L’ASSASSIN ROYAL tome 6
La reine solitaire
Robin Hobb
On reste dans la dimension onirique en retournant voir notre petit assassin chez Robin Hobb. Nous sommes à présent au tome 6 de la saga de L’assassin royal. Fitz et sa bande sont toujours à la recherche du roi Vérité. Bonne nouvelle, ils parviennent à le retrouver ; hélas, c’est une fausse victoire car Vérité n’est plus que l’ombre de lui-même. Contraint de se sacrifier pour le bien de son peuple en sculptant un dragon qui devrait chasser les ennemis loin des côtes de son royaume, il doit faire don de tous ses souvenirs et de toute sa personnalité s’il veut faire prendre vie à la créature de légende. Parallèlement, Fitz réalise que, même si la paix revient, jamais il ne pourra retrouver son « épouse » et sa petite fille.
Vous l’avez compris, ce tome est celui des sacrifices, ce qui donne au récit une dimension amère qui ne se retrouvait guère dans les épisodes précédents. Plus mélancolique, Robin Hobb s’autorise quelques entorses au genre en effectuant le temps d’un chapitre un récit presque entièrement descriptif où notre héros se retrouve le temps d’une nuit et d’une journée projeté dans une ville fantôme. Errant au milieu des ombres, il manque lui-même de devenir irréel. Mélancolie qui se retrouve aussi dans le personnage de la reine Kettrichen, la reine solitaire, (si vous vous interrogiez sur le titre) contrainte de dire adieu à un époux qui la reconnaît à peine. Un épisode sombre à peine allégé par des personnages comme le loup ou la ménestrelle.
L’action peine à décoller au début du livre et ce n’est que dès l’instant où la bande remet la main sur le roi qu’elle s’accélère. En revanche l’histoire finit sur un ordre restauré car, comme tout bon conte de fées (car qu’est-ce que la fantasy sinon un conte de fées pour adultes ?) elle ne peut pas finir mal, du moins pas totalement. Ainsi, si Vérité « meurt », il parvient à sauver son royaume et donne à sa femme un héritier qui permettra d’assurer sa descendance sur le trône. De la sorte, Fitz n’est pas contraint de sacrifier sa fille au royaume et si, effectivement, il ne rejoint pas la mère de cette dernière, tout au moins retrouve-t-il la paix dans une vie d’ermite. (Pour la petite histoire Fitz découvre que sa compagne Molly, qui le croyait mort, a refait sa vie avec celui qui était son père d’adoption à lui. Dur à avaler tout de même je trouve mais il y arrive avec panache) Les « méchants », Royal (le frère de Vérité si vous suivez bien), et tous ses sbires sont punis et le monde peut retrouver sa tranquillité. Question subsidiaire, jusqu’à quand ??? Car le cycle compte treize volumes tout de même…