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Et la poussière les emportera...

 

PEDRO PARAMO

Juan Rulfo

 

 

Si je parle d’un livre dont l’action se situe au Mexique dans les années 20-30, je risque déjà de perdre la moitié du lectorat. Surréalisme ? ça y est il n’y a pas plus personne. Bon ben je continue pour les plus motivés.

Juan Rulfo est un écrivain renommé. L’ironie, c’est qu’il n’a en tout et pour tout écrit qu’un recueil de nouvelles, et le roman dont je vais à présent vous parler : Pedro Paramo. L’histoire est à la fois simple et extrêmement compliqué : Juan Preciado à la mort de sa mère et pour obéir à ses dernières volontés se rend au village de Comala, à la recherche de son père, Pedro Paramo. C’est le seul élément tangible de l’histoire. Arrivé au village, Juan Preciado se rend compte qu’il n’y a plus personne de vivant. Dans Comala, seuls des fantômes errent le long des rues pleines de poussières, prenant à tour de rôle la parole pour raconter leur histoire.

Mélange des voix, confusion entre les différentes époques, abolition entre les vivants et les morts, changement de narration, tel est à mon sens ce qui fait de ce court roman un roman surréaliste. Inutile de chercher la logique dans le récit. Le fil directeur n’est même pas Juan Preciado le fils prodigue qui s’efface progressivement au fil de l’histoire pour rejoindre à son tour les fantômes du village (à supposer qu’il aie jamais existé) ; non, le lien c’est Pedro Paramo, celui autour de qui toute la vie des autres personnages s’articulent. Sorte de tyran local de son vivant, l’homme a eu une influence telle que même mort les autres continuent à le redouter lui et sa famille. L’ironie de la situation est que c’est le seul fantôme que Juan Preciado ne parviendra pas à rencontrer. Quête inutile du père qui s’achèvera sous terre dans les bras d’une morte.

C’est un récit déroutant, construit à la manière d’un rêve ou plutôt d’un cauchemar (d’ailleurs le champs lexical du sommeil est abondamment employé). Le lecteur adhère à un voyage dans le temps, de l’avènement du « règne » de Pedro Paramo au retour de son fils et à un voyage le long des rues de Comala dans lequel Juan Preciado va rencontrer successivement des amies de sa mère, un couple de frère et sœur incestueux, une femme qui rêve qu’elle berce un enfant tout en se donnant à tous les hommes, la dernière épouse de Pedro Paramo enfin, une douce folle et, paradoxalement la seule à qui Pedro Paramo indiffère, l’ironie étant que c’est la seule personne pour qui Pedro éprouve de l’amour. Autour de ces figures essentiellement féminines tournent les personnages masculins ; Miguel Paramo, le fils maudit, le prêtre Renteria qui ne peut que pardonner à ses ouailles alors qu’il n’arrive même pas à se pardonner à lui-même et encore moins à Pedro et son fils ; le régisseur Fulgor, l’avocat… Mélange de temps et de lieux, le « je » de la narration change continuellement au gré des protagonistes. Les descriptions sont rares, courtes et efficaces, confortant le lecteur dans ce sentiment général de désolation et d’abandon. Les dialogues et les monologues constituent l’essentiel du récit, dialogues qui sont généralement des dialogues de sourds et monologues qui résonnent comme les plaintes d’hommes abandonnées par le Ciel. Si Dieu existe, il a oublié le village de Comala qui apparaît comme une sorte de purgatoire, si isolé que même les événements politiques de l’époque (la révolution des cristeros et les répressions du gouvernement) apparaissent comme mineurs et viennent s’échouer devant l’indifférence de Pedro Paramo l’opportuniste.

Si vous aviez encore des doutes, c’est un récit plutôt triste, très mélancolique qui résonne comme un chant de deuil. Poétique dans son dépouillement, Pedro Paramo interpelle par sa dimension onirique et laisse à la fin un étrange goût de regret.

 

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G
l'ausle
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L
Moi je lis tout ce qu'il y a dans ton blog! Et çà me donne envie de tout lire ^^
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L
eh bien nous te donnons le droit de critiquer notre veste/chemise/uniforme fnac<br /> <br /> Bise ma yoyo !
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B
<br /> ce qui est bien, c'est de voir que les commentaires sont en lien direct avec les articles! Bon Pierre tu l'as lu cette fois au moins?<br /> Laetitia: merci. Bonne fin de vacances et à lundi!<br /> <br /> <br />
P
mais si je t'aime, c'est juste ma veste qui est un peu vexée
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L
Toutes manières personne ne m'aime... :(
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