La vie secrète
Fredman

Retour dans le monde merveilleux de la bande dessinée avec le premier tome d’une nouvelle série : La vie secrète, mettant en scène trois générations. Armand, le grand-père, agonise dans un hôpital suite à une attaque cérébrale. Son petit-fils, Simon, est très affecté par cet événement mais ce n’est pas le cas du fils Grégoire, qui, détaché de son père depuis près de vingt-cinq ans, a lui-même plus ou moins fui le domicile conjugal et cherche une issue à son existence futile. Il en veut terriblement à Armand qu’il rend responsable de ses égarements, mais Armand lui-même n’est pas tout blanc puisque, autrefois, il a participé aux combats sur les fronts de l’Est en tant que volontaire SS…
Pas grand-chose à dire sur cette BD. Certes, la « morale » est louable puisqu’il s’agit avant tout de pardonner, tant à soi-même qu’aux autres. Je n’ai pas grand-chose à dire non plus sur le dessin puisque je ne suis absolument pas une spécialiste. Mais… Bon allez je vais encore une fois passer pour une méchante sans cœur et sans goût, mais j’ai jamais vu des dialogues aussi pompeux ! Le fils Grégoire tout particulièrement parle comme dans un livre et même pas un roman, non, comme dans une pièce de théâtre grandiloquente. Vous me trouvez dure ? Alors voilà un extrait : (note : les personnages sont en train de se quereller au téléphone) « Greg ! Ecoute-moi, je sais que c’est pas simple mais que tu le veuilles ou non, il détient une part de toi qu’il veut probablement te rendre, ce sera trop tard une fois mort/ Eh bien j’ai changé d’avis, fidèle à ma réputation de cyclothymique instable, j’ai finalement décidé de ne pas porter ses valises, les miennes me suffisent !/ Je confirme, t’es vraiment lourd mon pauvre Greg, j’ai surtout l’impression que t’as une trouille bleue de découvrir ce que tu es vraiment et t’es bien incapable d’envisager ta vie autrement que sur un champ de bataille. » Voilà, c’est-y pas joli ? Phrases bien tournées, métaphores…. Et ça cadre pas du tout ! Enfin ça me paraît déplacé, je ne trouve pas d’autres mots. D’autres s’extasieront peut-être, moi du coup ça m’a tout foutu en l’air. L’histoire a beau être intéressante, elle m’a paru de ce fait creuse et plaquée. En un mot, je n’ai pas été touchée par une bande dessinée qui semble vouloir réunir tous les ingrédients nécessaires à faire pleurer dans les chaumières : le père et le fils ennemis, la seconde guerre mondiale et le génocide, la mort, etc. Manqueraient plus que le racisme et le Sida dis donc (gardons espoir, il reste encore deux tomes)! C’est civique et profondément ennuyeux mais je suppose que ça plaira à ceux qui veulent des bandes dessinées « sérieuses » c’est-à-dire ceux qui confondent sujet et qualité… Moi j’avoue que je trouve les petits poissons de Poupon ou les dragons de Boulet (regarde grand frère, je te cite !) beaucoup plus à mon goût que le histoires larmoyantes mal traitées.