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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 19:46

L05.jpgBZRK

Michael Grant

éditions Gallimard Jeunesse

 

Non, je ne prononcerai pas à voix haute le titre de ce livre. Je suppose que ça se dit "Berserk" mais je ne me lancerai pas dans le débat. BZRK c'est la toute nouvelle série du papa de Gone qui, s'il s'adresse toujours à un public adolescent, choisit cette fois la science-fiction, Gone étant plutôt du fantastique.

Nous sommes en 2040. Les technologies ont évolué et des entreprises se sont lancées dans la nanotechnologie, se servant de minuscules insectes guidés par des humains pour explorer le cerveau. Deux organisations se livrent à une guerre sans merci: BZRK, désireux de continuer les recherches sans pour autant anihiler toute espèce de liberté individuelle et le clan des jumeaux Armstrong qui eux, au contraire, désirent se servir des nouvelles technologies pour façonner les consciences et créer un monde avec une pensée unique mais en paix.  BZRK recrute deux adolescents au sein de son groupe: Sadie, seule survivante de la famille à l'origine de la découverte des nanotechnologies, et Noah, un jeune anglais qui veut faire honneur à son frère, un ancien membre de l'association devenu fou. Tous deux vont avoir pour tâche d'empêcher les frères Armstrong d'infiltrer les cerveaux des principaux dirigeants du monde...

J'ai été assez déçue je le reconnais mais il s'agit pour le coup plutôt d'une question de goût. La science-fiction n'a jamais été mon fort et autant j'aime le climat fantastique et vaguement inquiétant de Gone, autant je n'ai pas adhéré à l'univers informatique et technologique de BZRK. Passées des premières scènes plutôt réussies, avec notamment un crash d'avion spectaculaire, le reste m'a un peu ennuyée: les explications techniques, les petits insectes métalliques, les geeks qui dirigent le monde via leur ordinateur... Les descriptions sont amusantes (imaginez un corps humain vu à l'échelle d'un être plus petit qu'une puce) mais n'ont pas réussi à me faire oublier les quelques longueurs du roman. Les personnages sont sympathiques mais pas franchement attachants... Bref, ce roman m'a laissée de marbre. Problème de construction du récit ? (l'intrigue met beaucoup de temps à se mettre totalement en place) Simple question de goût? Probable. Toujours est-il que j'attends avec beaucoup plus d'impatience la suite de Gone que de BZRK...

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 19:22

L02.jpgLe trône de fer t.14

Les Dragons de Meereen

George R.R Martin

éditions Pygmalion

 

La vie est une vallée de larmes, plus remplie d'attente fièvreuse que de joies réelles. Et, comme si cela ne suffisait pas, des sadiques contribuent à la rendre plus éprouvante. Aujourd'hui, ces sadiques ont un nom: ils se nomment les éditions Pygmalion, ces êtres maléfiques qui un jour eurent l'idée de traduire un gros roman en plusieurs livres histoire de tripler les bénéfices et de rendre leurs lecteurs fous.

Bon, vous avez compris, on va parler de la suite du Trône de fer. Amis non avertis allez-vous en. Promis, un jour on parlera de Cinquante nuances de Grey.

Cette fois l'hiver est définitivement installé et ça rigole plus dans le royaume des sept couronnes et ailleurs. Dans le Nord, à Winterfell, on célèbre un mariage qui n'est pas du goût du roi Stannis. Ce dernier, fonçant avec son armée pour reprendre le château, laisse enfin John Snow libre de ses mouvements. Dans le Sud, Tyrion fait prisonnier par une de nos vieilles connaissances, s'apprête à rencontrer la reine des Dragons en personne. Cette dernière pour préserver son peuple s'apprête à contrecoeur à se marier également...

ça avance, ça avance tout doucement. Les dragons de Meereen, heureusement, est beaucoup plus intéressant que le précédent volume. L'intrigue est lancée, des personnages très intéressants reviennent et, à défaut d'espérer un jour voir la famille Stark se réunir, quelques retrouvailles semblent s'amorcer (si si on y croit). Suite et fin de la traduction en début d'année. Après, il ne restera plus qu'à espérer que l'auteur se dépêche d'écrire la suite...

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 10:31

L02.jpgUne place à prendre

J.K Rowling

éditions Grasset

 

Elle était attendue au tournant: cinq ans après la sortie du dernier tome d'Harry Potter, Rowling publie un nouveau roman, à destination des adultes cette fois, et le moins que l'on puisse dire... et bien,  c'est que c'est surprenant.

Barry Fairbrother, notable de la paisible petite bourgarde de Pagford, est un quadragénaire dynamique et aisé qui milite pour les jeunes et moins jeunes du quartier défavorisé rattaché à la ville, alors que ses opposants voudraient à l'inverse voir ce quartier incomber  à la ville voisine de Yarville et faire fermer le centre de désintoxication. Le combat de Barry prend brutalement fin lorsqu'il succombe à un anévrisme sur le parking d'un restaurant. Sa place demeurée vacante au conseil paroissiale devient alors objet de convoitise, tant pour les amis du défunt que pour ses ennemis puisque la personne qui occupera ce siège pourra faire pencher la balance et décider du sort de la cité...

Ne cherchez ni gentils lutins, ni actes d'héroïsme, ni personnages attachants dans Une place à prendre. Les ados sont des obsédés boutonneux aux cheveux gras, les vieux sont des obèses réacs, les mères de familles fantasment sur les chanteurs qu'écoutent leurs filles, les vieilles distillent leurs ragots et leur venin... L'auteur met sous les projecteurs tous les travers des protagonistes et dépeint sans complaisance la mère droguée, le proviseur paranoïaque, le père violent...Pour un retour à la réalité, Rowling y va fort, mais vise au demeurant assez juste. La psychologie de ses héros est fine, ce qui était déjà le cas d'ailleurs dans Harry Potter. C'est la force principale d'un roman un peu longuet, sans doute trop, et qui peine essentiellement à se mettre en place. Une fois lancée cependant, l'intrigue tient son lecteur en haleine jusqu'à un dénouement inattendu et même choquant. L'auteur confirme indéniablement un grand talent de conteuse. Au niveau du style, je serai plus réservée: Rowling n'a pas une écriture particulièrement remarquable. Curieusement, en lisant son livre, j'ai pensé à du Stephen King: vocabulaire cru, mise en place soignée du décor mais phrases parfois brouillonnes, surrenchères de comparaisons quelquefois maladroites... et roman à rallonge! Ceci dit, j'ai envie de rester gentille avec un roman qui se lit avec plaisir et qui de plus était un véritable coup de poker de l'auteur (Rowling aurait pu rester dans la faciliter et publier un livre pour enfants, son public initial) qui, à défaut de remporter totalement la mise, n'y laisse pas ses plumes...

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 11:54

L01.jpgLe vent dans les saules

Kenneth Grahame

éditions Phébus

 

Monsieur Taupe vivait au fond de son trou, un peu solitaire certes mais paisible.Cependant un jour, au lieu de faire son grand nettoyage de printemps, il décide plutôt  d'aller faire un tour au-dehors et là, au bord d'une rivière, fait la connaissance de monsieur Rat. Monsieur Rat n'a pas vraiment le même caractère que monsieur Taupe certes, mais ils deviennent pourtant bientôt inséparables. Les deux compères vivent ensemble de nombreuses aventures avec deux autres de leurs amis: le bourru mais brave monsieur Blaireau, et l'égoïste et écervelé monsieur Crapaud...

Classique pour enfants au même titre que Alice au pays des merveilles de Caroll, même si nous le connaissons moins en France, Le vent dans les saules relève à la fois du conte et de la fable. Se présentant comme une succession de courtes histoires relatant les mésaventures de monsieur Crapaud et de ses compagnons (à l'origine le livre a été écrit pour le fils de l'auteur), il a de ce fait une structure assez décousue mais non sans charmes. Le style est volontairement simple mais pas niais pour autant; il faut beaucoup de talent pour faire ressortir des émotions primaires par l'écriture et Kenneth Grahame y arrive admirablement, donnant à toutes ses descriptions une touche poétique et aux dialogues une grande fraîcheur. Le livre nous brosse le portrait d'une Angleterre campagnarde, un petit coin de paradis verdoyant qui peut pourtant se révéler hostile quand l'orage ou l'hiver vient, un endroit que nos quatre héros aspirent parfois à quitter (cf le chapitre Les voyageurs) mais qu'ils aspirent encore plus à retrouver (monsieur Crapaud chassé de chez lui n'aura de cesse de retrouver sa maison, monsieur Taupe vivant chez monsieur Rat en passant près de son terrier est pris d'un besoin irrépressible d'y retourner) La thématique du chez-soi va de pair avec la thématique de l'amitié, Kenneth Grahame démontrant de la sorte que personne n'est chez lui s'il est seul. Ainsi nos quatre héros se serrent mutuellement les coudes; la plupart du temps il s'agit d'aider monsieur Crapaud dont le caractère lui vaut de s'attirer immanquablement des ennuis. Monsieur Crapaud est irresponsable, vaniteux, voleur et un peu lâche: cependant, j'avoue avoir un faible pour ce personnage qui du coup donne au récit une dynamique et apporte au Vent dans les saules la dose d'humour et de légèreté qui lui ferait défaut autrement, les autres personnages étant plus lisses. Difficile de parler plus de ce roman dont la poésie demeure délicate à décrire, aussi légère que le vent dans les saules qui souffle sur le chapitre VII en particulier, le chapitre central et qui à mon sens, apporte le plus d'émotions. Une jolie découverte à faire pour tous ceux qui ne connaissent pas encore...

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 09:01

L02.jpgJe suis un phénomène

Elizabeth Atkinson

Alice Eds

 

Faye s'est toujours sentie différente, ne serait-ce que par son prénom qui, accolé à son nom de famille, "Noman" donne le mot "Phénomène". Mais s'il n'y avait que ça! Faye est grande, rousse, très timide et très ordonnée et se sent parfois bien seule: elle n'a pas d'amis dans son école et elle ne ressemble à personne pas même à sa mère, une petite italienne brune qui fait défiler les hommes à la maison et qui se refuse à lui parler de son père. Aussi, quand la famille de ce dernier se manifeste et l'invite à passer un week-end avec eux, Faye y voit l'occasion unique de renouer avec ses origines et d'en savoir un peu plus sur son géniteur. Effectivement, ce week-end va s'avérer riche en émotions et Faye, tout en se découvrant des points communs avec d'autres membres de sa famille va également s'apercevoir qu'elle tient plus de sa mère que ce qu'elle croyait...

C'est ce que je qualifierais de roman mignon, un livre pour ados sans prétentions mais plein de fraîcheur. Les personnages sont amusant, Faye, sa mère mais aussi sa meilleure amie ou les membres de la famille de son père, tante Pat and co. L'histoire est intéressante puisqu'elle met en scène une jeune fille qui, loin de se rebeller, aspire au contraire à une existence plus conventionnelle que la sienne et rêve de se se fondre dans la masse. La rencontre avec la branche paternelle est pour elle l'occasion de combler ce manque, ce qui donne des passages d'ailleurs assez drôle (Faye qui découvre que tous ses cousins sont roux comme elle, l'organisation poussée à l'extrême de sa tante) tout en posant pour la première fois sur sa mère un regard plus indulgent. Le message de l'auteur est clair puisque loin de critiquer l'un ou l'autre mode de vie, Elizabeth Atkinson  montre les avantages et les inconvénients de chacun (la mère de Faye qui oublie régulèrement sa fille mais qui lui apprend l'autonomie, la tante Pat chaleureuse et méthodique mais qui exclut ceux qui ne font pas partie du moule) et ainsi fait comprendre à son lecteur que c'est à son héroïne de se construire sa propre personnalité en prenant ce qu'il y a de meilleur dans ceux qui l'entourent. Seuls bémols: des jeux de mots difficilement traduisibles en français et qui de fait rendent parfois le texte un peu obscur et, surtout, une fin trop conventionnelle, très happy end, avec un gâteau, des larmes, des rires et du bon sentiment, qui tranche avec le reste, beaucoup plus intéressant. A lire quand même va.

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 15:00

L05.jpgGaïa

Yannick Monget

éditions Bragelonne

 

Alexandre Grant, industriel américain n'est pas d'une humeur radieuse: des écologistes contrarient ses expériences au sein de la forêt amazonienne et il ne voit jamais sa fille qu'il délaisse en bon héros capitaliste des temps modernes. Ses affaires ne s'arrangent pas le jour où, en France pour un voyage d'affaires, il se voit interpellé par l'armée et placé en quarantaine avec d'autres personnes de retour d'Amazonie, dont une biologiste, Anne Cendrars, sa plus féroce détractrice. Tous seraient porteurs d'une maladie étrange et foudroyante. Cependant, cette épidémie devient vite un problème secondaire lorsque d'étranges plantes commencent à envahir les villes et à semer la panique au sein de la population. La nature a décidé de déclarer la guerre à l'homme et d'exterminer cette race qui se prétend supérieure...

Bon. Et rebon. Je ne sais pas comment expliquer cela parce que je n'ai pas envie de passer encore pour la mauvaise langue de service. L'histoire est sympa reconnaissons-le et l'idée plutôt bonne: des plantes grimpantes qui détruisent les immeubles, des épines qui transpercent des humains, la fable écologique un peu usée mais toujours sympathique de la nature vengeresse... Je n'adhère pas plus que cela à la philosophie new-age de la terre nourricière, déesse toute-puissante etc. mais je peux comprendre. Les explications biologiques ne m'ont pas passionnée des masses mais je pense que l'auteur est autrement plus compétent que moi dans ce domaine (enfin j'espère). Donc voilà, rien à redire sur le fond.

Mais, mais la forme! Il faut dire ce qu'il est, pardon, mais c'est très mal écrit. Les dialogues sont artificiels, les descriptions sommaires. Les personnages restent des caricatures tout du long et le lecteur ne ressent aucune des émotions qu'il est supposé ressentir: pas d'angoisse devant l'univers apocalyptique décrit par Yannick Monget, pas de tristesse quand un personnage se fait tuer, pas de malaise... Rien. Juste un vague intérêt (comment cela va-t-il finir?) et un peu d'ennui. On pourrait être sympa et se dire que c'est un effet de style: une écriture volontairement épurée, plus scientifique qu'émotionnelle (quel lyrisme aujourd'hui) et un parti pris plus neutre. Sauf qu'il faut pas charrier non plus: c'est juste décousu, mal construit, mal  mené... Le pire c'est que ce roman a déjà été remanié puisqu'il est paru une première fois en 2006! L'auteur est sans doute plein de bonne volonté... Message reçu: on va essayer de ne plus massacrer la nature, promis, mais par pitié, essayez aussi de ne plus massacrer la littérature...

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 10:22

L02.jpgDemain j'arrête!

Gilles Legardinier

éditions Fleuve Noir

 

 

Julie est un peu ce qu'on pourrait nommer un gros boulet. Célibataire proche de la trentaine, elle cumule les gaffes, est la plus mauvaise employée de sa banque et sentimentalement en est au point mort depuis qu'elle a plaqué un musicien de seconde zone qui la traînait à tous ses concerts dans des bars glauques. Elle déprime sec jusqu'au jour où un mystérieux voisin vient s'installer dans son immeuble. Son nom: Ricardo Patatras. Un nom qui éveille la curiosité de la jeune femme et qui la rend bien déterminée à connaître ce mystérieux inconnu, quitte à se coincer la main dans sa boîte aux lettres...Mais quand en plus, le voisin se révèle être un charmant jeune homme, célibataire de surcroît, alors Julie se sent prête à tout pour le conquérir... et surtout au pire.

Bon, on m'a reprochée un certain cynisme, aussi je vais tâcher d'être un peu plus gentil avec ce roman qu'avec La liste de mes envies. Car, tout comme ce dernier, Demain j'arrête! est plein de bons sentiments jusqu'à plus soif: ah l'héroïne toute sucrée entourée d'amis fidèles, ah ces réflexions l'air de rien sur le danger de l'informatique, la nécessité de rencontrer des vrais gens, ah les méchants cupides qui se font punir à la fin, la vieille rentière, le jeune loup aux dents longues qui se fait tabasser par le quartier...Ne cherchez pas de nuances dans ce roman, il n'y en a pas. Pour l'héroïne, la narratrice, le monde se divise en deux sortes de gens: ceux qui aiment et ceux qui n'aiment pas. C'est aussi profond qu'une citation sur un gâteau chinois.

Mais (car il y a un mais), j'ai quand même réussi à apprécier ce livre. Bon, peut-être parce que j'étais malade et que mon coeur de silex était quelque peu attendrie par les médicaments. Mais, surtout, parce que l'auteur, à défaut d'être un bon psychologue, est très doué dans le registre de l'humour. De fait, le récit est très drôle, que ce soit grâce à l'héroïne un peu farfelue toujours prompte à imaginer tout et n'importe quoi ou par les situations incongrues et comiques: le dîner romantique qui vire à la catastrophe naturelle, l'héroïne qui se met au jogging pour courir avec Ricardo alors qu'elle n'a jamais fait de sport de sa vie, la meilleure amie qui file le mystérieux voisin affublée d'un bonnet péruvien, ce qui fait naître à Julie la réflexion suivante: "Ce matin-là, j'ai découvert une des sept vérités fondamentales qui commandent l'univers: le bonnet péruvien ne va à personne." Le tout mâtiné par des considérations sur les chats, l'animal que l'héroïne déteste par dessus tout mais qu'elle ne peut s'empêcher de prendre pour modèle tout le long de sa conquête sentimentale.

C'est donc un bilan en demi-teinte, mais plutôt positif pour un livre qui ne restera certes pas dans les meilleurs souvenirs de ma vie mais qui, tout comme Maudit karma, se lit avec facilité et fait passer un agréable moment. Une lecture de vacances pour les malheureux dont c'est aujourd'hui la rentrée....

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 10:17

L08.jpgLa symphonie du temps qui passe

Mattia Signorini

éditions Presses de la cité

 

Né à Tranquility, Green Talbot n'a jamais quitté ce petit village où le temps semble suspendu. Il ne s'est même jamais aventuré bien loin dans les bois qui entourent la bourgade et qui seraient, selon les habitants, hantés par un monstre terrifiant. Mais Green est un petit garçon curieux et, à la mort de ses parents, à la désapprobation générale, il décide de découvrir le vaste monde. Le voilà lancé dans un grand voyage qui lui fera découvrir la France, l'Angleterre et les Etats-Unis, la vie maritime et la vie militaire, les femmes et les voyages en mongolfière...

Je ne suis peut-être pas d'humeur pour ça ces temps-ci, mais je me suis profondément ennuyée à la lecture de ce roman iniatique faussement naïf qui mêle en vrac merveilleux et réflexions pseudo-philosophiques. Vous connaissez un peu le principe de ce genre de livres je suppose: des chapitres courts, des phrases qui le sont encore plus, beaucoup de dialogues et un héros qui voyage et qui apprend la vie. Green rencontre ainsi des personnages cocasses qui lui expliquent le sens du monde et apprend de lui-même quelques vérités essentielles: c'est pas l'homme qui prend la mer mais c'est la mer qui prend l'homme, les françaises sont des femmes aux moeurs légères, il faut savoir garder son âme d'enfant, un jour on mourra tous, etc. Livre qui m'a fait fortement penser au film Big Fish mais sans la poésie de ce dernier, La symphonie du temps qui passe se veut un récit plein de mystère et de musique mais se révèle surtout un bric-à-brac de chapitres mal agencés (l'auteur est sans doute plus à l'aise avec le genre de la nouvelle) et de situations sans intérêt décrites dans un style plus que limité. Si quelques scènes sont un peu plus réussies que d'autres (le retour de Green à Tranquility par exemple) l'ensemble reste brouillon et n'a pour seul mérite que sa concision (manquerait plus qu'il nous fasse un roman de mille pages) Sitôt lu, sitôt oublié. A bon entendeur... Moi aussi je peux faire court!

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 14:07

L03.jpgLa chute des thanes

(Un monde sans dieux tome III)

Brian Ruckley

éditions Eclipse

 

 

Il est temps de boucler la trilogie d'Un monde sans dieux, dont j'avais commenté les deux premiers tomes il y a un certain temps déjà. Comme d'habitude, amateurs de la série et qui ne l'ont pas fini, ou au contraire allergiques de tout poil à tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la fantasy, passez votre chemin. Bien, maintenant que nous sommes quatre, nous pouvons commencer.

Et ça commence par un rapide résumé parce qu'au bout de presque un an, il faut dire ce qu'il est mais l'humble lectrice que je suis a oublié une grande partie de l'histoire. Heureusement, l'auteur est secourable et vient à notre secours. Nous retrouvons donc notre plus ou moins héros Osirian, futur thane d'une lignée quasiment décimée et qui essaie avec l'aide de son capitaine Taïm et deux kyrinins (des sortes d'elfes) de détruire Aeglyss, un grand méchant doté de pouvoirs capables de plonger le monde dans le chaos. De ce fait, tous les hommes semblent pris dans un tourbillon de folie meurtrière: les alliés d'hier sont devenus les ennemis d'aujourd'hui, les villageois s'entre-tuent et Osirian lui-même ne semble pas exempt de cette rage destructrice, lui qui était auparavant plutôt un gentil garçon. Au coeur de l'hiver, les cadavres s'empilent, les apparitions se multiplient et les combats semblent interminables et vides de sens...

Ce dernier volet m'a laissée perplexe, moins enthousiaste que les précédents. C'est longuet par endroits et un peu ennuyeux: entre deux récits de massacres interminables, nous avons droit à des dialogues répétitifs et pas forcément palpitants. L'action fait du surplace et ne s'accélère que dans la dernière partie de l'histoire. Après, l'univers de l'auteur est intéressant d'autant plus que ce dernier se refuse à tomber dans les poncifs propres au genre: pas de romance entre Osirian et Ess'yr, la kyrinnin dont il est amoureux, cette dernière repoussera ses avances. De même Anyara, la soeur du thane, n'a pas grand-chose d'une vierge guerrière et ne finira pas non plus dans les bras de son écuyer. Le grand méchant, Aeglyss, est surtout un être malheureux avide de reconnaissance et l'autre méchant, Kanin, le thane ennemi, se révèle un être finalement assez sympathique. Encore plus intéressant, Brian Ruckley, contrairement aux autres romans de fantasy, s'emploie méthodiquement à démontrer à quel point les guerres sont stupides: la trilogie qui avait commencé par un réglement de comptes entre deux peuples s'achève par une gigantesque boucherie où bons et mauvais se confondent sans distinction. Les descriptions sont très gores (bien qu'un peu lassantes sur la fin) et accentuent ce sentiment d'horreur et d'absurdité présent tout du long. Osirian et son peuple verront-ils la fin du tunnel? A vous de le découvrir si cette note vous inspire...

 

Ps: Un peu de pub, encore une fois pour une bonne cause! Dans le cadre d'une vente pour une association, une lectrice de ce blog est en train de créer des bijoux et souhaiterait avoir des opinions sur ces derniers, afin de cibler au mieux sa future "clientèle". Il ne s'agit donc pas d'acheter mais d'aller sur son site pour voir les photos et donner son avis en répondant aux sondages ("tous les sondages" à gauche sur le blog). Voici le lien:

 

http://unangepasse.blog4ever.com/blog/index-6552.html

 

Il faut moins de cinq minutes pour regarder les photos et répondre aux sondages! Merci pour elle...

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 14:13

L01.jpgC'est pour toi que le rôdeur vient

Adrienne Maria Vrettos

éditions Thierry Magnier

 

 

Bon, faites preuve de beaucoup d'imagination et imaginez-vous dans une petite ville américaine perdue dans les montagnes au tout début de l'hiver. C'est là que vit Dylan et son groupe d'amis, Pilar, Théa, MayBe, Cray, Franck et Ben. Tous ces ados sont unis par un lourd passé commun; bien des années auparavant, un garçon de leur classe, Clarence,  s'est fait tuer par un mystérieux assassin, surnommé le Rôdeur, qui n'a jamais été retrouvé depuis. Cet événement a beaucoup affecté ses camarades et tout particulièrement Dylan; cette dernière en effet est médium et est dotée du pouvoir de voir des enfants assassinés et l'endroit où ils se trouvent. Clarence a été sa première vision. C'est un don dont elle se passerait volontiers et dont elle n'a parlé à aucun de ses amis. Mais deux événements vont la contraindre à accepter son destin; l'arrivée d'une nouvelle venue, Cate, déterminée à forcer ses confidences et, surtout, le retour du mystérieux rôdeur...

Roman pour la jeunesse, C'est pour toi que le rôdeur vient est très déroutant. La construction est curieuse, le démarrage plutôt lent et le style ambitieux: l'auteur ne craint pas de partir dans tous les sens, de se lancer dans une intrigue policière/fantastique/psychologique tout en laissant bon nombre de questions en suspens; des personnages sont esquissés, des situations restent sans explications... Néanmoins et peut-être pour toutes ces raisons d'ailleurs, et bien ça fonctionne! L'intrigue aurait gagné à être plus simple mais le récit a une véritable profondeur, une marque bien à lui qui le distingue des autres livres pour ados. Il n'y a ni eau de rose, ni péripéties impossibles, juste une histoire plutôt bien menée et des protagonistes véritablement attachants, que ce soit le personnage de Dylan, de sa mère ou de ses amis. Mine de rien, l'auteur évoque quelques thèmes intéressants: l'amitié, la jalousie, l'amour, le deuil...Mention spéciale à deux passages en particulier: la scène où le petit groupe se remémore la mort de Clarence et le passage où la mère de Dylan lui raconte ses origines qui sont tous deux de très jolis moments de littérature. C'est pour toi que le rôdeur vient en bref m'a fait passer un très bon moment et je regrette juste une fin un peu abrupte et un peu facile qui détonne avec le reste de l'histoire. Ceci dit, je vous conseille vivement d'aller voir un peu de quoi il retourne...

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