Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 00:17

L’assassin royal tome 5

LA VOIE MAGIQUE

Robin Hobb

 

 

Après le roman fleuve chinois médiéval, place à un tout autre registre ; il s’agit de fantasy cette fois, un genre bien souvent décrié, littérature attribuée à tort à des geeks ou à des gothiques. Ne faisant partie ni de la première catégorie (à part mon goût immodéré pour les Sims, je ne passe pas ma vie devant l’ordinateur) et encore moins de la seconde (une blonde aux yeux bleus ça fait tâche en noir) je me sens obligée de prendre la défense des romans dits de l’imaginaire.

Petit cours pour les non-initiés : la fantasy est un genre qui s’apparente au merveilleux. Lointaine descendante du conte de fées elle puise dans ces derniers la matière principale (rois et reines en tout genre, quête, animaux magiques, merveilleux) pour créer un monde parallèle qui n’a rien à voir avec le nôtre et obéissant à ses propres règles géographiques (les auteurs de fantasy adorent dessiner des cartes de leur univers en début de récit) religieuses et sociales. Le défi est difficile en ce sens que la fantasy s’adresse à un public adulte ; pour que le lecteur adhère donc pleinement à l’univers qui lui est proposé, il faut que ce dernier soit crédible. A l’auteur de fantasy on ne demande pas tant du style que l’art de savoir raconter une histoire. Le roman est réussi dès lors que le lecteur a réussi à rentrer dans le monde qui lui est proposé et à s’attacher aux personnages. Cela demande une bonne dose d’art dramatique et du temps surtout, ce qui explique la longueur des romans de l’imaginaire.

 

Robin Hobb est l’une des auteurs phares de ce genre essentiellement anglo-saxon (personnellement je n’ai pour l’instant pas été convaincu par les prestations françaises mais j’avoue avoir des lacunes en la matière). La série dont je vais vous parler est sa toute première si je ne m’abuse et, pour l’instant, la plus connue. Il s’agit du cycle de L’assassin royal. A l’heure qu’il est je n’en suis qu’au cinquième tome sur les treize, mais pour vous je vais tenter un petit résumé !

Nous sommes dans un pays dirigé par le roi Subtil. Subtil a trois fils ; son fils aîné Chevalerie, son second Vérité, et son petit dernier, Royal, enfant d’un second mariage. Logiquement, Chevalerie était le roi-servant, c’est-à-dire le fils appelé à régner après la mort de son père. Las ! C’était sans compter sur l’arrivée d’un gamin de six ans, le bâtard de Chevalerie,  qui force son père à renoncer à ses prétentions au trône (ça rigole pas la morale là-bas) pour abdiquer en faveur de son frère, Vérité. Le bâtard, Fitz, le héros de l’histoire et celui qui la raconte d’ailleurs, est pris en charge par le roi Subtil, son grand-père qui décide de faire de lui son assassin attitré. Fitz apprend donc le métier de tueur professionnel, tout en développant parallèlement d’étranges pouvoirs qui lui permettent de communiquer avec les animaux et de devenir ainsi lié à un loup, Œil de Nuit. Jusque là tout va bien ? Ok on continue. Donc Chevalerie abandonne la cour et meurt bientôt dans d’étranges circonstances. Les pirates attaquent le royaume et Vérité, le prince-servant, doit user de tous ses pouvoirs magiques (ah je vous avais pas parlé de ça non plus ?) pour les repousser. Mais il ne peut tenir et décide alors de partir à la recherche des Anciens pour tenter d’obtenir leur aide (tome 3). Il laisse une épouse Kettricken, qui se révèle être enceinte mais aussi son gredin de frère Royal qui essaie d’usurper le trône. Faisant assassiner le roi Subtil par ses magiciens, Royal proclame son frère mort et provoque la fuite de la reine. Fitz, lui-même, entièrement dévoué à Vérité, est jeté au cachot, torturé et mis à mort. Il ne doit son salut qu’en se projetant dans le corps de son loup, expérience qui le rendra à moitié fou. Redevenu plus ou moins humain (tome 4) il n’aura de cesse de retrouver Royal pour le tuer, jusqu’à ce qu’un appel (magique cela va de soi) le pousse à retrouver Vérité qu’il devine encore vivant…

 

Ça va toujours ? On passe donc à ce fameux tome 5, celui que j’ai lu ce début de semaine et, je l’avoue, avec beaucoup plus d’entrain qu’Au bord de l’eau. Non pas qu’il se passe beaucoup de choses dans ce volume, il faut bien le reconnaître. Retour à la fantasy traditionnelle avec le thème de la quête usé et abusé. Fitz, en cherchant à rejoindre Vérité, retrouve sur son chemin une ménestrelle facétieuse, Astérie (il faut toujours un personnage un peu fantasque dans ce genre de récit) déjà croisée dans le précédent volet, la reine Kettricken, le fou du roi Subtil (homme ou femme ?) et une vieille énigmatique. Les personnages forment une communauté qui ont tous en tête le but de retrouver Vérité. Pour Fitz l’enjeu est double ; en effet, la reine a perdu son bébé et si le couple royal ne se reforme pas alors il sera obligé de céder sa propre fille au trône et de lui voler ainsi sa vie (oui il y a aussi une histoire d’amour entre Fitz et une fabricante de bougies mais je peux pas rentrer dans tous les détails non plus) Bref : récit d’une longue route ponctuée de pas mal d’imprévus et de quelques traîtrises. Je ne sais pourquoi les auteurs de fantasy prennent un malin plaisir à faire voyager ainsi leurs personnages mais personnellement je souffre pour eux. Il ne se passe pas d’événements majeurs dans ce tome qui est avant tout un intermède  visant à développer le caractère de certains protagonistes et à en créer de nouveaux. On est un peu dans la série télévisée ! Le rythme est assez lent mais les incidents de parcours permettent aux lecteurs d’oublier que l’action principale n’avance pas tellement. En gros, lire La voie magique c’est comme chausser de bonnes pantoufles confortables ou regarder un épisode de X Files tout en sachant pertinemment qu’il ne se passera rien puisque la fin de saison est encore loin. Attention ceci dit on arrive bientôt à la moitié de la saga et ça risque de redémarrer…  

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Inkan 10/09/2009 10:40

Haaa l'assassin royal ... Rarement un personnage principal n'aura été autant malmené par son auteur dans un roman de fantasy. On pourrait même parler d'anti-héros pour la plupart des tomes : )