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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 11:41

L09.jpgJ'ai plusieurs articles en retard, mais je ne peux résister pour la 400e note à faire quelque chose d'un peu différent, histoire de fêter ça comme il se doit.

Les livres et moi ça a toujours été une grande histoire d'amour depuis qu'on m'a appris à lire en maternelle parce que j'étais trop maladroite pour tenir des ciseaux (mon grand drame dans la vie c'est de ne toujours pas savoir faire des ribambelles) et aujourd'hui, j'ai envie de vous faire partager l'histoire de ces quelques livres qui m'ont marqués durablement... N'hésitez pas à me parler des vôtres:

 

- Le tout premier livre: je ne me souviens pas de son titre hélas. Il s'agissait d'un gros recueil de comptines et petites histoires, abondamment illustré. Cartonné et jaune il m'a été offert par ma marraine pour mes cinq ou six ans. J'adorais ce livre et j'en ai pris grand soin, le lisant et le relisant sans cesse. Je n'ai fait qu'une seule erreur: je l'ai prêté à mes petits frères.

 

- Le premier livre qui m'a fait pleurer: Il s'agit d'un roman que presque personne ne connaît je le crains, Le pays du dauphin vert  d'Elizabeth Goudge ou l'histoire de deux soeurs, Marianne et Marguerite, toutes les deux amoureuses du même homme, William. William aime Marguerite mais, ivre au cours d'un voyage, il envoie une demande en mariage en se trompant de prénom. Marguerite lit la lettre et a le coeur brisé tandis que Marianne court se marier avec un homme qui ne va jamais oser lui dire la vérité.

 

- Le livre de l'enfance: C'est le livre le plus magique au monde, l'ancêtre d'Harry Potter, il s'agit de L'histoire sans fin de Mickael Ende. J'avais huit ans quand je l'ai lu et je l'ai relu au moins une vingtaine de fois depuis cette époque-là. ça raconte l'histoire de Bastien, un jeune garçon un peu enveloppé qui, pour échapper aux brimades de ses camarades se réfugie dans le grenier de son école avec un livre volé chez un libraire. Or, en lisant L'histoire sans fin, roman fantastique, il se rend compte qu'il entre peu à peu dans le livre lui-même... Un classique de la littérature jeunesse et adulte mais ne me parlez pas de l'adaptation cinématographique par contre.

 

- Le livre de l'adolescence: Celui-là c'est un paradoxe car je ne l'ai lu qu'une ou deux fois au grand maximum et, pourtant, il m'a marqué durablement. Il s'agit du livre de Zola, la Joie de vivre, qui est sans doute son roman le plus sombre et raconte la vie de Pauline, une gentille jeune fille qui va absolument tout sacrifier pour l'amour de vie, quitte à le voir épouser une autre. Elle va même veiller sur sa femme et sur son enfant. Si je me souviens bien, la fin ne laissait place à absolument aucun espoir.  Très beau au demeurant.

 

- Le livre le plus attendu: mon grand frère avait dans sa bibliothèque la collection complète des Stephen King mais, comme il me jugeait trop jeune, il m'a fallu attendre l'adolescence avant d'avoir le droit de les lui emprunter. Je me souviens avoir commencé par Charlie, l'ouvrage qu'il jugeait le moins traumatisant pour moi. J'ai très vite enchaîné les autres mais aujourd'hui encore, quand je conseille des Stephen King pour des adolescents, j'ai tendance à leur mettre Charlie dans les mains "pour commencer".

 

- Le plus beau roman d'amour: sans surprise, il s'agit de Belle du Seigneur de Cohen. Au début j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans cet ouvrage d'une épaisseur un peu décourageante, même pour moi, et à me familiariser avec un style pas évident. Mais après je suis restée scotchée devant cette histoire d'amour impossible qui se heurte aux aléas de l'Histoire  aussi bien qu'à ceux du quotidien, à ce roman qui raconte ce qui arrive après, quand la princesse a embrassé le prince charmant. Un incontournable.

 

Voilà quelques-uns des ouvrages qui m'ont marquée et que j'avais envie de faire partager avec vous aujourd'hui. Ce n'est qu'un échantillon bien évidemment... Je profite également de cette note pour remercier tous ceux qui me suivent depuis longtemps, qu'ils commentent ou non d'ailleurs et qui doivent parfois hurler devant leur écran quand j'égratigne leur livre favori ou quand j'encense un ouvrage qu'ils ont détesté. Merci de supporter ma mauvaise foi et merci d'être là malgré tout. Voilà! Sur ce à bientôt et on revient dès la prochaine note à Jane Austen pour la peine!

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 00:14

bourra10.png

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:45

Joyeuse 400ème note !

 

http://img4.hostingpics.net/pics/47459538yo.jpg

 

 

 

Pierrot (ton frère préféré)

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:35

Par Boulet

 

Il y a bien des années de ça, Beux m'a tendu un livre en me disant: "Tiens, j'ai lu ça, je pense que ça va te plaire.". J'ai jeté un coup d'œil à la couverture: "Ha? Qu'est-ce que c'est? C'est un truc jeunesse, non?" - "Oui, c'est anglais. C'est pas du tout connu, mais à mon avis ça va très bien marcher, c'est vraiment bien vu. Ça parle de sorciers, mais à notre époque. J'ai beaucoup aimé."

Vous l'aurez compris, il s'agissait de Harry Potter.

Quelques années plus tard elle m'a refait le coup avec un autre livre: "C'est un truc qui parle d'une société violente qui organise chaque année une sorte de Battle Royale entre ados, c'est très noir, je pense que tu vas aimer".

Et c'était Hunger Games.

Beux et moi partageons pas mal de choses. Nos parents, déjà, et aussi un goût prononcé pour la littérature jeunesse (ou en tout cas, "estampilée jeunesse"). Ces gros livres aux couvertures souvent kitsch qu'on est un peu gêné de sortir dans le métro ou le train. Dans ce domaine elle s'est toujours montrée une conseillère très avisée, et m'a fait découvrir énormément de séries et d'auteurs.

Alors pour la remercier, juste avant cette 400e note, je vous propose un petit quizz "Jeunesse". Les dix dessins ci-dessous représentent dix livres jeunesse que j'ai découvert grâce à l'auteur de ce blog, je crois qu'elle les a tous chroniqués ici (ou presque). Il y en a des très faciles, et d'autres beaucoup plus confidentiels.

Voyons combien vous en trouvez!

 

Merci Beux!

 

-Boulet-

 

1)

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2)

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3)

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4)

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5)

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6) (Très dur. La série étant difficile à résumer en un seul lapin, j'ai opté pour UNE scène qui m'a marqué)

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7)

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8)

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9)

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10)

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Alors? Vous en avez combien? :-)

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:10

Pour fêter sa 400ème note, la tenancière de ce blog m'a laissé quartier libre. Une seule contrainte : parler de littérature. Merci à elle.

 

***

 

Dès ses origines, le cinéma a tissé avec la littérature des liens contradictoires et complexes. Alors que le septième art a toujours tenté de s'affirmer comme art « autonome », il a d'une manière constante puisé dans les classiques de la littérature pour se nourrir et s'enrichir. L'opinion commune veut qu'une adaptation cinématographique d'un texte littéraire soit vouée à être moins intéressante que l’œuvre d'origine. Or un examen un peu attentif prouve que l'histoire du cinéma est truffée de chefs-d’œuvre tirés de romans ou de pièces de théâtre. La question, dès lors, est de savoir comment le cinéma peut parvenir à traduire sur grand écran des œuvres littéraires sans les trahir et en conservant sa propre singularité d'art « visuel ».

 

Entre littérature et cinéma, c'est une histoire immédiate. Lorsque Georges Meliès réalise, en 1902, Le voyage dans la lune, il s'inspire déjà du roman de Jules Verne De la terre à la lune. Et même lorsqu'il est encore muet, le cinéma trouve dans les œuvres de Victor Hugo (L'homme qui rit de Paul Leni en 1928) ou d'Alexandre Dumas une inépuisable source d'inspiration.

Parce que le cinéma est parvenu à développer, au temps du muet, une grammaire et des articulations très fines, une esthétique qui n'appartient qu'à lui ; certains voient dans le passage au parlant une régression et un retour à la théâtralité, à la littérature.

Pourtant, les noces entre les deux arts s'avèrent fructueuses : les romans donnent naissance à de grands classiques de l'histoire du cinéma (citons, de manière exemplaire, Autant en emporte le vent de Victor Fleming) et les écrivains s'intéressent au septième art et passent parfois de l'autre côté de la barrière de manière ponctuelle (André Malraux réalisant Espoir en1938-39) ou plus régulière (Pagnol, Guitry, Duras et Robbe-Grillet érigeant de véritables œuvres cinématographiques).

 

Au début des années 50 François Truffaut, alors jeune critique, s'en prend violemment au cinéma français « de qualité », reprochant en particulier aux cinéastes de se contenter d'illustrer pour le grand écran des classiques du patrimoine littéraire de manière totalement académique (Le rouge et le noir d'Autant-Lara, Notre-Dame de Paris et La princesse de Clèves de Jean Delannoy, etc.). Il oppose à ce cinéma poussiéreux un cinéma à la première personne où le réalisateur serait, tel un écrivain,l'auteur d'une œuvre personnelle et intime.

Pourtant, Truffaut comme les autres cinéastes de la Nouvelle Vague, adapteront à leur tour des œuvres littéraires. A quel moment, peut-on dire qu'un film se contente d'illustrer platement un roman ou bien qu'il transcende son matériau d'origine pour offrir au spectateur une œuvre cinématographique à part entière ?

 

La question est tellement vaste qu'un simple article ne suffirait pas à en épuiser toutes les dimensions. Alors de manière subjective, tentons de nous appuyer sur cinq films pour analyser les éléments qui entrent en compte dans le succès d'une d'une adaptation d'une œuvre littéraire.

 shining.png

1- Des mots aux images : Mouchette (1967) de Robert Bresson (d'après Bernanos)

 

La première difficulté auquelle se heurte un cinéaste, c'est de traduire de manière « visuelle » des mots qui sont, eux-mêmes, porteurs d'images. A vouloir se contenter uniquement des mots, on prend le risque de laisser de côté les questions de mise en scène cinématographique de ces mots et de retomber dans le piège de l'illustration académique (Cf. Germinal de Claude Berri). Du coup, les mots doivent devenir le corps même de l’œuvre et certains vont s'y employer en procédant par accumulation (la parole qui s'emballe chez Guitry et Pagnol) ou par soustraction. Robert Bresson appartient à la deuxième catégorie. Lorsqu'il adapte Mouchette sur grand écran, il n'en est pas à sa première tentative de transposition d'une œuvre littéraire. Il a déjà filmé Diderot (Les dames du bois de Boulogne) et Bernanos (Le journal d'un curé de campagne). Pour lui, pas question de trouver un système d'équivalences mais d'adapter les œuvres de manière littérale (avec, par exemple, un recours à la voix-off ou des cartons). Dans Mouchette, la parole se raréfie et c'est la stylisation d'une mise en scène épurée jusqu'à l'extrême qui permet de traduire la noirceur du roman d'origine. Lorsque la petite Mouchette se suicide en roulant obstinément jusqu'à un cours d'eau, Bresson parvient à traduire l'âpreté du roman de Bernanos et nous bouleverse de manière indélébile.

 

2- L'anecdote : Le mépris (1963) de Jean-Luc Godard (d'après Moravia)

 

Une des difficultés de l'adaptation cinématographique est la question de l'anecdote. Beaucoup de cinéastes se sont contentés de prendre les romans comme de beaux scénarios. L'anecdote l'emporte sur l'invention cinématographique. C'est peut-être pour cette raison que les meilleures adaptations sont sans doute celles qui se sont appuyées sur des œuvres littéraires mineures, permettant aux cinéastes de dépasser l'anecdote et d'injecter dans leurs films des thèmes personnels. Belle de jour de Kessel n'est pas un roman très intéressant. En revanche, Buñuel en a fait un chef-d’œuvre du cinéma, une œuvre totalement énigmatique et opaque où l'onirisme et l'ironie sont de mises. De la même manière, il est couramment admis que les films d'Hitchcock comme Rebecca et Les oiseaux sont supérieurs aux romans de Daphné du Maurier qui les ont inspirés.

A l'origine du Mépris, il y a un roman de Moravia que les connaisseurs s'accordent à trouver médiocre (j'avoue ne pas l'avoir lu) mais le plus important n'est pas dans l'anecdote mais dans la manière dont Jean-Luc Godard parvient à la transplanter sur son propre territoire : le cinéma, le mythe et les questions que le taraudent toujours : l'amour, la trahison, le malentendu...

 

3- La réappropriation : Shining (1980) de Stanley Kubrick (d'après Stephen King)

 

Toujours dans le même ordre d'idée, les romans regroupés parfois sous l'étiquette « mauvais genre » (la série noire, le fantastique, la science-fiction, l'érotisme...) furent de formidables réservoirs à récits pour les cinéastes. Certains écrivains de polars, comme Raymond Chandler, furent également scénaristes pour Hollywood. Parmi les auteurs contemporains œuvrant dans le fantastique, Stephen King fut sans doute l'écrivain le plus adapté au cinéma, pour le meilleur (Dead Zone de Cronenberg, Carrie de De Palma, Stand by me et Misery de Rob Reiner...) ou pour le pire (Firestarter de Lester, Peur bleue...).

Avec Shining, nous nous trouvons face à un cas intéressant car il est évident que Stanley Kubrick trahit l’œuvre originale (King ne s'est pas entendu avec le cinéaste et détestait cette adaptation) mais il se la réapproprie de manière totalement personnelle et livre un des plus beaux films d'épouvante jamais tourné. Avec ce film, le cinéaste tente de réaliser LE film d'horreur définitif (comme il cherchera à réaliser LE film de guerre absolu avec Full Metal Jacket) et nous offre une œuvre mentale où l'espace de l'hôtel et du jardin qui l'entoure devient la projection d'un cerveau atteint par la folie.

bardot-le-mepris1.jpg

 

4- Le style : Le temps retrouvé (1999) de Raoul Ruiz (d'après Marcel Proust)

 

Un des problèmes majeurs auxquels se heurtent les cinéastes projetant d'adapter une œuvre littéraire, c'est celui du style. Si, au cinéma, l'anecdote importe moins que la mise en scène et le style du réalisateur ; il est évident que l'intérêt d'un livre tient avant tout à son style et non pas à son « histoire ».

C'est sans doute pour cette raison que certains grands stylistes n'ont jamais été adaptés au cinéma, que ce soit Céline ou James Joyce qui ne fut adapté que pour son récit le plus « classique » (Gens de Dublin par John Huston en 1987). Même si certaines tentatives maladroites ont été effectuées, certains romans conservent la réputation d'être inadaptables, que ce soit Belle du seigneur de Cohen ou A la recherche du temps perdu de Proust. Contrairement à ce que l'on entend parfois, Proust a fait l'objet de quelques adaptations cinématographiques. Parfois catastrophiques (le très académique Un amour de Swann de Schlöndorff avec Alain Delon en 1984), parfois intéressantes (La captive de Chantal Akerman), ces transpositions restèrent néanmoins assez éloignées de l'univers de l'écrivain. Dans Le temps retrouvé, c’est le caractère extrêmement mouvant de la mise en scène qui frappe. Ruiz a recours aux effets qu’il affectionne depuis toujours : juxtaposition du zoom et du travelling dans des directions opposées, décors mobiles, amples mouvements de caméra donnant la sensation d’un univers extrêmement fluctuant et éphémère. Grâce à ses partis pris de mise en scène, le cinéaste parvient à nous loger au cœur même de la tête de l’écrivain qui revient, à la veille de sa mort, sur son existence et son œuvre, comme si tout était désormais écrit. Le film est donc à la fois une œuvre cinématographique et une traduction assez juste de l'univers évanescent de Proust. Pour transposer à l'écran un écrivain au style unique, il fallait un styliste de la caméra !

 

 

5- Les limites : Salo ou les 120 journées de Sodome (1975) de Pier Paolo Pasolini (d'après Sade)

 

Dernier écueil auquel se heurte le cinéma : les limites de la représentation. Lorsque Apollinaire évoque un « soleil cou coupé » ou que Breton nous entraîne à sa suite dans un Paris mystérieux et poétique dans Nadja, on a du mal à concevoir quelles images photographiques pourraient traduire la poésie de ces mots et les gouffres imaginaires qu'ils entrouvent.

Réaliste par essence, l'image cinématographique se heurte à certaines limites que ne connaissent pas les mots. Lorsqu'il s'agit de violence ou de sexe, il paraît littéralement impossible de montrer ce que les mots peuvent parfois dire. Une adaptation fidèle d'American psycho de Brett Easton Ellis serait tout bonnement insoutenable.

De la même manière, on imagine mal un film qui suivrait scrupuleusement les descriptions du marquis de Sade. Pourtant, le grand écrivain fut maintes fois adaptés au cinéma, de manière classique et édulcoré comme dans le Justine de Claude Pierson ou de manière plus originale (mais « soft ») dans Marquis de Sade : Justine de Jess Franco.

Lorsqu'il entreprend de filmer Les 120 journées de Sodome, Pasolini sort de sa « trilogie de la vie » où il exaltait les sens et une sexualité débridée en s'appuyant sur des œuvres littéraires du passé (Les mille et une nuits, Le Décaméron de Boccace et Les contes de Canterbury de Chaucer). Mais ce qu'il voit autour de lui le rend pessimiste et il cherche désormais à dénoncer les excès du consumérisme dans lesquels s'inscrit la prétendue « libéralisation des mœurs ». Il choisit d'adapter Sade qu'il transpose à l'époque fasciste. Là encore, la réappropriation qu'il se permet de l’œuvre du divin Marquis est une sorte de « trahison » mais elle lui permet de transgresser les limites de la représentation. On a vu des films beaucoup plus « pornographiques » ou même plus violents mais le style glacial de Pasolini confère à cette œuvre un caractère éprouvant et en fait un des films les plus effrayants jamais tourné.

Salo.jpg

Il y aurait sans doute beaucoup d'autres choses à dire sur ces liens paradoxaux entre le cinéma et la littérature mais ces quelques idées jetées de manière maladroite ici ont déjà pris beaucoup de place. Il ne vous reste plus qu'à vous laisser réagir et à vous inciter à citer des adaptations que vous trouvez réussies...

 

 

Dr Orlof (http://drorlof.over-blog.com/)

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 13:56

L05.jpgJe ferai de toi un homme heureux

Anne B.Radge

éditions Balland

 

Un immeuble norvégien au début des années 60 et, dans cet immeuble, plusieurs familles qui mènent leur vie à l'époque où le confort moderne commençait tout juste à apparaître... Au rez-de-chaussée, il y a les Asen, sans enfants. La femme est une folle de ménage et passe son temps à nettoyer son appartement et les escaliers communs, au grand dam de sa voisine d'au-dessus, madame Rudolf, mère d'un ado qu'elle ne comprend plus et d'un époux passionné de lecture qu'elle n'a jamais compris. Il y a les Larsen; la femme est anglaise et coiffeuse, le mari est traducteur et excentrique (il aimerait s'occuper de la maison et ne porte pas de chapeau pour sortir). Il y a la silencieuse jeune voisine avec son nouveau-né tout aussi silencieux. Il y a monsieur Berg, mari autoritaire et violent et qui tabasse volontiers ses deux fils; il y a le prof de maths veuf qui se soucie bien peu de sa fille Nina; il y a le couple modèle du deuxième étage et, enfin, il y a la très jolie Peggy-Anita Foss dont le mari part souvent en voyage en la laissant seule. Son unique distraction? Faire le ménage toute nue...

On m'avait dit beaucoup de bien d'Anne Radge et c'est avec entrain que je me suis lancée dans ce roman. Au final, c'est plutôt une déception. Le style est sympa, rien à dire et, au début, on prend plaisir à suivre le quotidien (très terne il faut l'avouer) de ces femmes dont le moindre café se transforme en véritable mission (que servir avec? Avant ou après le journal?) et dont la vie tourne essentiellement autour de leurs tâches ménagères... Congélateur et aspirateur sont des inventions merveilleuses et le moindre représentant de commerce qui vient sonner à leur porte est le point de départ d'une grande aventure... Seulement voilà, à l'image du quotidien des ces femmes, le récit s'enlise. Oh certes, il y a plusieurs intrigues mais elles sont noyées dans des descriptions trop détaillées et des considérations qui traînent en longueur. La première partie du récit (la plus intéressante ceci dit) est interminable tandis que la seconde et la troisième sont trop courtes, ce qui est un peu ennuyeux si l'on considère que la première partie est la présentation des personnages. La structure bancale est peut-être voulue ainsi: c'est sans doute une volonté d'Anne Radge de montrer à travers ce récit que les nombreux drames qui se jouent à l'intérieur de cet immeuble (mort d'enfant, maltraitance, adultère, solitude...) se noient dans un quotidien étouffant et rythmé par des tâches répétitives et sans intérêt. On peut voir ça comme ça mais cela ne m'a pas empêchée de trouver Je ferai de toi un homme heureux maladroit et sans rythme. Et, en fin de compte, c'est surtout un livre qui m'a laissée plus perplexe que réellement séduite.

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 09:42

L02.jpgEleven

Mark Watson

éditions Livre de Poche

 

Xavier Ireland est un garçon gentil : il dit bonjour à ses voisins, se montre bienveillant avec son collègue Murray et, la nuit, anime une émission radio pour tous les insomniaques de Londres. Mais Xavier demeure un solitaire. Célibataire, il reste durant le jour à l'écart des autres et souhaite ne se mêler de rien. Pourquoi? Qu'est-ce qui a fait que, du jour au lendemain ce jeune homme ait quitté l'Australie, sa famille et ses amis pour changer de nom et vivre en Angleterre? C'est ce que sa nouvelle femme de ménage, Pippa, va s'employer à découvrir... D'autant plus que, qu'il le veuille ou non, le destin de Xavier dépend des autres: ainsi, un geste anodin de sa part va, sans même qu'il le sache, avoir des répercussions sur onze personnes qui lui sont totalement étrangères...

Je sentais que vous en aviez un peu marre des classiques ou des lectures tarabiscotées, aussi, dans ma mansuétude, je vous offre cette lecture idéale pour les vacances: du bon sentiment, de la romance, une réflexion sur l'effet papillon et la destinée humaine... En temps ordinaire, je me serais sans doute empressée d'insister sur certaines scènes d'une mièvrerie achevée et je n'aurais pas pu m'empêcher de tiquer sur les gros sabots de l'auteur, tant au niveau du style que des situations: oh la belle image de Pippa qui nettoie l'âme de Xavier comme elle nettoie son appartement! Oh cette insistance à montrer et démontrer qu'une journée dans la vie du héros va avoir une incidence sur la vie d'autres personnes! Mais bon, comme je l'ai déjà dit, nous sommes en été et mon cerveau engourdi par la chaleur se montre plus enclin à l'indulgence et aux romans faciles. Non, Eleven n'est pas le chef-d'oeuvre de l'année, mais ça se lit vite et bien sans demander beaucoup de réflexion. Alors bon, si vous ne savez pas quoi prendre pour la plage...

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 19:16

L09.jpgOrgueil et préjugés

Jane Austen

éditions Archipel

 

Mr Bennet dans le Hertfordshire est bien en peine. Il a une femme sotte et cinq filles à marier. Pour ne rien arranger, les trois plus jeunes sont aussi sottes que leur mère et il ne se console qu'avec ses deux aînées, la très jolie Jane et Elizabeth, vive et agréable. Mais le destin semble tourner pour lui avec l'arrivée dans le voisinage d'un riche jeune homme, Mr Bingley, qui se révèle être le parti idéal. Mr Bingley est doux, poli, attentionné et succombe très vite au charme de Jane. Elizabeth en revanche se heurte rapidement à l'ami de leur nouveau voisin, Mr Darcy, un homme hautain et désagréable qui méprise ouvertement les Bennet et leur entourage...

On retourne à Jane Austen avec ce classique de la littérature qu'est Orgueil et préjugés et qu'on ne présente plus. Le livre est à la hauteur de sa réputation. Il se passe dans un espace clos, dans une société fermée et rigide que le lecteur a tout le loisir d'observer à travers le regard critique d'Elizabeth, l'héroïne de l'histoire. Elizabeth est un personnage atypique, bien élevée mais néanmoins acerbe et dont la répartie fait tout le sel du récit. Face à elle nous avons Mr Darcy, autoritaire, fier et entêté et dont la première demande en mariage est un chef-d'oeuvre de préjugés et de goujaterie. Les dialogues, plus travaillés que dans Raison et sentiments sont également irrésistibles. Outre l'histoire d'amour atypique, Jane Austen dépeint un monde replié, des hommes qui ne pensent qu'à s'établir, des femmes qui ne songent qu'à se marier, des jeunes filles qui ne songent qu'à s'amuser.... C'est un univers qui paraît bien petit mais qui est pourtant révélateur d'une société qui se préoccupe peu du monde extérieur et s'inquiète moins des bouleversements politiques que du prochain scandale mondain. Au-delà de la satire, Orgueil et préjugés est avant tout un roman psychologique qui s'interroge sur la naissance des sentiments et la façon dont l'attitude d'un être peut influer sur la perception qu'on a de lui. Et pour les plus sentimentales d'entre nous, c'est un roman qui raconte la jolie histoire entre deux têtes de mules qui finissent après bien des déboires par se retrouver et s'avouer leur amour... En bref, encore un 1001 livres... qui ne démérite pas.

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 19:48

L09.jpgLes femmes n'aiment pas les hommes qui boivent

François Szabowski

éditions Aux forges de Vulcain

 

François Chabeuf est heureux: après bien des galères, il a trouvé un emploi de copiste au CIRMEP. Certes, c'est un CDD mais il espère bien décrocher un CDI, d'autant plus qu'il s'entend très bien avec Michel, un collègue avec qui il partage le même amour du travail bien fait. Hélas, c'est sans compter sur Auguste, une nouvelle recrue embauchée en CDD également. François a beau gâter son travail, le séquestrer, s'infiltrer en douce dans les locaux pour travailler la nuit, tenter de séduire sa supérieure hiérarchique, rien n'y fait, et François, vaincu par Auguste et l'arrivée de la photocopieuse se retrouve de nouveau au chômage, obligée de squatter chez Clémence, dépressive et accroc aux pilules... Qu'à cela ne tienne: si notre héros ne peut plus être copiste, il sera écrivain...

Que dire? Il serait vain d'essayer de décrire ce roman écrit à la première personne et qui se présente sous la forme d'un journal complètement barré. François est un antihéros alcoolique et paranoïaque qui clame son amour du travail dans les bistros, invente des mensonges qu'il croit aussitôt après et se lance dans des projets insensés qui aboutissent qui plus est! Les situations décrites sont abracadabrantes mais tordantes, le style est drôle et, sous l'humour, la satire n'est jamais loin. Construit sous la forme de courts chapitres avec des intitulés pour le moins énigmatiques (Les oiseaux pépient, les hommes travaillent, Un pays sans soldats n'est qu'un bac à sable) Les femmes n'aiment pas les hommes qui boivent est un véritable OVNI littéraire: l'écriture est inhabituelle, le contenu vire parfois (souvent) à l'absurde et fait ouvrir de grands yeux à un lecteur habitué à toute autre chose qu'à cette description du quotidien d'un homme de toute évidence gravement atteint et qui parvient à entraîner dans sa folie douce tout son entourage. Bref, à découvrir sans tarder... Quant à moi je vais me lancer dans la suite dès la semaine prochaine....

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 12:17

L02.jpgLa Maison du Chat-qui-pelote et autres scènes de la vie privée

Honoré de Balzac

éditions Gallimard

 

Bon, avant de passer à des lectures plus légères, retournons voir Balzac que nous avions un peu laissé de côté. Cette fois, nous nous attaquons à quatre de ses nouvelles: La Maison du Chat-qui-pelote, La Vendetta, le bal des sceaux et, plus confidentiel, La Bourse. Tous ces récits sont centrés sur le thème du couple et du mariage. Dans La Maison-du-Chat-qui-pelote, un jeune peintre tombe sous le charme d'une fille de commerçant et l'épouse en dépit des craintes de ses beaux-parents: mais le couple, mal assorti, ne tarde pas à battre de l'aile ; lui l'artiste s'accommode mal du terre-à-terre bourgeois de sa femme tandis que cette dernière s'efforce en vain de comprendre le monde de son mari. Le mariage se révèle un échec et plonge dans le malheur les deux partis. La seconde nouvelle, Le Bal des sceaux, brode sur le même thème: une jeune femme orgueilleuse tombe amoureuse d'un jeune homme bien sous tous rapports, intelligent et cultivé. Mais découvrant que ce dernier a choisi de devenir commerçant pour favoriser son frère aîné, elle le repousse avec horreur, déterminé à n'épouser qu'un aristocrate rentier; pas de mariage pour ces deux-là mais le malheur quand même. Autre mariage raté, celui des héros de La vendetta: bravant la colère de son père, une jeune corse épouse un homme dont la famille est en guerre avec la sienne. C'est une histoire à la Roméo et Juliette avec un dénouement tout aussi tragique... Enfin La bourse, nouvelle plus légère, relate l'histoire d'un peintre qui tombe sous le charme de sa jolie et pauvre voisine mais ne tarde pas à s'interroger lorsque sa bourse d'argent disparaît mystérieusement chez elle. Sa mère et elle ne seraient-elles que des voleuses?

L'amour en dépit des différences... Un mariage entre deux êtres qui ne se ressemblent pas est-il possible? La réponse de Balzac semble moins catégorique que les résumés de ses nouvelle ne le laissent croire. Pour l'auteur, un mariage entre deux êtres qui n'ont pas la même culture ni les mêmes aspirations, est voué à l'échec: Augustine, victime innocente de La Maison du Chat-qui-pelote n'a pas l'intelligence ni l'imagination nécessaire pour comprendre et se faire aimer de son mari. Après une passion passagère, celui-ci se désintéresse d'elle... En revanche, l'héroïne du Bal des sceaux repousse l'amour de sa vie à cause de simples conventions sociales: une attitude qui lui est également funeste. Pour Balzac, la pauvreté n'est pas synonyme de bêtise ou d'ignorance et la différence sociale peut très bien être surmontée pour peu que le couple partage les mêmes attentes. Mais c'est un pari dangereux, voire impossible pour peu que la famille ou la société s'en mêle. De fait trois des quatres nouvelles du recueil sont très sombres et assez cyniques, finissant même parfois par la mort des protagonistes... La bourse finit certes bien mais c'est une nouvelle mineure, plus courte que les autres et nettement moins bien écrite. L'ouvrage reste cependant plaisant à lire: le style de Balzac se distingue nettement avec les descriptions à rallonge qui font tout le sel de ses récits et ses portraits sans concessions. On distingue les bases de ce qui sera La Comédie humaine et on passe un bon moment dans ce Paris du XIXème siècle avec ses boutiquiers et ses peintres, ses monarchistes et ses duchesses, ce monde à mi-chemin entre notre époque et celle de l'ancien temps...

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Published by beux - dans Classiques
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