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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 18:12

L01.jpgMême pas mort

première branche

Jean-Philippe Jaworski

éditions les Moutons électriques

2013

 

Allez, aujourd'hui on va parler d'un ouvrage de fantasy soyez dans la joie! D'autant plus que là je n'ai aucune pitié et que j'ai fait ma sélection aux éditions Les moutons électriques qui est à Bragelonne ce que la série Game of Thrones est à Julie Lescaut. Allergiques au style ampoulé et aux noms improbables passez votre chemin. Les autres, vous pouvez rester.

Je n'avais jamais rien lu de Jaworski mais j'avais toujours entendu le plus grand bien de ses ouvrages, aussi me suis-je lancée dans sa toute nouvelle série, Même pas mort, un titre accrocheur pour une histoire plutôt complexe. Bellovèse est le fils d'un roi déchu: son père s'est fait tuer par son beau-frère et sa mère, son petit frère et lui-même ont été exilés au fin fond du royaume. Elevé comme un sauvageon, Bellovèse mène la belle vie jusqu'au jour où son oncle se souvient de lui et l'envoie guerroyer, espérant sa mort. Effectivement, le jeune homme se prend un coup mortel dès les premières joutes. Mais, oh surprise, il ne meurt pas...

Il faut un peu de temps pour entrer dans cet ouvrage à l'écriture ronflante, au style emphatique et mettant en scène un monde avec des civilisations étranges et des personnages aux noms impossibles. Mais, passé le cap des dix premières pages franchement ennuyeuses, on entre dans le coeur du sujet. La bonne idée de l'auteur c'est de créer une narration qui n'est pas linéaire et qui mêle astucieusement passé et futur et réel et irréel. Le lecteur louvoie entre les différents souvenirs du personnage sans bien savoir s'il s'agit de vrais souvenirs ou simplement de délires. Les époques se superposent et le récit forme une spirale dans laquelle nous nous laissons bien volontiers prendre. C'est un exercice difficile maîtrisé avec brio par un auteur qui de toute évidence aime jouer avec l'écriture. L'intrigue de l'histoire est plus classique, l'éternel roman d'apprentissage d'un jeune homme appelé contre toute attente à devenir un héros, mais là ;pour le coup, j'attends le second volume de la série pour voir où tout ça nous mène. Ceci dit, que j'attende le second volume d'un roman de fantasy est déjà en soi un bel exploit... A découvrir!

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 20:51

L01.jpgMauvaise étoile

R.J. Ellory

éditions Sonatine

2011

 

On retourne dans le roman policier mais avec un registre bien plus sombre que celui de Adler Olsen puisque nous allons parler aujourd'hui de Mauvaise étoile de Ellory, l'auteur de Seul le silence dont nous avions déjà parlé ici (il y a plus de quatre ans certes mais bon, faites un effort tout de même). Ellory n'est pas franchement un joyeux drille, en tous cas pas dans ses romans et si vous ne voulez pas vous plomber le moral, je vous déconseille ses oeuvres.

Clarence et Elliott, demi-frères, sont nés sous une mauvaise étoile : leur mère s'est faite assassiner par le père de Clarence et ils ont passé le plus clair de leur jeunesse en maison de redressement. Nous sommes dans les années 60 aux Etats-Unis, inutile de vous dire que leur enfance est loin d'avoir été folichonne. Les voilà âgés respectivement de dix-sept et dix-neuf ans; si Elliott l'aîné montre déjà des signes de violence et semble bien parti pour aller en prison dès sa majorité, Clarence en revanche, plus doux, ne rêve que d'évasion. Les deux frères sont cependant très attachés l'un à l'autre. Mais, un jour, un condamné à mort en transit les prend en otage pour s'évader et les embarque dans un périple qui va bientôt devenir une véritable boucherie...

Il faut entrer dans cette histoire déconcertante et dans un roman qui a un style qui n'a rien à voir avec celui d'un polar traditionnel; l'écriture est soignée, les dialogues rares et les personnages principaux ne sont pas ceux qu'on pourrait s'attendre à rencontrer. Au début, Clarence et Elliott sont deux gamins terrifiés et inexpérimentés, victimes d'une malchance qui semble les poursuivre. Mais, peu à peu, le lecteur se laisse vite happer par ce road-movie particulièrement atroce et par une violence qui va crescendo jusqu'à atteindre le summum. Je l'avais déjà dit pour Seul le silence; contrairement à d'autres auteurs, Ellory ne semble éprouver aucune fascination morbide pour les meurtriers et fait de Earl Sheridan d'abord, puis d'Elliott ensuite des hommes plutôt limités qui tuent pour le plaisir de tuer. Il est de fait difficile de s'identifier à eux d'autant plus que l'auteur prend le temps de raconter l'histoire de chacune des malheureuses victimes, ce qui ne rend que plus atroce leur mort. Elles ont chacune leur identité et ne sont pas des personnages secondaires mis là uniquement pour permettre à un brillant inspecteur de tirer les conclusions qui s'imposent. De fait, quand on y réfléchit, il y a autant, voire même moins, de cadavres dans Mauvaise étoile que dans n'importe quel autre ouvrage policier, mais leur mort est longuement décrite et a de fait beaucoup plus d'impact sur le lecteur. C'est un univers sombre, cru, brillant mais violent, avec un suspens qui ne part pas du tout dans la direction qu'on pourrait croire. Bref, un ouvrage que vous ne pourrez pas offrir à votre grand-mère adepte de Mary Higgins Clark mais que je vous encourage vivement à lire.

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 21:09

L08.jpgDocteur Sleep

Stephen King

éditions Albin Michel

2013

 

Comme la plupart des fans de Stephen King, j'étais impatiente de découvrir Docteur Sleep, la suite officielle de Shining, l'un de mes livres fantastiques préférés étant ado. Que dire? Ma déception a été à la hauteur de l'attente.

Trente-cinq ans se sont écoulés depuis la destruction de l'Overlook et Danny Torrance, notre héros, a bien grandi. Tout comme son père, il est devenu alcoolique, en partie pour échapper aux fantômes du passé. Mais son arrivée dans une petite ville du New Hampshire le pousse à changer de vie :  il devient sobre, s'inscrit aux AA et se sert de ses dons pour accompagner les mourants en douceur dans l'autre monde... Tout se passerait bien pour lui si bientôt sa route ne croisait pas une adolescente, Abra. Tout comme lui, Abra est dotée de pouvoirs étranges, des pouvoirs qui malheureusement attire à elles des vampires d'un genre un peu particulier, des hommes et femmes qui se nourrissent du Don.

Il y a tous les ingrédients du Stephen King traditionnel; des enfants aux pouvoirs paranormaux, des héros un peu largués, des petites villes au fin fond des Etats-Unis, des flash-backs... mais ça ne marche pas. Vraiment, vraiment pas. Ce qui faisait la force de Shining, de Salem ou encore plus récemment de Dôme, c'est ce huis-clos angoissant que notre auteur parvenait à générer et la confrontation de différents personnages qui tournait rapidement au désastre. Les héros se retrouvaient livrés à eux-mêmes et à leurs démons. Là, rien de tel puisque Docteur Sleep a une narration qui s'étend aussi bien dans le temps (entre le début du roman et sa fin il s'écoule quand même quinze ans) que dans l'espace (le Noeud vrai sillonne les Etats-Unis, Danny voyage). L'action est diluée, l'effet d'étouffement manque et le lecteur rapidement s'ennuie. L'héroïne est une tête à claques et les grands méchants ne présentent absolument aucun intérêt : en dépit de leur statut de quasi-immortels, ils se comportent ni plus ni moins comme des humains. On est bien loin des fantômes de l'Overlook, des vampires de Salem, des clowns tueurs ou des infirmières givrées. Quant à Danny... C'était pour le coup une bonne idée d'en faire un alcoolique mais loin de partir dans cette direction et de construire une intrigue basée sur la face sombre de son personnage, Stephen King préfère s'en détourner presque immédiatement pour repartir sur une intrigue vue et revue, de même qu'il n'insiste pas assez à mon sens sur son métier officieux de "Docteur Sleep", idée que je trouvais pour le coup assez poétique. Pas une seule fois je n'ai ressenti la petite angoisse que je ressentais autrefois quand je lisais Salem ou ça et que j'ai ressenti encore un peu en lisant Dôme. En revanche, n'ayant pas pu entrer dans la narration, j'ai donc pu tout à loisir retrouver des "tics"d'écriture de King qui sont franchement agaçants quand justement on n'est pas pris par l'histoire: les parenthèses pour finir des phrases ou représenter des pensées, les interruptions, les flash-backs en italique... Bref, un joli fiasco qui me ferait presque regretter que le petit Danny ne soit pas mort trente-cinq auparavant.

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 13:12

L01.jpgDossier 64

Jussi Adler Olsen

éditions Albin Michel

2010

 

Après Miséricorde, Profanation et Délivrance, notre inspecteur danois préféré, l'inspecteur Morck, rempile pour une quatrième aventure avec son duo de choc, l'insaisissable Assad et la schizophrène Rose. Cette fois le département V, le département spécialisé dans les "cold cases" enquête sur une série de disparitions ayant eu lieu dans les années 80. Presque toutes ces disparitions semblent plus ou moins liées à un groupe politique d'extrême-droite et à son leader, Curt Wad, actuellement âgé de 98 ans...

Comme toujours dans les romans de Adler Olsen, le début est un peu difficile, l'action longue à se mettre en place et le lecteur se demande, une fois de plus, s'il arrivera à rentrer dans l'enquête. Et, comme d'habitude, quelques pages plus tard, nous nous laissons emporter par une histoire qui tient avant tout à ses personnages. Inutiles de revenir sur les héros réccurents, Morck, Rose ou Assad qui sont, comme à leur habitude, excellents. Intéressons-nous plutôt aux héros secondaires, Nette Rosen ou Curt Wad : a priori, l'une est clairement la victime (Nette) tandis que l'autre apparaît comme le bourreau (Curt). Mais, tout au long de la narration, les cartes se brouillent et la "victime" apparaît de moins en moins angélique tandis que l'autre tend à devenir un vieillard usé et fatigué, troublé par la mort imminente de sa femme. Ainsi, si l'ouvrage reste quand même relativement manichéen (le personnage de Curt reste affreux), l'auteur prend un malin plaisir à brouiller les cartes, et par le jeu de la narration alternée (flash-backs et action qui se déplace d'un personnage à un autre) à nous faire voir le monde à travers les yeux des différents protagonistes. Le point faible de notre romancier, c'est une intrigue un peu simple, avec des artifices assez grossiers et un dénouement relativement prévisible. Son point fort en revanche c'est un savant mélange d'humour noir et d'horreur, de cynisme et de bienveillance, à l'image de son héros partagé entre sa conscience professionnelle et un quotidien qui n'est pas de tout repos. Bref, Dossier 64 est un polar qui arrive à faire rire tout en suscitant un léger malaise et ça, ce n'est pas donné à n'importe quel livre....

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 19:40

L03.jpgLa saga des favorites

Jean des Cars

éditions Perrin

2013

 

Après Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises, j'étais en manque d'une certaine conception de l'histoire, patriotique, romancée avec des trémolos dans l'écriture et des clichés à la pelle. C'est donc tout logiquement et en toute connaissance de cause que je me suis penchée sur La saga des favorites de Jean des Cars. Notre auteur, journaliste à Paris-Match et au Figaro (gage de qualité) se penche sur le destin de ces femmes, maîtresses de princes et de rois  qui ont eu sur eux une influence déterminante, artistique, politique ou économique. Vous saurez donc tout sur madame de Maintenon ou la Pompadour, Wallis Simpson ou miss Howard. Enfin tout... c'est du des Cars hein, c'est très gentillet. Ne vous inquiétez pas, il n'y a donc ni considérations géopolitiques poussées, ni analyses psychologiques détaillées, juste de gentilles histoires de coucheries royales. Vous apprendrez donc, oh scoop, que Agnès Sorel se rasait le pubis et que le prince de Galles faisait de la tapisserie, que tous ces monarques étaient amoureux mais que les favorites étaient souvent de méchantes intriguantes et que l'amour c'est bien compliqué ma pauvre dame. Je suis un peu déçue de ne pas avoir eu plus de détails croustillants sur les secrets d'alcôves, des histoires d'huile de jasmin ou de rois qui aiment se faire fouetter mais avec Des Cars on reste dans le soft et dans la jolie photo et les belles gravures. Vous n'êtes pas dans Closer voyons! Bon, blague à part, vous avez compris je pense que La saga des favorites ne présente aucun intérêt si ce n'est celui d'un quelconque magazine féminin. Vous lisez ça parce que vous n'avez pas envie de vous faire mal au crâne et que ça passe bien le soir. Si vous avez aussi une petite mamie dans votre entourage passionnée par l'histoire des têtes couronnées (si si ça existe encore paraît-il) c'est le cadeau idéal. A part ça, ce livre ne vous apportera pas grand-chose si ce n'est l'idée que la notion d'"ouvrage historique"  est assez large...

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 11:54

L02.jpgL'écorchée

Donato Carrisi

éditions Calmann-Levy

2013

 

Il y a de cela quelques années est sorti un roman policier dont nous avons déjà parlé ici, Le chuchoteur. Un livre plutôt sympa et qui avait fait l'unanimité malgré un style de qualité médiocre. Aujourd'hui, l'auteur revient sur le devant de la scène avec la suite, L'écorchée.

Sept ans se sont écoulés depuis l'affaire du chuchoteur. Mila Vasquez a fait désormais le choix de travailler au bureau des personnes disparues. Elle essaie de retrouver ces hommes, femmes et enfants qui, un jour, semblent s'être volatilisé de la surface de la terre, certains depuis des années. Un travail qui convient parfaitement à son tempérament solitaire et à son incapacité totale à ressentir des émotions. Mais, un jour, son ancien collègue, Boris, vient la sortir de sa retraite : une famille entière à l'exception du plus jeune s'est fait fait massacrer et le meurtrier n'est rien d'autre qu'un des disparus de notre héroïne. Mila se lance dans l'enquête, aidée officieusement par Simon Berish, un paria de la police...

Donato Carrisi m'avait un peu déçue avec son dernier livre Le tribunal des âmes, aussi c'est avec beaucoup de précautions que j'ai abordé L'écorchée. Il faut être honnête : Donato Carrisi est loin d'avoir un beau style et il écrit même plutôt mal. Déjà, dans Le chuchoteur, tout l'intérêt du roman résidait dans l'intrigue mais une intrigue qui pour le coup était particulièrement soignée et prenante. Avec l'écorchée, le risque majeur était de faire du réchauffé, l'effet de surprise étant passé. De fait, le livre est un semi-échec : le personnage de Mila est intéressant mais sonne un peu creux. Présentée comme un être dépourvu de sentiments par l'auteur, cette particularité ne saute pas immédiatement aux yeux du lecteur qui la voit plutôt comme un personnage usé par la vie mais pas inhumain. Quant au personnage de Berish, il aurait gagné à être développé. L'intrigue a de plus effectivement un petit goût de déjà-vu, avec des retournements de situations, des protagonistes qui ne sont pas ce qu'ils devraient être et des indices un peu tirés par les cheveux. Ceci dit, je ne dirais pas que j'ai détesté L'écorchée. J'ai lu le livre assez rapidement ce qui tend à prouver que l'intrigue n'est pas si mauvaise que ça puisque je voulais vraiment connaître la fin (quand vous ne terminez pas un roman policier ou que vous traînez, un indice : c'est vraiment un très mauvais roman). De plus, l'auteur s'intéresse à un phénomène qui nous fascine tous, celui de ces personnes disparues qui, au fond, avait déjà disparu bien avant qu'on le signale: marginaux, adolescents fragiles, vendeuses anonymes, femmes battues...toutes ces ombres que Donato Carrisi s'emploie à nous décrire succintement mais qui, confondus,  finissent par prendre plus d'importance que les personnages principaux. Un joli tour de force qui fait pardonner beaucoup de choses.

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 11:32

L05.jpgNos ancêtres les Gaulois et autres fadaises

François Reynaert

éditions Le livre de Poche

2010

 

Nous avions parlé il y a peu de l'Orient mystérieux et autres fadaises que j'avais beaucoup apprécié. Alléchée par cette lecture, je me suis décidée à me plonger dans le premier livre d'histoire de François Reynaert, Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises. Autant vous le dire tout de suite : si j'avais commencé par celui-ci, je n'aurais vraisemblablement jamais ouvert le second (ce qui aurait été ceci dit ma foi bien dommage).

Dans cet ouvrage, François Reynaert se propose de mettre à bas tous les clichés de l'histoire de France pour la raconter de la façon la plus objective possible : Jeanne d'Arc n'était pas la seule héroïne de son époque, Napoléon n'était pas un grand homme, la première guerre mondiale n'avait rien de noble, le Moyen-Age n'était pas une époque aussi obscure qu'on le croit de même que la Renaissance avait ses parts d'ombre, l'idée même de nation est une invention toute récente, etc.

L'idée était bonne... et à mon humble avis voué à l'échec. Quand il parle de l'Orient, François Reynaert a très probablement un regard plus neutre que lorsqu'il parle de la France. Mais, qu'il le veuille ou non, en parlant de son pays, l'auteur est forcément subjectif et cette subjectivité se retrouve tout le long de son récit ; si vous aviez un doute sur les positions politiques de notre homme, vous n'en avez plus à la fin de Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises. En soi, ça ne me dérange pas mais pour quelqu'un qui prétend réécrire l'histoire en toute neutralité je trouve ça un peu dérangeant : reconnaissons-lui ceci dit ce mérite, François Reynaert s'attarde très peu sur l'époque actuelle, par peur sans doute de perdre cette sacro-sainte objectivité (je ris) qui le caractérise. Pour en revenir au texte, je ne suis pas non plus séduite par une succession de chapitres assez confus qui fait la part belle aux considérations théoriques mais s'intéresse au fond peu aux faits. La seconde guerre mondiale est survolée, l'auteur, même s'il s'en défend, tombant dans le cliché du méchant collabo et des gentils résistants; la révolution française est abordée avec beaucoup de précautions... L'histoire la plus ancienne est finalement la plus intéressante, l'auteur rappelant intelligemment qu'à cette époque la notion de nation n'existait pas vraiment et mettant en garde contre les anachronismes. Pour le reste... voilà quoi, bof. Je ne suis pas franchement convaincue. Je m'interroge sur la finalité du livre: était-ce en réaction au livre de Lorent Deutsch, Metronome, tout aussi médiocre que celui-là mais avec des sympathies politiques de toute évidence complètement opposées ? Tous les deux après tout ont en commun une chose: ils ne sont pas historiens, mais leurs ouvrages ont pourtant très bien marché. Voilà de quoi laisser songeurs... et un peu inquiets.

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 20:08

L09.jpgIvanhoé

Walter Scott

éditions Livre de Poche

1819

 

J'avoue, j'étais sortie de ma lecture de Rob Roy un peu fâchée contre Walter Scott et ne comprenant pas bien la célébrité d'un auteur au style aussi ennuyeux. Les 1001 livres... et la lecture d'Ivanhoé m'ont permis de revenir sur mes préjugés.

Angleterre, XIIème siècle. Ivanhoé, jeune chevalier saxon que son père a désavoué à cause de sa sympathie pour les normands ("les colonisateurs") et le roi Richard Coeur de Lion, revient incognito de croisade. L'occasion pour lui d'admirer en cachette les beaux yeux de sa cousine Rowena et d'aspirer à une action qui le réhabiliterait aux yeux du patriarche et  qui lui permettrait d'épouser sa dulcinée. ça tombe bien, un tournoi a lieu dans quelques jours, organisé par le frère du roi, Jean. Aidé du juif Isaac et de sa douce fille, Rébecca, Ivanhoé se déguise et se rend sur les lieux de la joute. Mais les choses sont loin de se dérouler comme prévu; Ivanhoé se retrouve blessé et ne doit son salut qu'à l'apparition d'un chevalier encore plus mystérieux que lui...

Amours, tournois, complots politiques, moines joyeux et templiers sinistres, chevaliers brutaux et gentes dames, on trouve de tout dans ce roman qui, pour moi, avant d'être un roman historique est surtout un roman d'aventure. Et quel roman ! Walter Scott ne s'embarrasse guère ici de vraisemblance, allant même jusqu'à "ressusciter" plus ou moins un personnage car son éditeur ne se remettait pas de sa mort et faisant ça et là quelques anachronismes bien excusables. Ivanhoé c'est le récit de la rivalité entre saxons et normands avant que les différences se fondent en une seule nation, c'est également l'histoire d'un roi, Richard Coeur de Lion, personnage devenu aujourd'hui légendaire, qui cherche à retrouver son trône et qui doit pour se faire, déjouer les complots de son frère.  Le récit est enlevé, léger et souvent ironique. Les personnages sont merveilleusement rendus. Paradoxalement, le plus terne d'entre eux est le héros éponyme qui joue le rôle du jeune premier parfait et diablement ennuyeux. Sa promise, Rowena n'est guère plus intéressante, son rôle se bornant essentiellement à se faire enlever et à pleurer. En revanche, on ne peut que rire devant le personnage de Cédric, le père d'Ivanhoé, ce noble saxon qui s'attache avec obstination à un monde qui se meurt, ou encore devant Athelstane, l'ami de ce dernier, dont la principale préoccupation est de manger et de boire. Le roi Richard Coeur de Lion est quant à lui parfaitement représenté dans le rôle du roi débonnaire mais colérique, tout aussi capable de combattre que de festoyer. Sa scène avec un frère rencontré dans les bois, le frère Tuck (car oui, nous avons aussi Robin des Bois dans ce livre) est l'une des plus réussies du livre. Enfin, il serait injuste de ne pas nommer la juive Rébecca dont la douceur, la détermination, la foi et l'amour sans espoir pour Ivanhoé en font sans aucun doute le personnage le plus attachant de l'histoire.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur Ivanhoé, que ce soit sur le style ou sur les péripéties. Mais, pour le coup, je préfère plutôt vous inciter à le lire malgré son épaisseur. En effet, en ce qui me concerne, ce livre mérite amplement sa place dans Les 1001 Livres...

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 19:23

L01.jpgIl n'y a pas de sparadraps pour les blessures du coeur

François Szabowski

éditions Aux Forges de Vulcain

2013

 

A la fin de l'ouvrage, nous avions laissé le héros des femmes n'aiment pas les hommes qui boivent  amant de sa voisine sexagénaire, Rose, après avoir dupé le mari et l'avoir envoyé au fin fond du pays sans argent et sans papiers. C'est dans ce contexte que nous retrouvons François Chaboeuf, alias François Szabowski, le copiste mythomane qui, lassé des exigences érotiques de sa vorace compagne aimerait bien cependant se faire entretenir par cette dernière pour acheter de l'alcool et se consacrer à son second roman. Las. Les choses ne se déroulent pas comme prévu et François se retrouve bientôt à la rue avec un avenir pour le moins incertain.

Ne cherchez comme d'habitude aucune logique, il n'y en a pas. Comme pour le premier tome, Il n'y a pas de sparadraps pour les blessures du coeur enchaîne les situations absurdes et les événements improbables, le tout raconté par un narrateur fêlé pour invente sa vie pour ensuite mieux la croire.  Punks polonais, jumelles délinquantes, éléphant voyou,  sexagénaire nymphomane, artistes bobos et gitans menaçants rythment un récit surréaliste. La surrenchère pourrait devenir lassante, d'autant plus que nous avons eu Les femmes n'aiment pas les hommes qui boivent et que nous sommes déjà habitués à ce style pour le moins particulier. Heureusement, l'auteur à mi-parcours a une sage idée et donne à son personnage de copiste une nouvelle dimension en le faisant tomber amoureux d'une femme tout aussi extravagante que lui. Le narrateur jusque là plutôt antipathique devient assez touchant car même si son amour, à l'image de sa personnalité, est totalement disfonctionnel, il y a en lui quelque chose d'héroïque  (et de très inquiétant). Le lecteur de ce fait se laisse peu à peu contaminer par la folie douce d'un personnage aussi mythomane en amour qu'il l'est dans le reste de sa vie et ce, jusqu'à un dénouement à la fois prévisible et inattendu. En bref, encore un pari réussi pour notre copiste.

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 13:18

L01.jpgL'Orient mystérieux et autres fadaises

François Reynaert

éditions Fayard

2013

 

Me revoilà ! Le rush de Noël est passé et, avant d'entamer une nouvelle année, rien de tel qu'un livre un peu sérieux pour terminer 2013. Sortez vos manuels, nous allons faire un peu d'histoire.

Du monde arabe et de l'Orient en général, nous avons il faut bien le reconnaître une vision parfois assez tronquée. Soit on pense à des barbus menaçants faisant exploser des avions, soit on pense à un génie émergeant d'une lampe ou à des sultans se promenant au milieu de leur harem. Entre la vision des 1001 nuits et celle du terrorisme, il existe cependant une toute autre réalité que François Reynaert s'emploie à nous faire découvrir dans L'Orient mystérieux et autres fadaises. Le livre est ambitieux car il part de la fin de l'Empire romain et va jusqu'au printemps arabe et même un peu après. Il s'agit pour l'auteur de brosser le portrait le plus neutre et le plus clair possible de civilisations que beaucoup d'entre nous connaissent mal. Ainsi j'ai appris, entre autres, que les chrétiens d'Orient n'étaient pas moins légitimes que les chrétiens d'Occident, que les croisades omniprésentes dans notre histoire ne représentent guère d'importance dans celle du monde arabe et que les branches de l'islam sont nombreuses et variées. Très instructif, L'Orient mystérieux et autres fadaises s'est révélé être également une lecture assez passionnante et ce, malgré son épaisseur. Certes, j'avoue que je suis encore un peu perdue entre les sunnites et les chiites et entre les différents princes et leaders qui ont fait la civilisation arabe mais, au moins, j'ai pu me débarrasser de quelques clichés et appréhender l'Orient d'une toute autre manière. Déjà pas mal non ?

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