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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 11:23

L04.jpgAdolphe

Benjamin Constant

Editions Flammarion

 

"Par quelle pitié bizarre n'osez-vous rompre un lien qui vous pèse et déchirez-vous l'être malheureux près de qui votre pitié vous retient? Pourquoi me refusez-vous le triste plaisir de vous croire au moins généreux? Pourquoi vous montrez-vous furieux et faible? L'idée de ma douleur vous poursuit, et le spectacle de cette douleur ne peut vous arrêter! Qu'exigez-vous? Que je vous quitte? Ne voyez-vous pas que je n'en ai pas la force? Ah! C'est à vous, qui n'aimez pas, c'est à vous de la trouver, cette force, dans ce coeur lassé de moi, que tant d'amour ne saurait désarmer. Vous ne me la donnerez pas, vous me ferez languir dans les larmes, vous me ferez mourir à vos pieds."

 

Adolphe, c'est une histoire d'amour à l'envers; c'est le récit d'un narrateur, Adolphe qui, persuadé qu'il est tombé amoureux d'une femme de dix ans son aînée, Ellénore, parvient à la séduire et à lui faire quitter amant et enfants avant de réaliser qu'en fait il ne l'aime pas tant que ça. Mais comment briser une liaison amoureuse quand on est un être faible, indécis et, il faut bien le dire, pas très clair dans ses propres sentiments? Adolphe est-il retenu auprès de sa maîtresse par la pitié, la tendresse ou la culpabilité? Pétri de contradictions, le narrateur reste auprès d'Ellénore alors que tout son être aspire à rompre une relation qui lui pèse. Sans doute largement inspiré de la vie de son auteur Benjamin Constant et notamment de sa liaison amoureuse avec Madame de Staël, Adolphe est une oeuvre sans pitié qui pose sur ses deux protagonistes un regard sans concessions : en effet, si le héros éponyme est décrit comme un être lâche, incapable de la moindre décision, prompt à se plaindre et à s'apitoyer sur lui-même, l'héroïne elle-même n'est guère épargnée. Ellénore est un être passionné et étouffant, une femme que l'amour rend jalouse, coquette, parfois ridicule, et qui est vue comme un obstacle aux aspirations d'Adolphe. Le narrateur la décrit sans complaisance, non pas avec le regard subjectif d'un amoureux, mais avec l'objectivité cruelle d'un homme qui n'aime plus. Scènes de ménage d'Ellénore, atermoiements d'Adolphe, tout cela fait du roman un huis-clos étouffant dans lequel chacun des amants se renvoie au visage sans l'exprimer clairement leurs torts respectifs: Ellénore en veut à Adolphe de ne pas l'aimer comme elle l'aime, Adolphe en veut à Ellénore de ne pas lui rendre sa liberté. Style classique qui s'inspire tout autant du roman épistolaire que des Confessions de Rousseau, l'oeuvre de Constant de par son héros tourmenté est également teinté d'une touche de romantisme. C'est un récit brillant et une description glaciale de la psychologie amoureuse. Les mots sont ici destructeurs et et les lettres jouent un rôle-clé dans l'intrigue; c'est un courrier d'Adolphe qui séduit Ellénore, c'est une autre de ses lettres qui la fait mourir de chagrin. Ambivalence du sentiment, poids de la société, Adolphe décrit tout cela mais, surtout, décrit admirablement la tragédie d'un homme qui devient bien malgré lui le bourreau de celle qui l'aime....

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 13:37

L05.jpgL'origine des Victoires

Ugo Bellagamba

éditions Mémoires Millénaires

 

Vous êtes perdus? Vous vous sentez succomber au Mal avec un grand M? Pas de panique, les Victoires sont là. Les Victoires ce sont des jeunes ou vieilles femmes, vives et entraînées, destinées tout au long des siècles à lutter contre l'orvet, une entité maléfique qui aime à contrôler les hommes et à leur faire commettre les pires atrocités comme ça, juste pour le fun. Heureusement, les Victoires veillent...

Je vais essayer d'être pas trop méchante mais c'est difficile. Bon, le style ça va. C'est basique, pas extraordinaire, les mots ne vous transportent pas au septième ciel, mais le roman se lit facilement. Ce qu'il y a c'est que l'histoire (quelle histoire?) est tout simplement... ridicule. L'intrigue, soyons clair, il n'y en a pas :  l'auteur se contente d'aligner et de mettre en scènes ses héroïnes à différentes époques de l'Histoire, ne cherchant ni unité, ni rebondissements entre les différents chapitres qui se déroulent à travers les âges. Et le contenu est parfois gratiné : vous apprendrez ainsi entre autres que Thomas d'Aquin était une femme, Alexandra David-Neel une Victoire et que Gustave Eiffel a redonné sens à l'humanité en construisant sa fameuse tour. N'est-ce pas merveilleux? Mais, ce qui m'a le plus agacée dans L'origine des Victoires, c'est la "morale" de l'histoire: toutes les femmes sont des déesses. En effet, seules les femmes peuvent être des Victoires et l'orvet ne peut s'emparer que de l'esprit des hommes, les femmes y étant en gros hermétiques, même si elles peuvent plus ou moins se laisser influencer par le Mal. Personnellement, je ne me sens pas une déesse et, à moins de s'appeler Khaleesi et d'avoir trois dragons qui l'accompagnent, je pense qu'aucune femme ne peut prétendre à ce titre. Je lutterai toujours contre cette idée absurde qui veut que la femme soit presque parfaite et l'homme un monstre lubrique et sanguinaire. Non mais, c'est quoi ce délire? Je trouve ce raisonnement faux et dangereux. Voilà essentiellement la raison de ma colère contre un ouvrage au demeurant assez plat, sans rythme et qui n'a qu'un mérite, celui d'être court. A bon entendeur...

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 13:58

L05.jpgLe mort aux quatre tombeaux

Peter May

éditions du Rouerge

 

A la suite d'une soirée alcoolisée, Enzo Mc Leod, ancien légiste écossais établi en France et devenu simple professeur de biologie, fait le pari de résoudre les meurtres inexpliqués décrit dans le livre de Raffin, journaliste. L'idée de Mc Leod est de prouver que désormais, grâce aux nouvelles technologies, il est désormais possible de résoudre les mystères les plus complexes. Le voilà donc lancé sur la disparition de Jacques Gaillard, ancien conseiller du premier ministre charismatique et influent qui s'est évaporé en 1996 et que la police n'a jamais retrouvé, vivant ou mort. Mc Leod décide de tout reprendre à la base et, à la surprise générale, sa propre enquête ne tarde pas à porter ses fruits...

Il n'est pas méchant le héros, plutôt sympathique même, et l'on suit avec beaucoup d'intérêt ses déboires, sa fille aînée qui ne lui parle plus, sa cadette qui sort avec un prof de fitness peroxydé, son alcoolisme avéré, ses gaffes amoureuses... Le style du roman n'est pas mauvais non plus. Mais... Comment vous dire? Ce qui ne va pas dans ce roman policier, et bien c'est l'intrigue policière. Admettez que c'est un peu gênant. En bref, un pauvre prof, intelligent certes mais pas à ce point, épaulé par une de ses étudiantes, parvient uniquement à résoudre une enquête non résolue depuis des années uniquement en tapant trois mots clés sur Google. Oui oui, vous avez bien compris, sur Google: "Coquille saint Jacques + salamandre + chandelier". Donc de deux choses, ou la police française est complètement demeurée ou ils ne sont pas équipés d'Internet dans le commissariat; ceci dit, j'avoue que ça m'inquièterait un peu si, pour résoudre mon meurtre, l'enquêteur allait chercher des indices sur Wikipédia ou lancer un appel à témoins sur Twitter. Voilà, voilà... Du coup, inutile de vous dire que le livre n'a absolument aucune crédibilité et et que l'intrigue fait plus rire qu'autre chose. D'ailleurs, l'auteur lui-même ne semble pas sûr de son registre, oscillant entre le franc comique (le héros qui se fait tabasser par le père mal dégrossi de son étudiante ou qui se retrouve avec des canetons dans sa baignoire) et le tragique (la fille qui se fait enlever). Mais n'est pas Fred Vargas qui veut et Le mort aux quatre tombeaux, trop grotesque pour se laisser prendre au sérieux mais trop sérieux pour tomber dans la parodie n'a d'autre effet que de décevoir le lecteur et de lui faire se demander pourquoi diable Peter May s'est fourvoyé dans une histoire pareille...

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 19:43

L03.jpgLes grands mensonges de l'histoire

Patrick Pesnot/ Mr X

éditions Hugo et compagnie

 

Nous le savons tous, il n'y a rien de plus difficile à appréhender que l'Histoire et les événements qui l'ont fait, tant il est délicat d'aborder un sujet de manière objective sans se laisser influencer par sa culture, ses opinions ou tout simplement ses émotions. De là ont découlé bon nombre de mystifications que Patrick Pesnot et monsieur X, tous deux chroniqueurs sur France Inter, s'emploient à raconter dans Les grands mensonges de l'histoire. Leur propos est de démonter tous ces mensonges ou demi-vérités qui ont changé la face du monde pour le meilleur ou pire, forgés par des hommes qui avaient tout intérêt à réécrire l'Histoire. Depuis le sacre de Clovis jusqu'aux coulisses de la guerre d'Irak, les deux auteurs se penchent sur des faits plus ou moins arrangés quand ils n'ont pas été inventés de toutes pièces et qui ont eu de lourdes répercussions...

Le propos du livre est assez intéressant et nous met particulièrement en garde contre tout ce qui est instruments de propagande ou complots gouvernementaux. Il est facile de faire aller l'Histoire dans le sens que l'on souhaite, pour peu qu'on en ait les moyens. La recherche documentaire ainsi que le travail d'investigation des deux auteurs n'est pas ici à mettre en doute. En revanche, je reste un peu sceptique devant l'écriture de l'ouvrage. Y-a-t'il eu deux plumes ou une seule? S'il y en a deux, il y en a clairement une qui n'est pas à l'aise car certains chapitres sont vraiment très mal écrits, avec un style emphatique et des points d'exclamation à toutes les lignes. Vous connaissez ma haine du point d'exclamation en temps ordinaire et je le tolère d'autant moins dans un ouvrage d'histoire: en effet, ce dernier se doit à mon sens d'avoir une vision neutre et sobre des événements, et le style doit se conformer à cette rigueur objective. Or, rien n'indique plus la subjectivité qu'un point d'exclamation. S'il n'y a qu'un écrivain, vraisemblablement Patrick Pesnot, il faut alors supposer que certains "mensonges" le touchaient plus et qu'il lui était plus délicat de garder un ton objectif pour les traiter, ce qui l'a fait sombrer dans une écriture médiocre.... Voilà. Au-delà du style, si j'ai mis un certain temps à finir Les grands mensonges de l'histoire c'est parce que l'essentiel des sujets traités tournent autour de la seconde guerre mondiale et de la Guerre Froide et que, soyons honnête, ces tranches de l'Histoire ne sont pas, et de loin, mes favorites. Oui je sais, c'est mal mais je n'y peux rien, le nazisme, le stalinisme ou la Baie des Cochons, tout cela me gonfle royalement et si je comprends qu'il est utile d'en savoir un minimum, je m'écoeure assez vite des carnages et des manipulations en tous genres, hélas pas si lointaines que ça. Vous l'avez donc je pense compris; le livre de Pesnot et Mr X n'est pas mal mais il est surtout réservé aux amateurs de complots politiques et d'espionnage qui y trouveront largement leur compte...

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 10:38

L01.jpgEmma

Jane Austen

éditions Archipel

 

Emma Woodhouse, jeune fille de 21 ans vivant seule avec un père veuf et très à cheval sur ses petites habitudes, s'ennuie depuis que sa gouvernante et meilleure amie, Miss Taylor, s'est mariée. Aussi pour se distraire décide-t'elle de se lancer dans une carrière d'entremetteuse et de réunir les âmes esseulées de son entourage. Et c'est avec Harriet Smith, une jolie enfant d'obscure naissance qu'elle décide de commencer, ambitionnant de lui faire épouser le galant vicaire Mr Elton. Mais Emma a beau être de bonne volonté et une fort belle âme, c'est également une jeune fille têtue et pas forcément très subtile qui interprète les faits dans le sens qui lui convient. Aussi ses plans prennent-ils très rapidement un tour inattendu...

Dernier ouvrage de Jane Austen publié de son vivant et également dernier de ses livres faisant partie des 1001 livres..., Emma ne m'a pas autant interpellée que Orgueil et préjugés, la faute peut-être à un ton un tantinet plus moralisateur: l'héroïne s'obstine à élever une jeune fille, Harriet, au-dessus de sa condition, l'auteur marquant ainsi les dangers d'une société où les gens ne restent pas à leur place. De fait, j'avoue ne guère avoir apprécié le traitement qui est fait de Harriet qui, du fait de sa condition modeste, apparaît forcément comme une jeune fille faible, influençable, et véritable coeur d'artichaut. C'est ceci dit mon seul bémol. Emma est un personnage abouti qui, à elle seule, justifie la lecture de l'ouvrage. Véritable force de la nature, elle se révéle tour à tour intriguante et manipulatrice, soeur et fille dévouée, amie fidèle mais qui peut parfois se montrer cruelle... Elle multiplie les erreurs et les quiproquos avec la meilleure mauvaise foi du monde et s'aveugle tant sur ses sentiments que sur ceux de son entourage. Sa bonne humeur et sa joie de vivre n'en font pas une héroïne mièvre et la narration, vue essentiellement à travers ses yeux, la rend d'autant plus attachante au lecteur que celui-ci est invité à partager son cheminement et ses errances. C'est également à travers ses yeux que le lecteur appréhende le petit monde qui gravite autour d'elle, toujours cette même société close que dans Raison et sentiments ou Orgueil et préjugés, et adopte de ce fait le même regard critique et tendre pour juger la trop parfaite Miss Fairfax, la trop bavarde Miss Bates, l'épuisante Mrs Elton, l'hypocondriaque Mr Woodhouse... Seul l'énigmatique Mr Knightley échappe à ce jugement, la narration glissant même de son côté un bref instant vers le milieu de de l'histoire, permettant au récit de basculer et de perdre son côté subjectif. Cet effet mieux que tout autre artifice fait prendre conscience au lecteur que le héros masculin n'est ni le fat Elton ni le séduisant Churchill, mais bien l'homme mûr et le confident d'Emma, celui qui la voit telle qu'elle est avec ses qualités et ses défauts... Ce jeu de narrations, la réussite dans la description des caractères et des situations, tout cela fait d'Emma une grande réussite littéraire et nous fait regretter que la vie de son auteur se soit achevée deux ans plus tard...

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 11:41

L09.jpgJ'ai plusieurs articles en retard, mais je ne peux résister pour la 400e note à faire quelque chose d'un peu différent, histoire de fêter ça comme il se doit.

Les livres et moi ça a toujours été une grande histoire d'amour depuis qu'on m'a appris à lire en maternelle parce que j'étais trop maladroite pour tenir des ciseaux (mon grand drame dans la vie c'est de ne toujours pas savoir faire des ribambelles) et aujourd'hui, j'ai envie de vous faire partager l'histoire de ces quelques livres qui m'ont marqués durablement... N'hésitez pas à me parler des vôtres:

 

- Le tout premier livre: je ne me souviens pas de son titre hélas. Il s'agissait d'un gros recueil de comptines et petites histoires, abondamment illustré. Cartonné et jaune il m'a été offert par ma marraine pour mes cinq ou six ans. J'adorais ce livre et j'en ai pris grand soin, le lisant et le relisant sans cesse. Je n'ai fait qu'une seule erreur: je l'ai prêté à mes petits frères.

 

- Le premier livre qui m'a fait pleurer: Il s'agit d'un roman que presque personne ne connaît je le crains, Le pays du dauphin vert  d'Elizabeth Goudge ou l'histoire de deux soeurs, Marianne et Marguerite, toutes les deux amoureuses du même homme, William. William aime Marguerite mais, ivre au cours d'un voyage, il envoie une demande en mariage en se trompant de prénom. Marguerite lit la lettre et a le coeur brisé tandis que Marianne court se marier avec un homme qui ne va jamais oser lui dire la vérité.

 

- Le livre de l'enfance: C'est le livre le plus magique au monde, l'ancêtre d'Harry Potter, il s'agit de L'histoire sans fin de Mickael Ende. J'avais huit ans quand je l'ai lu et je l'ai relu au moins une vingtaine de fois depuis cette époque-là. ça raconte l'histoire de Bastien, un jeune garçon un peu enveloppé qui, pour échapper aux brimades de ses camarades se réfugie dans le grenier de son école avec un livre volé chez un libraire. Or, en lisant L'histoire sans fin, roman fantastique, il se rend compte qu'il entre peu à peu dans le livre lui-même... Un classique de la littérature jeunesse et adulte mais ne me parlez pas de l'adaptation cinématographique par contre.

 

- Le livre de l'adolescence: Celui-là c'est un paradoxe car je ne l'ai lu qu'une ou deux fois au grand maximum et, pourtant, il m'a marqué durablement. Il s'agit du livre de Zola, la Joie de vivre, qui est sans doute son roman le plus sombre et raconte la vie de Pauline, une gentille jeune fille qui va absolument tout sacrifier pour l'amour de vie, quitte à le voir épouser une autre. Elle va même veiller sur sa femme et sur son enfant. Si je me souviens bien, la fin ne laissait place à absolument aucun espoir.  Très beau au demeurant.

 

- Le livre le plus attendu: mon grand frère avait dans sa bibliothèque la collection complète des Stephen King mais, comme il me jugeait trop jeune, il m'a fallu attendre l'adolescence avant d'avoir le droit de les lui emprunter. Je me souviens avoir commencé par Charlie, l'ouvrage qu'il jugeait le moins traumatisant pour moi. J'ai très vite enchaîné les autres mais aujourd'hui encore, quand je conseille des Stephen King pour des adolescents, j'ai tendance à leur mettre Charlie dans les mains "pour commencer".

 

- Le plus beau roman d'amour: sans surprise, il s'agit de Belle du Seigneur de Cohen. Au début j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans cet ouvrage d'une épaisseur un peu décourageante, même pour moi, et à me familiariser avec un style pas évident. Mais après je suis restée scotchée devant cette histoire d'amour impossible qui se heurte aux aléas de l'Histoire  aussi bien qu'à ceux du quotidien, à ce roman qui raconte ce qui arrive après, quand la princesse a embrassé le prince charmant. Un incontournable.

 

Voilà quelques-uns des ouvrages qui m'ont marquée et que j'avais envie de faire partager avec vous aujourd'hui. Ce n'est qu'un échantillon bien évidemment... Je profite également de cette note pour remercier tous ceux qui me suivent depuis longtemps, qu'ils commentent ou non d'ailleurs et qui doivent parfois hurler devant leur écran quand j'égratigne leur livre favori ou quand j'encense un ouvrage qu'ils ont détesté. Merci de supporter ma mauvaise foi et merci d'être là malgré tout. Voilà! Sur ce à bientôt et on revient dès la prochaine note à Jane Austen pour la peine!

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 00:14

bourra10.png

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:45

Joyeuse 400ème note !

 

http://img4.hostingpics.net/pics/47459538yo.jpg

 

 

 

Pierrot (ton frère préféré)

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:35

Par Boulet

 

Il y a bien des années de ça, Beux m'a tendu un livre en me disant: "Tiens, j'ai lu ça, je pense que ça va te plaire.". J'ai jeté un coup d'œil à la couverture: "Ha? Qu'est-ce que c'est? C'est un truc jeunesse, non?" - "Oui, c'est anglais. C'est pas du tout connu, mais à mon avis ça va très bien marcher, c'est vraiment bien vu. Ça parle de sorciers, mais à notre époque. J'ai beaucoup aimé."

Vous l'aurez compris, il s'agissait de Harry Potter.

Quelques années plus tard elle m'a refait le coup avec un autre livre: "C'est un truc qui parle d'une société violente qui organise chaque année une sorte de Battle Royale entre ados, c'est très noir, je pense que tu vas aimer".

Et c'était Hunger Games.

Beux et moi partageons pas mal de choses. Nos parents, déjà, et aussi un goût prononcé pour la littérature jeunesse (ou en tout cas, "estampilée jeunesse"). Ces gros livres aux couvertures souvent kitsch qu'on est un peu gêné de sortir dans le métro ou le train. Dans ce domaine elle s'est toujours montrée une conseillère très avisée, et m'a fait découvrir énormément de séries et d'auteurs.

Alors pour la remercier, juste avant cette 400e note, je vous propose un petit quizz "Jeunesse". Les dix dessins ci-dessous représentent dix livres jeunesse que j'ai découvert grâce à l'auteur de ce blog, je crois qu'elle les a tous chroniqués ici (ou presque). Il y en a des très faciles, et d'autres beaucoup plus confidentiels.

Voyons combien vous en trouvez!

 

Merci Beux!

 

-Boulet-

 

1)

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2)

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3)

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4)

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5)

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6) (Très dur. La série étant difficile à résumer en un seul lapin, j'ai opté pour UNE scène qui m'a marqué)

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7)

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8)

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9)

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10)

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Alors? Vous en avez combien? :-)

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:10

Pour fêter sa 400ème note, la tenancière de ce blog m'a laissé quartier libre. Une seule contrainte : parler de littérature. Merci à elle.

 

***

 

Dès ses origines, le cinéma a tissé avec la littérature des liens contradictoires et complexes. Alors que le septième art a toujours tenté de s'affirmer comme art « autonome », il a d'une manière constante puisé dans les classiques de la littérature pour se nourrir et s'enrichir. L'opinion commune veut qu'une adaptation cinématographique d'un texte littéraire soit vouée à être moins intéressante que l’œuvre d'origine. Or un examen un peu attentif prouve que l'histoire du cinéma est truffée de chefs-d’œuvre tirés de romans ou de pièces de théâtre. La question, dès lors, est de savoir comment le cinéma peut parvenir à traduire sur grand écran des œuvres littéraires sans les trahir et en conservant sa propre singularité d'art « visuel ».

 

Entre littérature et cinéma, c'est une histoire immédiate. Lorsque Georges Meliès réalise, en 1902, Le voyage dans la lune, il s'inspire déjà du roman de Jules Verne De la terre à la lune. Et même lorsqu'il est encore muet, le cinéma trouve dans les œuvres de Victor Hugo (L'homme qui rit de Paul Leni en 1928) ou d'Alexandre Dumas une inépuisable source d'inspiration.

Parce que le cinéma est parvenu à développer, au temps du muet, une grammaire et des articulations très fines, une esthétique qui n'appartient qu'à lui ; certains voient dans le passage au parlant une régression et un retour à la théâtralité, à la littérature.

Pourtant, les noces entre les deux arts s'avèrent fructueuses : les romans donnent naissance à de grands classiques de l'histoire du cinéma (citons, de manière exemplaire, Autant en emporte le vent de Victor Fleming) et les écrivains s'intéressent au septième art et passent parfois de l'autre côté de la barrière de manière ponctuelle (André Malraux réalisant Espoir en1938-39) ou plus régulière (Pagnol, Guitry, Duras et Robbe-Grillet érigeant de véritables œuvres cinématographiques).

 

Au début des années 50 François Truffaut, alors jeune critique, s'en prend violemment au cinéma français « de qualité », reprochant en particulier aux cinéastes de se contenter d'illustrer pour le grand écran des classiques du patrimoine littéraire de manière totalement académique (Le rouge et le noir d'Autant-Lara, Notre-Dame de Paris et La princesse de Clèves de Jean Delannoy, etc.). Il oppose à ce cinéma poussiéreux un cinéma à la première personne où le réalisateur serait, tel un écrivain,l'auteur d'une œuvre personnelle et intime.

Pourtant, Truffaut comme les autres cinéastes de la Nouvelle Vague, adapteront à leur tour des œuvres littéraires. A quel moment, peut-on dire qu'un film se contente d'illustrer platement un roman ou bien qu'il transcende son matériau d'origine pour offrir au spectateur une œuvre cinématographique à part entière ?

 

La question est tellement vaste qu'un simple article ne suffirait pas à en épuiser toutes les dimensions. Alors de manière subjective, tentons de nous appuyer sur cinq films pour analyser les éléments qui entrent en compte dans le succès d'une d'une adaptation d'une œuvre littéraire.

 shining.png

1- Des mots aux images : Mouchette (1967) de Robert Bresson (d'après Bernanos)

 

La première difficulté auquelle se heurte un cinéaste, c'est de traduire de manière « visuelle » des mots qui sont, eux-mêmes, porteurs d'images. A vouloir se contenter uniquement des mots, on prend le risque de laisser de côté les questions de mise en scène cinématographique de ces mots et de retomber dans le piège de l'illustration académique (Cf. Germinal de Claude Berri). Du coup, les mots doivent devenir le corps même de l’œuvre et certains vont s'y employer en procédant par accumulation (la parole qui s'emballe chez Guitry et Pagnol) ou par soustraction. Robert Bresson appartient à la deuxième catégorie. Lorsqu'il adapte Mouchette sur grand écran, il n'en est pas à sa première tentative de transposition d'une œuvre littéraire. Il a déjà filmé Diderot (Les dames du bois de Boulogne) et Bernanos (Le journal d'un curé de campagne). Pour lui, pas question de trouver un système d'équivalences mais d'adapter les œuvres de manière littérale (avec, par exemple, un recours à la voix-off ou des cartons). Dans Mouchette, la parole se raréfie et c'est la stylisation d'une mise en scène épurée jusqu'à l'extrême qui permet de traduire la noirceur du roman d'origine. Lorsque la petite Mouchette se suicide en roulant obstinément jusqu'à un cours d'eau, Bresson parvient à traduire l'âpreté du roman de Bernanos et nous bouleverse de manière indélébile.

 

2- L'anecdote : Le mépris (1963) de Jean-Luc Godard (d'après Moravia)

 

Une des difficultés de l'adaptation cinématographique est la question de l'anecdote. Beaucoup de cinéastes se sont contentés de prendre les romans comme de beaux scénarios. L'anecdote l'emporte sur l'invention cinématographique. C'est peut-être pour cette raison que les meilleures adaptations sont sans doute celles qui se sont appuyées sur des œuvres littéraires mineures, permettant aux cinéastes de dépasser l'anecdote et d'injecter dans leurs films des thèmes personnels. Belle de jour de Kessel n'est pas un roman très intéressant. En revanche, Buñuel en a fait un chef-d’œuvre du cinéma, une œuvre totalement énigmatique et opaque où l'onirisme et l'ironie sont de mises. De la même manière, il est couramment admis que les films d'Hitchcock comme Rebecca et Les oiseaux sont supérieurs aux romans de Daphné du Maurier qui les ont inspirés.

A l'origine du Mépris, il y a un roman de Moravia que les connaisseurs s'accordent à trouver médiocre (j'avoue ne pas l'avoir lu) mais le plus important n'est pas dans l'anecdote mais dans la manière dont Jean-Luc Godard parvient à la transplanter sur son propre territoire : le cinéma, le mythe et les questions que le taraudent toujours : l'amour, la trahison, le malentendu...

 

3- La réappropriation : Shining (1980) de Stanley Kubrick (d'après Stephen King)

 

Toujours dans le même ordre d'idée, les romans regroupés parfois sous l'étiquette « mauvais genre » (la série noire, le fantastique, la science-fiction, l'érotisme...) furent de formidables réservoirs à récits pour les cinéastes. Certains écrivains de polars, comme Raymond Chandler, furent également scénaristes pour Hollywood. Parmi les auteurs contemporains œuvrant dans le fantastique, Stephen King fut sans doute l'écrivain le plus adapté au cinéma, pour le meilleur (Dead Zone de Cronenberg, Carrie de De Palma, Stand by me et Misery de Rob Reiner...) ou pour le pire (Firestarter de Lester, Peur bleue...).

Avec Shining, nous nous trouvons face à un cas intéressant car il est évident que Stanley Kubrick trahit l’œuvre originale (King ne s'est pas entendu avec le cinéaste et détestait cette adaptation) mais il se la réapproprie de manière totalement personnelle et livre un des plus beaux films d'épouvante jamais tourné. Avec ce film, le cinéaste tente de réaliser LE film d'horreur définitif (comme il cherchera à réaliser LE film de guerre absolu avec Full Metal Jacket) et nous offre une œuvre mentale où l'espace de l'hôtel et du jardin qui l'entoure devient la projection d'un cerveau atteint par la folie.

bardot-le-mepris1.jpg

 

4- Le style : Le temps retrouvé (1999) de Raoul Ruiz (d'après Marcel Proust)

 

Un des problèmes majeurs auxquels se heurtent les cinéastes projetant d'adapter une œuvre littéraire, c'est celui du style. Si, au cinéma, l'anecdote importe moins que la mise en scène et le style du réalisateur ; il est évident que l'intérêt d'un livre tient avant tout à son style et non pas à son « histoire ».

C'est sans doute pour cette raison que certains grands stylistes n'ont jamais été adaptés au cinéma, que ce soit Céline ou James Joyce qui ne fut adapté que pour son récit le plus « classique » (Gens de Dublin par John Huston en 1987). Même si certaines tentatives maladroites ont été effectuées, certains romans conservent la réputation d'être inadaptables, que ce soit Belle du seigneur de Cohen ou A la recherche du temps perdu de Proust. Contrairement à ce que l'on entend parfois, Proust a fait l'objet de quelques adaptations cinématographiques. Parfois catastrophiques (le très académique Un amour de Swann de Schlöndorff avec Alain Delon en 1984), parfois intéressantes (La captive de Chantal Akerman), ces transpositions restèrent néanmoins assez éloignées de l'univers de l'écrivain. Dans Le temps retrouvé, c’est le caractère extrêmement mouvant de la mise en scène qui frappe. Ruiz a recours aux effets qu’il affectionne depuis toujours : juxtaposition du zoom et du travelling dans des directions opposées, décors mobiles, amples mouvements de caméra donnant la sensation d’un univers extrêmement fluctuant et éphémère. Grâce à ses partis pris de mise en scène, le cinéaste parvient à nous loger au cœur même de la tête de l’écrivain qui revient, à la veille de sa mort, sur son existence et son œuvre, comme si tout était désormais écrit. Le film est donc à la fois une œuvre cinématographique et une traduction assez juste de l'univers évanescent de Proust. Pour transposer à l'écran un écrivain au style unique, il fallait un styliste de la caméra !

 

 

5- Les limites : Salo ou les 120 journées de Sodome (1975) de Pier Paolo Pasolini (d'après Sade)

 

Dernier écueil auquel se heurte le cinéma : les limites de la représentation. Lorsque Apollinaire évoque un « soleil cou coupé » ou que Breton nous entraîne à sa suite dans un Paris mystérieux et poétique dans Nadja, on a du mal à concevoir quelles images photographiques pourraient traduire la poésie de ces mots et les gouffres imaginaires qu'ils entrouvent.

Réaliste par essence, l'image cinématographique se heurte à certaines limites que ne connaissent pas les mots. Lorsqu'il s'agit de violence ou de sexe, il paraît littéralement impossible de montrer ce que les mots peuvent parfois dire. Une adaptation fidèle d'American psycho de Brett Easton Ellis serait tout bonnement insoutenable.

De la même manière, on imagine mal un film qui suivrait scrupuleusement les descriptions du marquis de Sade. Pourtant, le grand écrivain fut maintes fois adaptés au cinéma, de manière classique et édulcoré comme dans le Justine de Claude Pierson ou de manière plus originale (mais « soft ») dans Marquis de Sade : Justine de Jess Franco.

Lorsqu'il entreprend de filmer Les 120 journées de Sodome, Pasolini sort de sa « trilogie de la vie » où il exaltait les sens et une sexualité débridée en s'appuyant sur des œuvres littéraires du passé (Les mille et une nuits, Le Décaméron de Boccace et Les contes de Canterbury de Chaucer). Mais ce qu'il voit autour de lui le rend pessimiste et il cherche désormais à dénoncer les excès du consumérisme dans lesquels s'inscrit la prétendue « libéralisation des mœurs ». Il choisit d'adapter Sade qu'il transpose à l'époque fasciste. Là encore, la réappropriation qu'il se permet de l’œuvre du divin Marquis est une sorte de « trahison » mais elle lui permet de transgresser les limites de la représentation. On a vu des films beaucoup plus « pornographiques » ou même plus violents mais le style glacial de Pasolini confère à cette œuvre un caractère éprouvant et en fait un des films les plus effrayants jamais tourné.

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Il y aurait sans doute beaucoup d'autres choses à dire sur ces liens paradoxaux entre le cinéma et la littérature mais ces quelques idées jetées de manière maladroite ici ont déjà pris beaucoup de place. Il ne vous reste plus qu'à vous laisser réagir et à vous inciter à citer des adaptations que vous trouvez réussies...

 

 

Dr Orlof (http://drorlof.over-blog.com/)

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Published by beux - dans Invités
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