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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 12:00

L02.jpgAu risque d'aimer

Claude Béata

éditions Odile Jacob

2013

 

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, Au risque d'aimer n'est pas un roman d'amour malgré son titre un tantinet racoleur. Edité par la plus ou moins sérieuse maison d'édition Odile Jacob, ce livre a été écrit par un vétérinaire spécialisé dans le comportement animal et qui s'intéresse ici à la notion d'attachement chez les animaux. Les animaux sont-ils capables d'aimer ? S'attachent-ils à leurs congénères notamment à leurs mères ou aux humains uniquement par nécessité biologique ou y a-t-il quelque chose de plus profond derrière ? Parsemant son ouvrage d'anecdotes et de faits scientifiques, Claude Béata se penche sur l'amour chez les animaux, de la naissance à la mort, l'occasion pour l'auteur d'observer des comportements parfois semblables de façon troublante à celui des humains.

Claude Béata le dit et le redit à de nombreuses reprises tout au long du livre : il ne s'agit pas de faire de l'anthropomorphisme et de considérer l'animal de la même façon qu'un homme. Il s'agit en revanche de lui accorder une psychologie et des sentiments et de ne pas le ravaler au rang de simple machine mise en mouvement par des instincts. Ainsi, dans Au risque d'aimer, nous apprenons que les souris sont capables d'empathie et qu'elles souffrent quand elles voient l'une de leurs congénères souffrir, nous apprenons aussi qu'un chien est capable de porter le deuil de son maître éternellement, que les dauphins peuvent tout aussi bien être des amis fidèles et de précieux alliés que des violeurs et que les oiseaux ne sont pas forcément monogames.

Rien à dire, cet ouvrage est vraiment très intéressant, parsemé d'exemples et d'expériences scientifiques ainsi que de témoignages directs de l'auteur. La seule chose que je lui reprocherais c'est sa structure désordonnée. Pour un livre qui se veut quand même scientifique, l'ensemble est plutôt fouillis et la progression dans l'argumentation ne saute pas aux yeux. Sans doute meilleur orateur et meilleur vétérinaire que essayiste, Claude Béata se perd dans les détails et de multiples anecdotes, s'égare parfois pour revenir sur son sujet... mais quel sujet ? Le lecteur malgré toute sa bonne volonté est parfois perdu. Le thème était peut-être un peu trop vaste, un peu trop ambitieux; Claude Béata aurait dû peut-être se restreindre à l'attachement chez un seul animal plutôt que de s'intéresser aussi bien à la souris qu'à l'éléphant. Au risque d'aimer n'en reste pas moins une réflexion utile et pleine de bon sens que je recommanderai à tous les amoureux des animaux mais également à tous ceux qui ne voient en ces derniers que de la viande sur pattes...

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 10:08

L03.jpgAstérix chez les Pictes

Ferri/ Conrad

éditions Albert René

2013

 

Comme grand nombre d'entre vous, j'ai beaucoup lu étant petite les aventures d'Astérix et d'Obélix, préférant d'ailleurs au malin Astérix ce gros balourd d'Obélix et son petit chien Idéfix. Les années ont passé, les albums se sont succédés et la mort de Goscinny a pour moi sonné celle de nos gaulois préférés : Uderzo est peut-être un bon dessinateur mais en tant que scénariste, je le trouve assez catastrophique. J'ai ainsi jeté l'éponge, jusqu'à aujourd'hui.

Astérix chez les Pictes a une particularité : Uderzo a renoncé tant au dessin qu'au scénario et a laissé ses héros entre les mains de deux autres auteurs, Ferri (connu pour Le retour à la terre notamment) et Conrad. Dans ce trente-cinquième volume, Astérix et Obélix ramènent dans le village un Picte (un écossais) pris dans un bloc de glace et, après l'avoir ranimé décident de l'aider à rentrer chez lui. L'occasion pour nos gaulois de découvrir un peuple divisé aux moeurs bien étranges...

Tout y est : les querelles entre les Gaulois, la découverte d'un nouveau monde, la rencontre avec les pirates, les disputes entre Astérix et Obélix nez contre nez, le banquet final... C'est assez étrange de se retrouver plongée dans cet univers quitté depuis si longtemps et à vrai dire, assez inconfortable. Tout a un goût de déjà passé, les gags semblent un peu artificiels et les situations vues et revues. Astérix chez les Pictes n'est pas mauvais : en revanche ce n'est pas un album original, même si j'avoue que quelques éléments m'ont bien fait rire : les pictogrammes sur les bornes pour indiquer le chemin, le Picte bavard qu'on n'interrompt plus une fois lancé, l'agent de recensement  romain qui s'évertue à compter et recompter les gaulois du village. C'est donc pour moi une tentative à demi-ratée mais encourageante, d'autant plus que je mesure la difficulté qu'il y a à reprendre une série aussi connue. Peut-être ceci dit vaudrait-il mieux pour Ferri et Conrad s'affranchir totalement des anciens albums et ne pas hésiter à sortir des sentiers battus : parfois, il vaut mieux reconstruire sur des ruines que de s'entêter à les reconstituer.

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 09:56

L02.jpgAlors voilà

Les 1001 vie des Urgences

Baptiste Beaulieu

éditions Fayard

2013

 

Interne aux Urgences, le narrateur a vingt-huit ans. A l'étage, il gère une patiente en phase terminale qui n'attend plus pour mourir que l'arrivée de son fils Thomas, coincé dans un aéroport par la faute du volcan islandais. Pour la faire tenir, notre héros se met en tête de lui faire le récit des anecdotes de l'hôpital : quotidien des médecins, gardes de nuit, patients divers et variés, expériences personnelles, il décrit le monde médical à la mourante durant sept jours dans l'espoir de lui faire retrouver son fils à temps, l'occasion pour l'auteur de faire découvrir à son lecteur le monde bruyant et intense des Urgences...

Ce récit m'a laissée un sentiment pour le moins mitigé je dois le reconnaître. Parlons d'abord de la construction du livre qui a été très habilement pensé : inspiré d'un blog, Alors voilà aurait pu n'être qu'une succession d'historiettes mis bout à bout mais l'auteur fait l'effort d'un récit linéaire qui se déroule sur sept jours et inspiré des 1001 nuits. ça c'est la réussite. Le défaut, c'est un style pas forcément au rendez-vous d'une telle construction, un peu comme si vous trouviez une table en formica dans une maison Art Nouveau. L'autre chose qui m'a fait tiquer, c'est l'omniprésence du narrateur (attention hein, je dis bien le narrateur et non pas l'auteur) qui, loin de s'effacer derrière les histoires prend à mon sens trop de place et nous abreuve d'une philosophie orientale qui personnellement a toujours eu tendance à me faire me sauver en courant. Notre Shéhérazade en blouse blanche qui plus est nous déverse ses états d'âme en veux-tu en voilà ce qui ne colle pas à mon sens avec la simple mission proclamé d'humble spectateur. Inutile de vous dire que si Alors voilà était un roman, je le descendrai en flammes. Mais, pour le coup, comme il s'agit d'un témoignage, j'ai envie d'être beaucoup plus indulgente, car le témoignage en question est plein de bonnes intentions. Il s'agit de réconcilier les soignants-soignés et de faire partager à des lecteurs des anecdotes véridiques sur le quotidien des Urgences. Certaines sont très drôles : l'homme qui prend la pilule à la place de sa compagne quand celle-ci oublie, l'adolescente de quatorze ans et sa famille qui font la fête en apprenant que celle-ci est enceinte alors que les soignants s'attendaient à une crise, la religieuse qui croit que Dieu s'est incarné en gastro pour la tester. A l'inverse, d'autres sont très tristes: la femme qui apprend qu'elle a un cancer du sein, la vieille que sa famille laisse à l'hôpital à Noël pour s'en débarrasser et qui meurt seule, la femme qui parle sans arrêt de son fils alors que celui-ci est mort... Si le narrateur est parfois un peu agaçant avec son côté donneur de leçons, il a aussi un côté profondément humain qui touche et qui fait oublier le discours moralisateur. Voilà tout ce que j'ai à dire sur un livre qui laisse dans la bouche un goût doux-amer, plutôt intéressant mais que je ne conseille pas ceci dit aux dépressifs et aux hypocondriaques.

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 20:15

L02.jpgLe chien qui louche

Etienne Davodeau

éditions Futuropolis/Louvre éditions

2013

 

Etienne Davodeau, essentiellement connu pour sa BD Les Ignorants, revient avec une nouvelle oeuvre, Le chien qui louche.  L'histoire est celle de Fabien, agent de sécurité au Louvre et qui aime son métier ainsi que sa petite vie tranquille avec la mystérieuse Mathilde, une jeune femme rencontrée depuis peu. Un jour, Mathilde se décide à lui faire rencontrer sa famille, un grand-père sénile, un père autoritaire et des grands frères un peu lourds. Les Benion sont des provinciaux et n'ont pour l'art qu'un goût limité. Leur passion à eux, c'est la fabrication de meubles. Mais, au cours de la visite de Fabien, la famille tient néanmoins à lui montrer la peinture d'un aïeul décédé, oublié dans un grenier et représentant un chien qui louche. Une peinture qui laisse plutôt perplexe Fabien ainsi que la question qui l'accompagne : selon lui, la toile mériterait-elle d'être exposée au Louvre ? Fabien n'ose pas répondre et se retrouve ainsi embarqué dans une étrange mission qui va l'amener à rencontrer des gens étranges fréquentant le musée...

Curieusement, je ne suis pas fan de ce genre de BD pour le coup, de ces images réalistes et de cet univers qui ressemble trop au nôtre pour m'attirer vraiment. Sautons donc sur l'histoire où là encore quelques détails m'ont fait tiquer ; la famille Benion ne m'a pas fait rire tellement je l'ai trouvée caricaturale au possible. Ce sont des ploucs qui se comportent comme des abrutis dès qu'ils sont lâchés dans un musée, qui ne comprennent pas l'art mais qui sont des artistes sans le savoir puisque qu'ils fabriquent des meubles... Bref, des brutes au grand coeur, des provinciaux bruyants qui fatiguent la pauvre lectrice que je suis. En revanche, j'ai beaucoup aimé le personnage de Mathilde et surtout de Fabien, cet homme humble et discret mais avec sa fierté quand même, qui aime son métier mais qui souffre du manque de reconnaissance. Sa relation avec Mathilde, esquissée, est néanmoins très bien rendue. J'ai aimé le thème principal du récit, la question de savoir si oui ou non une oeuvre mérite d'être exposée dans un musée et qui décide, une question intéressante que je me suis déjà posée. Grâce à Davodeau, j'ai des éléments de réponse ! Ceci dit, Le Chien qui louche c'est surtout une occasion pour le lecteur de se promener dans les pièces du Louvre, de rencontrer de bien étranges personnages et de s'attarder sur des oeuvres illustres ou au contraire méconnues. Une fort jolie balade qui passe très rapidement et qui laisse une certaine nostalgie. De quoi donner envie à certain de découvrir ce musée au plus tôt...

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 12:21

L01.jpgPico Bogue t.6

Restons calmes

Dormal/Roques

éditions Dargaud

2013

 

ça faisait longtemps que nous n'avions pas parlé de bandes dessinées non ? Aujourd'hui nous allons donc nous pencher sur la série Pico Bogue. C'est une série que j'avais découvert chez mon grand frère et que j'avais bien aimé, aussi, quand j'ai vu qu'un nouveau tome était sorti, je me suis empressée de le lire... Dans Restons calmes, Pico et sa soeur Ana Ana partent en vacances au bord de la mer avec leur oncle Antoine. Pour ce dernier, c'est un rude moment qui s'annonce car les deux enfants n'ont pas la langue dans leur poche.

Vous me connaissez, je ne vais pas vous faire d'analyses sur le dessin car je ne suis pas franchement pas la plus compétente en la matière. D'un point de vue personnel, je peux seulement dire que j'aime assez ces petits personnages aux cheveux fous, plutôt esquissés que réellement dessinés et ces décors avec plein de petits traits partout qui donne à l'ensemble un côté faussement brouillon. Voilà pour le dessin. Concernant l'histoire, les héros ont un côté Calvin et Hobbes qui n'est pas pour me déplaire : Pico et Anna Anna sont tous les deux des enfants plus ou moins débrouillards aux paroles mordantes et à la curiosité sans limites qui mettent les nerfs de leur oncle à rude épreuve. Ce sont ceci dit encore des gamins qui pleurent quand ils sont fatigués et qui ont un regard sur le monde tout à la fois naïf et terriblement révélateur. Contrairement à Calvin et Hobbes ceci dit, je trouve Pico Bogue plus sage et moins cynique. Je préfère également le personnage de la petite soeur, pleurnicharde et raisonneuse à celui de son frère, plus classique. Question de point de vue je suppose! Pico Bogue en tous cas fait partie à mon sens de ces BD à l'univers double, adapté tout aussi bien aux enfants qu'aux parents et qui m'a fait passer un agréable moment.

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 14:14

L02.jpgJonah

Les sentinelles t.1

Taï-Marc Le Thanh

éditions Didier Jeunesse

2013

 

Un dernier roman jeunesse pour la route, et après on fait une pause si vous voulez bien, histoire de ne pas trop lasser ceux qui sur ce blog n'ont pas de goût particulier pour le genre.

Si la couverture de Jonah vous semble familière c'est qu'elle est illustrée par Rebecca Dautremer, une dessinatrice connue d'albums pour enfants et qui prête ses talents à son mari, Taï-Marc Le Thanh, romancier. Jonah, premier tome d'une nouvelle série fantastique, raconte l'histoire d'un petit garçon né sans mains. Placé à l'orphelinat tout bébé suite au décès de sa mère, Jonah se révèle bientôt un être à part, qui apporte la joie partout où il va et qui fait de l'institution un endroit où il fait bon vivre. Mais, à l'adolescence, le jeune garçon se retrouve victime de phénomènes étranges. Quelques temps après un accident bizarre, il se fait enlever par une organisation nommée les Sentinelles. Aussitôt ses amis de l'orphelinat décident de s'enfuir pour le retrouver.

Très joliment écrit, Jonah relève presque plus du conte que du roman traditionnel. Dans ce livre, les gens chantent et dansent , des fous se déguisent en jardiniers et les enfants sont mignons et espiègles. Le ton est léger, l'humour n'est jamais loin et, malgré certains événements dramatiques, il apparaît bien vite évident que, comme dans tout conte, rien de grave ne peut en définitive arriver aux personnages. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, j'ai apprécié ce style volontairement naïf et cet univers qui n'hésite pas à se moquer de lui-même avec un directeur d'établissement qui vit en permanence dans un univers de comédie musicale alors qu'il déteste ça, ou les camarades de Jonah qui rappellent fréquemment aux lecteurs qu'ils ne sont que des personnages secondaires. L'auteur a également eu l'intelligence de sortir des sentiers battus du roman pour jeunesse traditionnel; loin de faire de Jonah un orphelin malheureux et battu, il en fait un jeune garçon heureux et bien chez lui. Les Sentinelles, une organisation qui connaît les pouvoirs du héros n'apparaît pas de ce fait comme un refuge et un endroit rêvé mais comme une prison qui veut imposer à Jonah son mode de vie. Après, si j'ai aimé cet ouvrage, je n'en suis pas non plus une fan absolue : j'ai été un peu déçue par la troisième partie, expédiée de manière brutale par rapport aux deux autres et par les considérations légèrement cuculs sur l'amour, la vie, les fleurs, etc. Mais il s'agit d'un roman pour enfants alors on peut pardonner ce genre d'écarts d'autant plus que l'intrigue est intéressante et annonce une série de très bonne facture. Aventure à suivre...

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 21:18

L08.jpgLes Boloss des Belles Lettres

La littérature pour tous les waloufs

Q.Leclerc/Michel Pimpant

éditions J'ai Lu

2013

 

Je ne sais pas ce qu'il m'a pris : il y a des idées comme ça qui vous paraissent super intelligentes sur le coup, vous êtes pleine d'enthousiasme et puis, quand vous vous retrouvez devant le fait accompli, vous vous demandez bien ce qui vous a pris. Un peu comme un lendemain de beuverie, sauf que promis, je n'avais pas bu quand j'ai décidé d'emprunter Les Boloss des Belles Lettres.
Les Boloss des Belles Lettres c'est le hit des ventes en ce moment dans le rayon humour avec La femme parfaite est une connasse et Baffie, ça vous donne une idée du niveau. C'est un ouvrage qui reprend tous les classiques de la littérature, Frankenstein, Dracula, Le père Goriot, l'écume des jours, etc. et qui vous les résume en langage kaira. Voilà voilà. Vous apprendrez ainsi que madame Bovary est une "petite zouz campagnarde pas dégueulasse" et que Le Nom de la rose c'est "Aristote chez normanfaitdesvideos c'est les p'tites enquêtes izi chez Chaussée aux Moines". Passé le premier résumé où vous êtes toute contente parce que vous comprenez, hé hé je suis pas une vieille aigrie trop la classe je comprends le langage racaille moi aussi! l'ouvrage perd complètement de son intérêt. C'est répétitif, les auteurs se servant toujours des mêmes ficelles pour résumer l'ouvrage dont ils parlent : une introduction rapide, un résumé et une conclusion toujours sous la même forme. Si encore le fond était pertinent! Mais bien loin de chercher à faire découvrir les oeuvres dont ils parlent, les auteurs multiplient les inexactitudes et ne se soucient que de glisser  en vrac un maximum de jeux de mots et d'allusions pourries aux séries et à la télé-réalité. Ah ah qu'est-ce qu'on se marre... On peut légitiment s'interroger sur le pourquoi du livre qui est dédié en toute simplicité à la littérature. Mouais encore faut-il vraiment l'aimer la littérature et ne pas faire semblant. Les Boloss des Belles Lettres c'est un faux ouvrage humoristique qui se veut culturel, une tentative ratée et démagogique de rendre la littérature plus vivante, ce qui est d'autant plus navrant quand le livre s'intéresse à des ouvrages comme Zazie dans le métro qui est beaucoup plus intéressant et beaucoup plus vivant que son pseudo-résumé. Soyez gentils s'il vous plaît : laissez tranquilles nos Belles-Lettres poussiéreuses et nos descriptions à rallonge qui ne vous ont rien fait, ou la prochaine fois, je fais une analyse philosophique de Camping...

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 11:47

L02.jpgLa mort préfère Ava

Maïté Bernard

éditions Syros

2013

 

L'ennui avec les romans fantastiques ou de science-fiction, que ce soit en jeunesse ou en adulte, c'est que si vous ne faites pas attention, vous pouvez tomber sur le dernier volume paru d'une série et vous retrouver avec une histoire déjà bien entamée et des personnages qui sont supposés vous être déjà familiers mais que vous ne connaissez ni d'Eve ni d'Adam. C'est ainsi que, par mégarde, j'ai emprunté La mort préfère Ava, troisième tome d'une série pour les dix douze ans ou plus si affinités.

L'histoire c'est celle d'Ava, une jeune fille qui a le pouvoir de voir les fantômes depuis l'âge de trois ans et dont la mission est de les consoler, autrement dit de les faire mourir pour de bon. Bon, relativisons : Ava n'a que seize ans et pour l'instant elle travaille sous la tutelle de Cécilia, une vieille femme au passé mystérieux, consolateur elle aussi, à charge de lui succéder. En attendant, l'adolescente a plein de bonnes idées : créer des groupes de paroles pour les fantômes, établir des recensements... Afin de s'exprimer, elle se rend sur Guernesey où elle doit participer à l'assemblée annuelle des consolateurs. Mais, là-bas, rien ne se passe comme prévu : Cécilia fait l'objet d'une enquête et Ava se heurte à des revenants plus intéressés par ses histoires d'amour (Finira-t-elle avec Marco ou Alistair ?) que par ses idées...

Bon, malgré quelques lacunes, j'ai réussi à reconstituer plus ou moins le début de la série et à rentrer dans une histoire assez sympathique qui mêle fantastique et humour sans prétention aucune. L'auteur prend pour cadre de ce volume l'île de Guernesey ce qui est l'occasion pour elle de glisser également quelques notions d'histoire et de géographie assez intéressantes et plutôt bien traitées. Les personnages sont amusants. Un bémol toutefois : l'intrigue est assez pauvre et on attend en vain des rebondissements qui n'arrive que sur le tard. La mort préfère Ava est de toute évidence plus un livre "bouche-trou" dans la série, un roman de transition avant d'aborder un nouveau grand tournant dans l'histoire. De fait, le récit se termine un peu en queue de poissson, laissant le lecteur légèrement sur le carreau et plutôt frustré. Après me direz-vous c'est une technique comme une autre pour se précipiter sur la suite... Le livre de Maïté Bernard de façon générale m'a fait penser à la série de Brussolo, Peggy Sue et, à défaut d'être inoubliable, il m'a en tous cas donnée l'envie de découvrir le cycle depuis le début.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 10:00

L01.jpgBig-Easy

Ruta Sepetys

éditions Gallimard Jeunesse

2013

 

Nouvelle-Orléans, 31 décembre 1949. Josie Moraine, dix-sept ans, travaille dans la librairie d'un ami tout en faisant le ménage dans la maison close du Quartier Français où travaille sa mère. Fille d'une prostituée, fréquentant des prostituées, tout le monde s'attend à ce que la jeune fille en devienne une à son tour. Mais Josie a un rêve : celui de quitter la Nouvelle-Orléans, une ville où elle est stigmatisée et reconnue, pour entrer à l'université de Smith, un prestigieux établisssement situé dans le Massachusetts. Difficile quand on n'a ni recommandations ni argent... A la veille du Nouvel-An, un homme entre dans la boutique pour acheter des livres : il est beau, gentil, cultivé et ressemble au père que Josie rêverait d'avoir. Mais le rêve tourne au cauchemar lorsque Josie apprend le lendemain que l'homme a été assassiné.

Nous avions déjà parlé de Ruta Sepetys avec le très beau livre Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre qui racontait l'histoire d'une jeune lituannienne déportée en Sibérie avec toute sa famille par le régime soviétique durant la seconde guerre mondiale. Changement de décor avec ce livre flamboyant qui nous plonge au coeur d'une Nouvelle-Orléans tout en ombres et en lumières, une ville grouillante de vie et de mort qui mêle indifféremment bordels et librairies, bourgeois et gueux, blancs et noirs. Le décor est magnifiquement planté par un auteur qui rend à la perfection cette ambiance d'après-guerre tout en musique et en violence contenue. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, Big Easy n'est pas un roman manichéen : si la mère de l'héroïne est effectivement affreuse, Ruta Sepetys présente la tenancière de la maison close, Willie, comme une femme acariâtre mais généreuse. A l'inverse les gens bien comme il faut ne sont pas non plus épargnés et Josie elle-même est une figure trouble : rêvant d'une autre vie, elle est prête à tout pour ça, y compris à mentir. Elle hésite, elle tâtonne et se montre parfois méprisante vis-à-vis de ce monde qu'elle rêve de quitter. De ce fait c'est un personnage attachant car justement elle n'est pas parfaite, pleine de doutes et de terreurs. L'avantage du récit, c'est qu'il ne tombe pas non plus dans la facilité, le "tout s'arrange finalement pour tout le monde" et le happy end révoltant. Big-Easy est une narration en demi-teinte ;  les bons ne sont pas toujours récompensés ou leurs histoires restent en suspens. Il y a beaucoup de non-dits. Le roman est aussi un peu un roman d'apprentissage : pour grandir Josie va devoir faire le deuil de certains rêves ; admettre que sa mère ne l'aimera jamais, admettre que son père n'était peut-être pas un homme bien également, admettre que certaines histoires d'amour finissent mal et qu'il faut beaucoup essuyer beaucoup d'échecs et de désillusions avant d'avancer... Que dire de plus ? Big Easy est un très joli livre, très émouvant et qui fait de Ruta Sepetys l'un de mes auteurs jeunesse préférés du moment.

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 09:15

L04.jpgFrankenstein

Mary Shelley

éditions Flammarion

1818 (seconde édition en 1831)

 

L'histoire commence lors d'une soirée en Suisse. Dans la résidence de lord Byron, quatre invités se sont réfugiés pour échapper à la pluie. Il y a le docteur Polidori, le poète Shelley, sa maîtresse Mary Godwin une jeune femme d'à peine dix-huit ans et la demi-soeur de cette dernière Claire Clairmont qui est la maîtresse de Byron et qui deviendra plus tard celle de Shelley. Comme il n'y a pas grand-chose à faire à part s'entretenir au coin du feu, ça bavasse sec et la conversation s'oriente sur les histoires de fantômes. Tous s'échauffent et l'idée d'un jeu est lancée : pourquoi ne pas écrire chacun une histoire du style ? Nos convives s'enthousiasment. Au matin ceci dit, comme toute idée lancée au cours d'une beuverie, presque tout le monde a plus ou moins oublié d'autant plus que le beau temps est revenu. Tout le monde sauf Mary Godwin qui, un an plus tard, met la touche finale à son roman. Son titre ? Frankenstein.

Victor Frankenstein est un jeune homme enthousiaste et passionné, entouré d'une famille aimante, d'un ami fidèle et promis à la jolie et douce Elizabeth, une enfant trouvée que ses parents ont élevé et qu'il aime à la folie. Mais Victor est aussi un être curieux qui rêve de percer les mystères de la vie. Il découvre le moyen d'animer un être de chair morte et récupère alors des morceaux de cadavres pour créer la vie. Mais l'être qu'il crée est monstrueux d'aspect et suscite en lui horreur et répulsion. Frankenstein rejette son oeuvre et essaie de l'oublier. Pas longtemps hélas car le monstre hideux est fui par tous. Chassé, haï par les hommes, son désir d'être aimé se transforme en désir de vengeance  : et le premier à en souffrir va être son créateur. Méthodiquement, le monstre décide de s'attaquer à tous ceux que Victor aime...

Vous avez tous entendu parler de Frankenstein  qui a fait l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques et dont le mythe est devenu presque aussi célèbre que celui de Dracula. Difficile de croire que tout part d'un roman de jeunesse bourré d'incohérences (le monstre apprend à parler, lire et philosopher en moins de deux ans, Frankenstein peut créer la vie mais est incapable de ressusciter les êtres qui lui sont proches) et qui n'est pas sans longueurs, l'action étant souvent coupée par les lamentations des divers personnages. Ceux qui lisent aujourd'hui l'oeuvre de Mary Shelley en s'attendant à un roman d'épouvante en sont pour leurs frais : Frankenstein ne fait ni sursauter ni courir se réfugier sous ses draps et les scènes effrayantes sont minimes. Il y a la scène de la création du monstre, les scènes où la créature épie son maître à travers la fenêtre, un rictus hideux sur les lèvres, mais à part  ça... Le récit est avant tout d'inspiration romantique et la narration s'étend sur les merveilles de la nature, les montagnes de Suisse, les majesteuses glaces du Nord, la profondeur du Rhin, l'immensité d'une création qui fait écho à la douleur sans fond des différents personnages. Le paysage est exalté et les personnages expriment leurs souffrances dans des plaintes qui n'en finissent pas. Pleurs d'Elizabeth, regrets de Victor, isolement du monstre... Frankenstein n'est pas un récit d'horreur, c'est un récit de la solitude : difficile de définir qui est le plus à plaindre, du créateur qui voit les êtres aimés lui être arrachés un par un  ou du monstre qui se voit rejeté, privé d'amour à cause de son aspect. Le livre ne fait pas frémir mais il est angoissant. Ecrit par un auteur qui a côtoyé la mort de façon étroite toute sa vie (mort en couches de sa mère, trois enfants morts en bas-âge, suicide d'une demi-soeur et de la première femme de son mari, noyade enfin de Shelley lors d'un naufrage) Frankenstein nous renvoie à une peur profonde et contre laquelle on ne peut pas grand-chose : perdre un à un les êtres qu'on aime pour finir seul.

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