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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 13:57

L02.jpgNo Impact Man

Colin Beavan

éditions Fleuve Noir

 

"Peut-on sauver la planète sans rendre dingue sa famille?"

 

Après Florence Aubenas, on reste dans les livres "expérimentaux" avec No Impact Man de Beavan, ouvrage qui a connu un certain succès grâce notamment au blog. De quoi s'agit-il cette fois? D'un historien new-yorkais qui aimait beaucoup se montrer alarmiste sur l'environnement, le réchauffement climatique et tutti quanti et, accessoirement, blâmer sa femme qui regardait beaucoup de niaiseries à la télévision. Jusqu'au jour où il se rend compte que, lui-même, en matière de protection de la planète, ne se foule pas des masses. En guise de mea culpa, il décide donc de mener une expérience pour le moins insolite en essayant de limiter pendant un an son "empreinte écologique" au minimum. Facile me direz-vous? Pas tant que ça puisqu'il s'agit pour ce new-yorkais branché vivant en plein coeur de Manhattan de renoncer à la climatisation, au métro et au traiteur. L'expérience se fait par étapes: d'abord limiter les déchets: plus de sacs, plus de gobelets pour le café, plus de traiteurs ni de pizzas à emporter mais également plus de couches plastiques pour la petite... C'est terminé églament pour le métro, l'ascenseur ou l'avion... Ensuite, il s'agit de se nourrir de façon "écologiquement responsable" en se cantonnant à des produits (essentiellement des légumes) qui viennent des environs et de ne plus rien acheter de neuf (adieu café et shopping). Enfin, Beavan termine en coupant carrément l'électricité dans son appartement et en s'éclairant à la lampe solaire et à la bougie (fabriquée avec une cire près de chez lui bien sûr).

La démonstration est simple: il s'agit de prouver que, chacun de nous à sa manière agit sur l'environnement. Vous croyez être "écologiquement responsable" pour reprendre cette expression un peu ridicule ? Je croyais l'être aussi. Sauf que je vais dans les fast-foods, que j'achète des plats à emporter et que je consomme peut-être un peu trop d'eau. Beavan, en se remettant lui-même en question nous amène également à nous interroger sur nous-mêmes et cela met extrêmement mal à l'aise. Pour autant, l'auteur ne minimise pas le rôle des industries, des commerces et de son propre gouvernement. Il décrit également avec beaucoup d'humour son année expérimentale qui est faite de beaucoup de petites privations, de frustrations, de quelques tricheries (impossible pour son épouse et lui-même de se priver de café) mais aussi de plaisirs (la redécouverte du vélo, un rythme de vie plus sain et plus serein...)

Après, il faut dire ce qu'il est, No Impact Man tombe parfois dans un sentimentalisme un peu agaçant. L'auteur joue volontiers sur la corde sensible du lecteur (les pauvres ours polaires, les enfants ashmatiques..) La cause est juste certes mais à vouloir en faire trop, ça agace plus qu'autre chose. Qui plus est, je ne suis pas une fanatique des considérations philosophiques de Beavan et de ses contes orientaux insérés ça et là dans le récit qui brodent invariablement sur le même thème: soyons tous frères et communions avec Mère Nature. Le livre pour le coup, s'il avait été plus "neutre" aurait gagné en crédibilité.

Au final, que retenir de l'expérience de No Impact Man? Je vous rassure, l'auteur n'a pas poursuivi l'expérience au-delà de l'année fatidique mais il a apporté quelques ajustements à son mode de vie. Le but n'est pas de prôner un retour en arrière ni un ascétisme forcé mais de simplement faire prendre conscience que, chacun à notre manière, nous pouvons contribuer à la sauvegarde de la planète... sans pour autant renoncer à l'électricité.

 

Et sur cette note un peu moralisatrice, je vais aller me gaver de chocolats dont j'ignore la provenance et je vous souhaite à tous de très joyeuses fêtes de Pâques!

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Published by beux - dans Témoignage
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