oiseaux et qui fait suite à la trilogie. « Retrouvez l’audacieuse Lyra, l’héroïne de A la croisée des mondes, et l’univers magique de Philip Pullman » proclamait fièrement la quatrième de couverture. Mouais. Rien qu’avec ça j’aurais dû me méfier.
J’aimerais vous parler de ce roman, sincèrement. Vous dire ce que j’ai apprécié, ce que j’ai détesté. Le problème c’est qu’il n’y a absolument rien à en dire. L’histoire tient en quelques lignes ; Lyra, l’héroïne super intelligente de la trilogie, est accompagné de son super daemon (pour les non initiés de la série, il faut prononcer démon. Le daemon est dans le monde de Pullman un être animal rattaché à la personne, une âme extérieure en quelque sorte. Dans l’enfance il adopte différentes formes animales et ne prend une forme fixe qu’à l’adolescence. Profond non ?) Mais ciel ! Lyra trouve un daemon abandonné, ce qui est impensable. Le daemon lui apprend que son maître, une sorcière, est malade et la presse de venir à son secours. N’écoutant que son courage et sa grandeur d’âme, Lyra fonce au secours de la sorcière mais tombe dans un traquenard. Je vous rassure ; Lyra s’en sortira et pourra se rendre compte que le monde est perfide mais qu’heureusement les oiseaux sont là pour l’aider.
Ça vous paraît confus ? Tant mieux, c’est exactement ce que j’ai ressenti à la lecture ; une impression de confusion mêlée d’un sentiment de néant absolu. Le style de Pullman, la seule chose que je lui reconnaissais volontiers, a totalement disparu pour laisser place à une copie digne d’une rédaction d’un élève de collège. Rien à sauver. L’auteur aurait pu essayer d’avoir un scénario un brin construit, au lieu de ça il s’enfonce avec complaisance dans la description de son monde et dans des clins d’œil appuyés aux fans probables (en tous cas au début de la lecture) N’essayez même pas de lire Lyra et les oiseaux si vous n’avez pas lu la trilogie avant. Même moi en l’ayant lu, j’ai eu du mal à m’y retrouver. Pullman a peut-être un univers magique mais là il tombe à plat. Ok, je vous rassure. Le livre que j’ai entre les mains est un gratuit, offert pour l’achat de 3 livres dans la même collection. Mais j’ai souvenir qu’il est sorti en belle édition et je m’interroge sérieusement sur les motifs de cette sortie. A quoi bon faire payer des gens pour un récit aussi bref, indissociable des précédents et aussi inintéressant ? Pourquoi ne pas l’avoir plutôt inclus en sorte d’annexe à la fin du tome 3 ? Je suppose que ça s’appelle un coup marketing (ou de la malhonnêteté)…
Voilà donc tout ce que j’ai à dire sur ce simili livre qui m’a fait perdre vingt minutes de mon existence, vingt minutes que j’aurais pu employer plus utilement à faire le ménage ou jouer à l’ordinateur. Au moins vous voilà prévenus.