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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 19:40

L03.jpgLa saga des favorites

Jean des Cars

éditions Perrin

2013

 

Après Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises, j'étais en manque d'une certaine conception de l'histoire, patriotique, romancée avec des trémolos dans l'écriture et des clichés à la pelle. C'est donc tout logiquement et en toute connaissance de cause que je me suis penchée sur La saga des favorites de Jean des Cars. Notre auteur, journaliste à Paris-Match et au Figaro (gage de qualité) se penche sur le destin de ces femmes, maîtresses de princes et de rois  qui ont eu sur eux une influence déterminante, artistique, politique ou économique. Vous saurez donc tout sur madame de Maintenon ou la Pompadour, Wallis Simpson ou miss Howard. Enfin tout... c'est du des Cars hein, c'est très gentillet. Ne vous inquiétez pas, il n'y a donc ni considérations géopolitiques poussées, ni analyses psychologiques détaillées, juste de gentilles histoires de coucheries royales. Vous apprendrez donc, oh scoop, que Agnès Sorel se rasait le pubis et que le prince de Galles faisait de la tapisserie, que tous ces monarques étaient amoureux mais que les favorites étaient souvent de méchantes intriguantes et que l'amour c'est bien compliqué ma pauvre dame. Je suis un peu déçue de ne pas avoir eu plus de détails croustillants sur les secrets d'alcôves, des histoires d'huile de jasmin ou de rois qui aiment se faire fouetter mais avec Des Cars on reste dans le soft et dans la jolie photo et les belles gravures. Vous n'êtes pas dans Closer voyons! Bon, blague à part, vous avez compris je pense que La saga des favorites ne présente aucun intérêt si ce n'est celui d'un quelconque magazine féminin. Vous lisez ça parce que vous n'avez pas envie de vous faire mal au crâne et que ça passe bien le soir. Si vous avez aussi une petite mamie dans votre entourage passionnée par l'histoire des têtes couronnées (si si ça existe encore paraît-il) c'est le cadeau idéal. A part ça, ce livre ne vous apportera pas grand-chose si ce n'est l'idée que la notion d'"ouvrage historique"  est assez large...

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 11:54

L02.jpgL'écorchée

Donato Carrisi

éditions Calmann-Levy

2013

 

Il y a de cela quelques années est sorti un roman policier dont nous avons déjà parlé ici, Le chuchoteur. Un livre plutôt sympa et qui avait fait l'unanimité malgré un style de qualité médiocre. Aujourd'hui, l'auteur revient sur le devant de la scène avec la suite, L'écorchée.

Sept ans se sont écoulés depuis l'affaire du chuchoteur. Mila Vasquez a fait désormais le choix de travailler au bureau des personnes disparues. Elle essaie de retrouver ces hommes, femmes et enfants qui, un jour, semblent s'être volatilisé de la surface de la terre, certains depuis des années. Un travail qui convient parfaitement à son tempérament solitaire et à son incapacité totale à ressentir des émotions. Mais, un jour, son ancien collègue, Boris, vient la sortir de sa retraite : une famille entière à l'exception du plus jeune s'est fait fait massacrer et le meurtrier n'est rien d'autre qu'un des disparus de notre héroïne. Mila se lance dans l'enquête, aidée officieusement par Simon Berish, un paria de la police...

Donato Carrisi m'avait un peu déçue avec son dernier livre Le tribunal des âmes, aussi c'est avec beaucoup de précautions que j'ai abordé L'écorchée. Il faut être honnête : Donato Carrisi est loin d'avoir un beau style et il écrit même plutôt mal. Déjà, dans Le chuchoteur, tout l'intérêt du roman résidait dans l'intrigue mais une intrigue qui pour le coup était particulièrement soignée et prenante. Avec l'écorchée, le risque majeur était de faire du réchauffé, l'effet de surprise étant passé. De fait, le livre est un semi-échec : le personnage de Mila est intéressant mais sonne un peu creux. Présentée comme un être dépourvu de sentiments par l'auteur, cette particularité ne saute pas immédiatement aux yeux du lecteur qui la voit plutôt comme un personnage usé par la vie mais pas inhumain. Quant au personnage de Berish, il aurait gagné à être développé. L'intrigue a de plus effectivement un petit goût de déjà-vu, avec des retournements de situations, des protagonistes qui ne sont pas ce qu'ils devraient être et des indices un peu tirés par les cheveux. Ceci dit, je ne dirais pas que j'ai détesté L'écorchée. J'ai lu le livre assez rapidement ce qui tend à prouver que l'intrigue n'est pas si mauvaise que ça puisque je voulais vraiment connaître la fin (quand vous ne terminez pas un roman policier ou que vous traînez, un indice : c'est vraiment un très mauvais roman). De plus, l'auteur s'intéresse à un phénomène qui nous fascine tous, celui de ces personnes disparues qui, au fond, avait déjà disparu bien avant qu'on le signale: marginaux, adolescents fragiles, vendeuses anonymes, femmes battues...toutes ces ombres que Donato Carrisi s'emploie à nous décrire succintement mais qui, confondus,  finissent par prendre plus d'importance que les personnages principaux. Un joli tour de force qui fait pardonner beaucoup de choses.

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 11:32

L05.jpgNos ancêtres les Gaulois et autres fadaises

François Reynaert

éditions Le livre de Poche

2010

 

Nous avions parlé il y a peu de l'Orient mystérieux et autres fadaises que j'avais beaucoup apprécié. Alléchée par cette lecture, je me suis décidée à me plonger dans le premier livre d'histoire de François Reynaert, Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises. Autant vous le dire tout de suite : si j'avais commencé par celui-ci, je n'aurais vraisemblablement jamais ouvert le second (ce qui aurait été ceci dit ma foi bien dommage).

Dans cet ouvrage, François Reynaert se propose de mettre à bas tous les clichés de l'histoire de France pour la raconter de la façon la plus objective possible : Jeanne d'Arc n'était pas la seule héroïne de son époque, Napoléon n'était pas un grand homme, la première guerre mondiale n'avait rien de noble, le Moyen-Age n'était pas une époque aussi obscure qu'on le croit de même que la Renaissance avait ses parts d'ombre, l'idée même de nation est une invention toute récente, etc.

L'idée était bonne... et à mon humble avis voué à l'échec. Quand il parle de l'Orient, François Reynaert a très probablement un regard plus neutre que lorsqu'il parle de la France. Mais, qu'il le veuille ou non, en parlant de son pays, l'auteur est forcément subjectif et cette subjectivité se retrouve tout le long de son récit ; si vous aviez un doute sur les positions politiques de notre homme, vous n'en avez plus à la fin de Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises. En soi, ça ne me dérange pas mais pour quelqu'un qui prétend réécrire l'histoire en toute neutralité je trouve ça un peu dérangeant : reconnaissons-lui ceci dit ce mérite, François Reynaert s'attarde très peu sur l'époque actuelle, par peur sans doute de perdre cette sacro-sainte objectivité (je ris) qui le caractérise. Pour en revenir au texte, je ne suis pas non plus séduite par une succession de chapitres assez confus qui fait la part belle aux considérations théoriques mais s'intéresse au fond peu aux faits. La seconde guerre mondiale est survolée, l'auteur, même s'il s'en défend, tombant dans le cliché du méchant collabo et des gentils résistants; la révolution française est abordée avec beaucoup de précautions... L'histoire la plus ancienne est finalement la plus intéressante, l'auteur rappelant intelligemment qu'à cette époque la notion de nation n'existait pas vraiment et mettant en garde contre les anachronismes. Pour le reste... voilà quoi, bof. Je ne suis pas franchement convaincue. Je m'interroge sur la finalité du livre: était-ce en réaction au livre de Lorent Deutsch, Metronome, tout aussi médiocre que celui-là mais avec des sympathies politiques de toute évidence complètement opposées ? Tous les deux après tout ont en commun une chose: ils ne sont pas historiens, mais leurs ouvrages ont pourtant très bien marché. Voilà de quoi laisser songeurs... et un peu inquiets.

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 20:08

L09.jpgIvanhoé

Walter Scott

éditions Livre de Poche

1819

 

J'avoue, j'étais sortie de ma lecture de Rob Roy un peu fâchée contre Walter Scott et ne comprenant pas bien la célébrité d'un auteur au style aussi ennuyeux. Les 1001 livres... et la lecture d'Ivanhoé m'ont permis de revenir sur mes préjugés.

Angleterre, XIIème siècle. Ivanhoé, jeune chevalier saxon que son père a désavoué à cause de sa sympathie pour les normands ("les colonisateurs") et le roi Richard Coeur de Lion, revient incognito de croisade. L'occasion pour lui d'admirer en cachette les beaux yeux de sa cousine Rowena et d'aspirer à une action qui le réhabiliterait aux yeux du patriarche et  qui lui permettrait d'épouser sa dulcinée. ça tombe bien, un tournoi a lieu dans quelques jours, organisé par le frère du roi, Jean. Aidé du juif Isaac et de sa douce fille, Rébecca, Ivanhoé se déguise et se rend sur les lieux de la joute. Mais les choses sont loin de se dérouler comme prévu; Ivanhoé se retrouve blessé et ne doit son salut qu'à l'apparition d'un chevalier encore plus mystérieux que lui...

Amours, tournois, complots politiques, moines joyeux et templiers sinistres, chevaliers brutaux et gentes dames, on trouve de tout dans ce roman qui, pour moi, avant d'être un roman historique est surtout un roman d'aventure. Et quel roman ! Walter Scott ne s'embarrasse guère ici de vraisemblance, allant même jusqu'à "ressusciter" plus ou moins un personnage car son éditeur ne se remettait pas de sa mort et faisant ça et là quelques anachronismes bien excusables. Ivanhoé c'est le récit de la rivalité entre saxons et normands avant que les différences se fondent en une seule nation, c'est également l'histoire d'un roi, Richard Coeur de Lion, personnage devenu aujourd'hui légendaire, qui cherche à retrouver son trône et qui doit pour se faire, déjouer les complots de son frère.  Le récit est enlevé, léger et souvent ironique. Les personnages sont merveilleusement rendus. Paradoxalement, le plus terne d'entre eux est le héros éponyme qui joue le rôle du jeune premier parfait et diablement ennuyeux. Sa promise, Rowena n'est guère plus intéressante, son rôle se bornant essentiellement à se faire enlever et à pleurer. En revanche, on ne peut que rire devant le personnage de Cédric, le père d'Ivanhoé, ce noble saxon qui s'attache avec obstination à un monde qui se meurt, ou encore devant Athelstane, l'ami de ce dernier, dont la principale préoccupation est de manger et de boire. Le roi Richard Coeur de Lion est quant à lui parfaitement représenté dans le rôle du roi débonnaire mais colérique, tout aussi capable de combattre que de festoyer. Sa scène avec un frère rencontré dans les bois, le frère Tuck (car oui, nous avons aussi Robin des Bois dans ce livre) est l'une des plus réussies du livre. Enfin, il serait injuste de ne pas nommer la juive Rébecca dont la douceur, la détermination, la foi et l'amour sans espoir pour Ivanhoé en font sans aucun doute le personnage le plus attachant de l'histoire.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur Ivanhoé, que ce soit sur le style ou sur les péripéties. Mais, pour le coup, je préfère plutôt vous inciter à le lire malgré son épaisseur. En effet, en ce qui me concerne, ce livre mérite amplement sa place dans Les 1001 Livres...

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 19:23

L01.jpgIl n'y a pas de sparadraps pour les blessures du coeur

François Szabowski

éditions Aux Forges de Vulcain

2013

 

A la fin de l'ouvrage, nous avions laissé le héros des femmes n'aiment pas les hommes qui boivent  amant de sa voisine sexagénaire, Rose, après avoir dupé le mari et l'avoir envoyé au fin fond du pays sans argent et sans papiers. C'est dans ce contexte que nous retrouvons François Chaboeuf, alias François Szabowski, le copiste mythomane qui, lassé des exigences érotiques de sa vorace compagne aimerait bien cependant se faire entretenir par cette dernière pour acheter de l'alcool et se consacrer à son second roman. Las. Les choses ne se déroulent pas comme prévu et François se retrouve bientôt à la rue avec un avenir pour le moins incertain.

Ne cherchez comme d'habitude aucune logique, il n'y en a pas. Comme pour le premier tome, Il n'y a pas de sparadraps pour les blessures du coeur enchaîne les situations absurdes et les événements improbables, le tout raconté par un narrateur fêlé pour invente sa vie pour ensuite mieux la croire.  Punks polonais, jumelles délinquantes, éléphant voyou,  sexagénaire nymphomane, artistes bobos et gitans menaçants rythment un récit surréaliste. La surrenchère pourrait devenir lassante, d'autant plus que nous avons eu Les femmes n'aiment pas les hommes qui boivent et que nous sommes déjà habitués à ce style pour le moins particulier. Heureusement, l'auteur à mi-parcours a une sage idée et donne à son personnage de copiste une nouvelle dimension en le faisant tomber amoureux d'une femme tout aussi extravagante que lui. Le narrateur jusque là plutôt antipathique devient assez touchant car même si son amour, à l'image de sa personnalité, est totalement disfonctionnel, il y a en lui quelque chose d'héroïque  (et de très inquiétant). Le lecteur de ce fait se laisse peu à peu contaminer par la folie douce d'un personnage aussi mythomane en amour qu'il l'est dans le reste de sa vie et ce, jusqu'à un dénouement à la fois prévisible et inattendu. En bref, encore un pari réussi pour notre copiste.

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 13:18

L01.jpgL'Orient mystérieux et autres fadaises

François Reynaert

éditions Fayard

2013

 

Me revoilà ! Le rush de Noël est passé et, avant d'entamer une nouvelle année, rien de tel qu'un livre un peu sérieux pour terminer 2013. Sortez vos manuels, nous allons faire un peu d'histoire.

Du monde arabe et de l'Orient en général, nous avons il faut bien le reconnaître une vision parfois assez tronquée. Soit on pense à des barbus menaçants faisant exploser des avions, soit on pense à un génie émergeant d'une lampe ou à des sultans se promenant au milieu de leur harem. Entre la vision des 1001 nuits et celle du terrorisme, il existe cependant une toute autre réalité que François Reynaert s'emploie à nous faire découvrir dans L'Orient mystérieux et autres fadaises. Le livre est ambitieux car il part de la fin de l'Empire romain et va jusqu'au printemps arabe et même un peu après. Il s'agit pour l'auteur de brosser le portrait le plus neutre et le plus clair possible de civilisations que beaucoup d'entre nous connaissent mal. Ainsi j'ai appris, entre autres, que les chrétiens d'Orient n'étaient pas moins légitimes que les chrétiens d'Occident, que les croisades omniprésentes dans notre histoire ne représentent guère d'importance dans celle du monde arabe et que les branches de l'islam sont nombreuses et variées. Très instructif, L'Orient mystérieux et autres fadaises s'est révélé être également une lecture assez passionnante et ce, malgré son épaisseur. Certes, j'avoue que je suis encore un peu perdue entre les sunnites et les chiites et entre les différents princes et leaders qui ont fait la civilisation arabe mais, au moins, j'ai pu me débarrasser de quelques clichés et appréhender l'Orient d'une toute autre manière. Déjà pas mal non ?

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 19:53

L01.jpgLou, t 1, journal infime

Julien Neel

éditions Glénat

2004

 

Oui, je sais, j'arrive après la bataille, mais en BD, il me faut découvrir des classiques, et c'est pourquoi je me suis décidée à lire le premier tome de la série Lou. Lou c'est une BD pour enfants racontant l'histoire d'une petite fille qui vit seule avec sa mère, une trentenaire accroc aux jeux vidéos. Lou est une gamine qui adore le théâtre et se faire elle-même ses vêtements. Elle est un peu asociale et en fait d'amis ne fréquente guère que Mina qui elle, rêve de devenir chanteuse. Lou est amoureuse de Tristan le voisin d'en face qu'elle connaît depuis le jardin d'enfants mais qu'elle n'ose pas aborder. Jusqu'au jour où c'est Tristan lui-même qui fait le premier pas... Arrive aussi Richard, un nouveau voisin, qui semble un amoureux idéal pour la mère de notre héroïne.

Que dire ? C'est très joli et plutôt original : on sort de la caricature de la gamine un peu nunuche. Lou est accroc à la mode, mais pas à la mode qui la fait ressembler à tout le monde; de même elle est amoureuse comme la plupart des enfants de son âge mais cet amour est traité avec beaucoup de légèreté et d'humour. Le personnage de la mère est intéressant également, sortant des sentiers battus de la gentille mère attentive que l'on retrouve dans beaucoup de BD. Mention spéciale à la planche qui m'a fait le plus rire, celle où Lou et Mina jouent à la Barbie ensemble et se rendent compte "que la magie a disparu" ou encore au personnage faussement tyrannique de la grand-mère pas vraiment gâteau. En bref, un très bon moment de lecture, oscillant entre rire et tendresse, et une valeur sûre pour Noël...

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 12:41

L06.jpgLa huitième habitude

Stephen Covey

éditions J'ai Lu

2006

 

Aujourd'hui, les livres vous apprennent à tout faire : apprendre à jouer de la musique ? Il y a un livre pour ça. Apprendre à bricoler ou à jardiner? Apprendre à faire l'amour? Apprendre à rompre? Apprendre à élever votre progéniture? Apprendre à être heureux? Il y a des livres pour ça. Les ouvrages de développement personnel et de coaching pullullent et j'ai toujours un petit pincement au coeur en voyant des clients au visage triste me demander timidement le best-seller de Carnegie : Comment se faire des amis. Les livres du style aident-ils vraiment les gens qui les achètent ou ces ouvrages ne sont-ils que de vastes escroqueries visant à profiter du malheur et de la solitude d'autrui? Voilà une question que je continue encore à me poser...

La huitième habitude n'est pas vraiment un livre de développement personnel, plutôt un ouvrage de management  même si l'auteur explique que ses théories s'appliquent aussi bien au monde du travail qu'au domaine privé. D'ailleurs, tout au long du livre, nous verrons que Covey semble allégremment ne pas faire de distinction entre les deux sphères.

Qu'est-ce que la huitième habitude me direz-vous? Et de quoi traite le livre? A dire vrai, je serai bien en peine de vous faire un résumé tellement ce livre m'a ennuyée et m'a, à certains endroits, passablement énervée. Pour vous la faire courte, la huitième habitude c'est la capacité qu'a chacun de trouver sa voie, celle de la grandeur, en opposition à celle de la médiocrité. Un indice: si vous passez tout votre temps libre à jouer aux Sims en mangeant des Petits Ecoliers, vous n'êtes pas sur la voie de la grandeur. La huitième habitude c'est votre capacité à savoir vous dépasser pour viser l'excellence. Au travail, cela signifie par exemple vous efforcer d'élargir au maximum votre sphère d'influence.

Oui, je sais. L'ouvrage de Covey s'adresse essentiellement à des managers, je vous rassure, ne s'attardant guère sur l'employé lambda autrement que pour lui conseiller d'aider son patron en toutes circonstances même si ce dernier est un gros c... Car, voyez-vous, nous explique l'auteur, la critique ne sert à rien ni la pensée négative: mieux vaut s'efforcer de s'adapter au mieux. Quant au rôle du manager, il est pour Covey celui d'un père : chargé de donner l'exemple et de responsabiliser ses sulbalternes pour leur faire prendre une part active au développement de la société... Ah la vision paternaliste de l'entreprise j'adore...J'adore aussi cette argumentation qui tourne toujours autour de la notion de pertes et de bénéfices, faisant de l'individu une marchandise comptable. L'auteur pousse même jusqu'à parler d'une relation de couple en terme de crédit et de débit (on offre un bouquet de fleurs, on crédite, on oublie un anniversaire de mariage, on est débiteur, ça me semble très sain tout ça) Vivre et laisser vivre Covey ne connait pas et n'approuve pas. Il ne connaît pas non plus la distinction entre ce qui relève du privé et du professionnel puisqu'il donne très sérieusement l'exemple d'une banque qui allait mal. Et pourquoi me direz-vous? Et bien parce que le patron avait trompé sa femme en couchant avec l'une des employées et que du coup ses employés n'avaient plus confiance en lui. Oh scandale! Notre coach a pris les choses en main bien évidemment: notre infidèle s'est vu contraint de faire des aveux à sa femme et à ses sulbalternes en s'excusant platement. Inutile de vous dire que si Covey m'avait suggérée une solution pareille, il se serait pris gentiment ma main dans sa gueule. Je trouve  quand même les Américains formidables : ils s'offusquent pour un président qui prend du bon temps avec sa secrétaire mais trouvent tout à fait normal qu'on envoie des gens se faire griller sur des chaises électriques. Mais je divague revenons à notre sujet.

Et en fait, il n'y a pas grand-chose à en dire de plus. La huitième habitude est une accumulation de propos à la gloire de l'entreprise américaine et de la famille, une suite de conseils plus ou moins pertinents (la responsabilisation, la pensée positive, savoir faire les choses une par une en commençant par le plus urgent, savoir écouter ce que l'autre veut dire) noyés hélas dans des poncifs (il faut faire du sport et manger régulièrement, il faut aimer tout le monde) et saturés par des schémas à chaque page, encore pire que les Powerpoint que vos patrons à vous vous infligent régulièrement lors de réunions. En bref, si tous les ouvrages de développement personnel ne sont pas des escroqueries, celui-ci en tous cas est une belle arnaque.

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 12:00

L02.jpgAu risque d'aimer

Claude Béata

éditions Odile Jacob

2013

 

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, Au risque d'aimer n'est pas un roman d'amour malgré son titre un tantinet racoleur. Edité par la plus ou moins sérieuse maison d'édition Odile Jacob, ce livre a été écrit par un vétérinaire spécialisé dans le comportement animal et qui s'intéresse ici à la notion d'attachement chez les animaux. Les animaux sont-ils capables d'aimer ? S'attachent-ils à leurs congénères notamment à leurs mères ou aux humains uniquement par nécessité biologique ou y a-t-il quelque chose de plus profond derrière ? Parsemant son ouvrage d'anecdotes et de faits scientifiques, Claude Béata se penche sur l'amour chez les animaux, de la naissance à la mort, l'occasion pour l'auteur d'observer des comportements parfois semblables de façon troublante à celui des humains.

Claude Béata le dit et le redit à de nombreuses reprises tout au long du livre : il ne s'agit pas de faire de l'anthropomorphisme et de considérer l'animal de la même façon qu'un homme. Il s'agit en revanche de lui accorder une psychologie et des sentiments et de ne pas le ravaler au rang de simple machine mise en mouvement par des instincts. Ainsi, dans Au risque d'aimer, nous apprenons que les souris sont capables d'empathie et qu'elles souffrent quand elles voient l'une de leurs congénères souffrir, nous apprenons aussi qu'un chien est capable de porter le deuil de son maître éternellement, que les dauphins peuvent tout aussi bien être des amis fidèles et de précieux alliés que des violeurs et que les oiseaux ne sont pas forcément monogames.

Rien à dire, cet ouvrage est vraiment très intéressant, parsemé d'exemples et d'expériences scientifiques ainsi que de témoignages directs de l'auteur. La seule chose que je lui reprocherais c'est sa structure désordonnée. Pour un livre qui se veut quand même scientifique, l'ensemble est plutôt fouillis et la progression dans l'argumentation ne saute pas aux yeux. Sans doute meilleur orateur et meilleur vétérinaire que essayiste, Claude Béata se perd dans les détails et de multiples anecdotes, s'égare parfois pour revenir sur son sujet... mais quel sujet ? Le lecteur malgré toute sa bonne volonté est parfois perdu. Le thème était peut-être un peu trop vaste, un peu trop ambitieux; Claude Béata aurait dû peut-être se restreindre à l'attachement chez un seul animal plutôt que de s'intéresser aussi bien à la souris qu'à l'éléphant. Au risque d'aimer n'en reste pas moins une réflexion utile et pleine de bon sens que je recommanderai à tous les amoureux des animaux mais également à tous ceux qui ne voient en ces derniers que de la viande sur pattes...

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 10:08

L03.jpgAstérix chez les Pictes

Ferri/ Conrad

éditions Albert René

2013

 

Comme grand nombre d'entre vous, j'ai beaucoup lu étant petite les aventures d'Astérix et d'Obélix, préférant d'ailleurs au malin Astérix ce gros balourd d'Obélix et son petit chien Idéfix. Les années ont passé, les albums se sont succédés et la mort de Goscinny a pour moi sonné celle de nos gaulois préférés : Uderzo est peut-être un bon dessinateur mais en tant que scénariste, je le trouve assez catastrophique. J'ai ainsi jeté l'éponge, jusqu'à aujourd'hui.

Astérix chez les Pictes a une particularité : Uderzo a renoncé tant au dessin qu'au scénario et a laissé ses héros entre les mains de deux autres auteurs, Ferri (connu pour Le retour à la terre notamment) et Conrad. Dans ce trente-cinquième volume, Astérix et Obélix ramènent dans le village un Picte (un écossais) pris dans un bloc de glace et, après l'avoir ranimé décident de l'aider à rentrer chez lui. L'occasion pour nos gaulois de découvrir un peuple divisé aux moeurs bien étranges...

Tout y est : les querelles entre les Gaulois, la découverte d'un nouveau monde, la rencontre avec les pirates, les disputes entre Astérix et Obélix nez contre nez, le banquet final... C'est assez étrange de se retrouver plongée dans cet univers quitté depuis si longtemps et à vrai dire, assez inconfortable. Tout a un goût de déjà passé, les gags semblent un peu artificiels et les situations vues et revues. Astérix chez les Pictes n'est pas mauvais : en revanche ce n'est pas un album original, même si j'avoue que quelques éléments m'ont bien fait rire : les pictogrammes sur les bornes pour indiquer le chemin, le Picte bavard qu'on n'interrompt plus une fois lancé, l'agent de recensement  romain qui s'évertue à compter et recompter les gaulois du village. C'est donc pour moi une tentative à demi-ratée mais encourageante, d'autant plus que je mesure la difficulté qu'il y a à reprendre une série aussi connue. Peut-être ceci dit vaudrait-il mieux pour Ferri et Conrad s'affranchir totalement des anciens albums et ne pas hésiter à sortir des sentiers battus : parfois, il vaut mieux reconstruire sur des ruines que de s'entêter à les reconstituer.

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