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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 12:19

L08.jpgKushiel

t.1 La Marque

Jacqueline Carey

éditions Milady

2001

 

Jadis j'aimais bien. J'aimais bien ces séries en quinze volumes avec des héros épiques aux noms imprononçables, ces guerriers ou ces magiciens partant en guerre pour affronter de terribles ennemis ou jurant fidélité à un quelconque monarque d'une province égarée. J'aimais ces peuplades exotiques, la carte en début de récit, les religions tordues, les complots divers et variés, les prophéties, la totale quoi.

Mais ça, c'était avant.

La marque, premier tome de la série Kushiel n'est pas un mauvais livre, il faut le reconnaître, et, à de nombreux égards n'est pas sans ressembler à la série Game of Thrones : peu de magie, des barbares qui veulent envahir une contrée elle-même rongée par les intrigues politiques, une réflexion sur les arcanes du pouvoir... L'héroïne c'est Phèdre no Delaunay, une jeune femme qui enfant a été vendue à un noble qui a reconnu en elle la marque de Kushiel : Phèdre est en effet une anguissette, elle ressent du plaisir essentiellement dans la souffrance. Enfin, c'est ce que dit le bouquin mais d'après les descriptions Phèdre a tout de la nymphomane avec une préférence certes pour le masochisme. Toujours est-il qu'elle est "adoptée" par Anafiel Delaunay qui en fait une courtisane de luxe avec cependant un but secret : pénétrer au coeur même des arcanes du pouvoir et découvrir le complot ourdi contre la couronne.

Pourquoi je n'ai pas accroché avec ce livre ? Et d'une parce qu'il y a trop d'informations, trop de noms à coucher dehors, de familles, de peuples, de dieux, etc. Contrairement à Georges R. Martin, Jacqueline Carey déploie d'un coup tout un univers sans paraître se préoccuper d'être suivie ou non par son lectorat. Résultat, on se retrouve vite paumée à essayer de comprendre qui est l'allié de qui. D'autre part, j'ai été un peu agacée par l'aspect racoleur de l'ouvrage : l'héroïne une prostituée de luxe qui a un orgasme à chaque fois qu'on lui effleure la main, ben voilà quoi... Phèdre passe un quart de la narration à coucher avec des gens pour survivre/ par plaisir/pour obtenir des informations.. et les trois autres quarts à s'interroger sur le sens de sa vie, des intrigues politiques, de ses déboires personnels, etc. C'est donc au final très ennuyeux. Dommage, un moment donné l'action semble légèrement s'accélérer lorsque Phèdre et Joscelin se retrouvent prisonniers des Skaldiques : plus de palabres, plus de complots, seulement deux personnages qui tentent tant bien que mal de survivre. Hélas, ce passage est bien vite terminé et le livre sombre tout doucement dans des histoires de guerres, de négociations, de coucheries avant d'achever le lecteur par une fin interminable et un ultime rebondissement qui était prévisible à dix kilomètres à la ronde. Peut-être ai-je passé l'âge pour m'infliger ce genre de lecture. Toujours est-il que ce premier tome restera mon unique expérience de la série j'en ai peur.

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 10:46

L02.jpgLa quête des livres-monde

t.3 Le livre du temps

Carina Rozenfeld

éditions L'Atalante Jeunesse

2012

 

Fin de la trilogie de Carina Rozenfeld : deux des livres-monde ont été retrouvés et pour Zec, Eden, Louis et Léa il ne reste plus qu'à remettre la main sur l'ultime livre du temps. Hélas, leur mentor chébérien est dans le coma depuis la dernière confrontation avec l'Avaleur de Mondes et aucun des adolescents ne sait comment retrouver les indices dans le carnet de Melior. Tout semble perdu jusqu'au jour où Léa reçoit un coup de fil de l'autre côté du globe.

On part au Pérou pour ce dernier tome qui se révèle légèrement décevant par rapport au deuxième volume. Les ressorts de l'intrigue sont plus lâches, les coups de pouce du destin un peu plus nombreux et la fin traîne en longueur. Ceci dit, le livre se lit néanmoins d'une traite et boucle avec bonne humeur une série qui, à défaut de rester dans les annales fait passer un agréable moment de détente.

 

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 10:48

L02.jpgDarkmouth

Shane Hegarty

éditions XO Jeunesse

2015

 

Petite ville perdue, Darkmouth a de plus le triste avantage d'être le dernier Village Maudit à être régulièrement visité par les Légendes, des monstres qui ouvrent des passages pour entrer dans notre monde. Mais, heureusement, Hugo, le chasseur de Légendes, veille. Sa mission : les empêcher de nuire, une mission qu'il a hérité de ses aïeuls et qu'il compte bien transmettre à son tour à son fils. Le problème c'est que le fils en question, Finn, ne semble développer aucun talent de Chasseur, multipliant catastrophes et bévues. Pire, son rêve secret est de devenir... vétérinaire.

Darkmouth sans être LE livre jeunesse du mois est une très bonne surprise. Il y a un savant dosage entre fantastique et humour et l'intrigue est bien menée. Le personnage de Finn est très intéressant dans la mesure où il ne s'agit pas d'un combattant mais d'un garçon doux, aimant les animaux jusqu'à être végétarien, et qui se retrouve tiraillé entre les aspirations de son père et les siennes. L'auteur de plus fait appel à un bestiaire de l'imaginaire, manticores, minotaures et basilics, qu'il revisite à sa sauce. Bien évidemment, le livre n'est pas à l'abri des clichés du genre, notamment l'éternelle prophétie qui fait de Finn un être exceptionnel, mais ces clichés sont traités avec suffisamment de légèreté pour ne pas plomber le récit et lui donner un air de déjà-vu. Darkmouth ceci dit ne sombre pas non plus dans le burlesque et il y a même un ou deux passages fort émouvants. Bref, c'est le début prometteur d'une nouvelle série fantastique pour les pré-ados.

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 10:25

L01.jpgLe livre des lieux

La quête des Livres-Monde, t.2

Carina Rozenfeld

éditions Atalante Jeunesse

2012

 

A la fin du premier tome de la Quête des Livres-Monde, nos trois héros avaient remis la main sur le premier livre et attiré l'attention de l'Avaleur de mondes sur eux. Place maintenant au second volet !

Ezéchiel et Eden, aidés de Louis, sont désormais à la recherche du deuxième Livre-Monde et ne ménagent pas leur peine. Les deux Chébériens commencent à ressentir l'un envers l'autre de forts sentiments mais n'ont pas le temps de se l'avouer : l'Avaleur de monde lance sa première attaque.

Le livre des lieux est supérieur à son premier opus qui était déjà de très bonne facture. En effet, Le livre des âmes posait l'intrigue et présentait les personnages mais ne mettait en scène aucun obstacle aux recherches des héros. Le second tome en revanche fait intervenir l'Avaleur de monde, mettant réellement pour la première fois la vie d'Eden et de Zec en péril. De plus, la quête du second livre se retrouve dans une impasse et il n'est pas jusqu'à l'histoire d'amour naissance des adolescents qui prend un tour inattendu. Tous ces éléments créent une dynamique intéressante au récit qui, de fait, se lit très rapidement et nous fait attendre avec impatience la suite et fin de la trilogie.

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 19:09

L04.jpgLes Aventures d'Oliver Twist

Charles Dickens

éditions Livre de Poche

1838

 

L'auteur de la préface d'Oliver Twist vous prévient d'entrée de jeu : cette référence de la littérature anglaise est loin d'être parfaite tant s'en faut. Effets narratifs faciles, intrigue tarabiscotée, personnages parfois un peu mièvres... Il n'en demeure pas moins que l'ouvrage a, en-dehors de tous ces défauts, plus d'un intérêt qu'il convient d'analyser maintenant.

Tout commence avec la naissance d'un enfant, Oliver. Sa mère meurt à sa naissance et, son père étant inconnu, l'enfant passe ses premières années à l'asile : affamé, il a le malheur de réclamer davantage à manger et se fait haïr des responsables qui l'envoient en apprentissage auprès d'un fabricant de cercueils. Mais les malheurs d'Oliver ne s'arrêtent pas là : maltraité par ses maîtres, il décide de fuir à Londres et rejoint sans le savoir une troupe de truands menée par un dénommé Fagin.

Oliver Twist c'est l'histoire d'un gamin qui n'a vraiment, mais vraiment pas de chance. Notre vertueux héros (car il n'y a pas plus doux et plus noble qu'Oliver) cumule les malheurs, victime de la méchanceté et de la rouerie de son entourage, et, quand il rencontre des gens aimants et bienveillants, il les perd presque aussitôt. Dickens ne fait pas dans la demi-mesure en décrivant des personnages soit tout noirs, soit tout blancs, parfois à la limite de la caricature. Il n'y a guère que la tragique prostituée Nancy (le protagoniste le plus intéressant du récit) qui échappe à ce traitement. Cela pourrait faire d'Oliver Twist une oeuvre manichéenne si l'ouvrage ne s'accompagnait pas d'une sévère charge contre le système de l'époque, favorisant pauvreté et délinquance : asiles insalubres qui affament les plus démunis, juges cruels et incompétents, système judiciaire inadapté, orphelins maltraités... Dickens va même jusqu'à se glisser le temps de quelques chapitres dans la peau de ses personnages les plus vils, suscitant la pitié du lecteur malgré leurs méfaits : ainsi le chapitre où Fagin est condamné à mort est d'une grande force littéraire car il fait du grand méchant de l'histoire un être humain sans défense face à une foule assoiffée de sang. A dire vrai, Oliver Twist est un roman qui alterne médiocrité et grandeur, médiocrité quand il glisse dans l'intrigue tarabiscotée, les rebondissements invraisemblables ou sentimentalisme mièvre (les personnages "bons" sont tout bonnement insupportables et même le héros éponyme reste assez fade) grandeur quand Dickens nous fait explorer les rues d'un Londres mal famé et découvrir tout un monde de truands vivant dans la crainte de la potence, quittant les dames angéliques et les pasteurs courageux pour les escrocs et les prostituées. Ce contraste produit un livre tour à tour prenant et agaçant mais qui, pour mon premier contact avec Dickens, reste satisfaisant.

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 19:46

L02.jpgLes enquêtes d'Anatole Bristol

Marabout et bouts de mystère

Sophie Laroche / Carine Hinder

éditions Auzou

2015

 

Anatole, petit garçon de CM2, adore résoudre des enquêtes. Et ça tombe bien car des événements étranges se produisent dans sa classe avec l'arrivée d'un nouveau-venu éthiopien, Ky-Mani. D'abord, sa maîtresse disparaît mystérieusement; ensuite, sa meilleure amie Philo tombe raide amoureuse du remplaçant et, enfin, le remplaçant en question semble perdre la tête... Ky-Mani serait-il derrière tout ça? Après tout, n'y-a-t-il pas des sorciers en Afrique ?

Vous l'avez compris, c'est un roman pour les plus jeunes (9-10 ans) mais un roman plutôt sympathique, pas trop long, et qu,i avec beaucoup d'humour aborde le thème du racisme mais aussi des préjugés : Philo et Anatole aiment beaucoup Ky-Mani mais ne font absolument pas l'effort de s'intéresser à son pays et se bornent à imaginer des clichés sortis tout droit de Kirikou : monde de sorciers et de marabouts africains, pays désertiques, etc. J'ai bien aimé également la gentille mise en garde contre Wikipédia. Ceci dit, Marabout et bouts de mystère n'est pas pour autant un pensum didactique mais reste avant tout une enquête avec un certain suspens : moi-même je me suis prise au jeu, intriguée par le mystère qui planait sur cette classe... Parfaitement adapté aux enfants de fin de primaire.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 19:39

L02.jpg

Les vieux fourneaux

t 1 et t 2

Lupano / Cauuet

éditions Dargaud

2014

 

C'est LA bande dessinée qu'on m'a conseillée, l'une de celles qu'on a le plus vendu en fin d'année. Inutile de vous dire que j'étais curieuse de découvrir Les Vieux Fourneaux. Tout commence par un enterrement, celui de Lucette, la femme d'Antoine. Les vieux copains du couple, Emile et Pierrot viennent soutenir le veuf et font la connaissance de sa petite-fille, Sophie, célibataire enceinte jusqu'aux yeux et refusant catégoriquement de mentionner le père. Tous quatre forment un groupe des plus étranges : Pierrot est un contestataire qui désormais milite au sein d'un groupe d'anarchistes aveugles, Emile un ancien baroudeur devenu un placide résident d'une maison de retraite, Sophie a tout quitté pour reprendre le spectacle de marionnettes de sa grand-mère et son grand-père est un ancien syndicaliste dont les heurts avec son patron sont devenus légendaires. Juste après l'enterrement de sa femme Antoine fait une découverte qui l'entraîne en Italie. Ses amis se lancent à sa poursuite.

A dire vrai je suis un peu déçue. Oui, c'est drôle, oui c'est bien dessiné, mais je m'attendais vraiment à beaucoup mieux. Si le propos est irrévérencieux et les personnages originaux (des vieux sans langue de bois et à la personnalité bien affirmée) il y a quelque chose d'un peu convenu dans le propos : le capitalisme c'est mal, vive la vie de bohème et les artistes, vive les vieux qui nous apprennent plein de choses même si ce sont en fin de compte les pires. Pour tout vous avouer, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire. Ceci dit, beaucoup de choses m'ont fait rire : la diatribe de Sophie contre la génération de son grand-père, le vieux qui va jusqu'en Italie pour se venger de son rival et se retrouve face à un homme atteint d'Alzheimer, l'association improbable de ces trois seniors, insupportables chacun à leur manière... Ainsi Les vieux fourneaux à défaut d'être un véritable coup de coeur reste une agréable découverte.

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 10:29

L02.jpgLa sélection (tome 1)

Kiera Cass

éditions Robert Laffont

2012

 

Dystopie encore et toujours... Le genre a du succès depuis Hunger Games et c'est encore une fois ce dont nous allons parler aujourd'hui.

Trois cent ans après notre ère. Les Etats-Unis n'existent plus et ont été remplacés par Illéa, une monarchie. Ce nouveau pays est régi par un système de castes et chaque caste a une fonction bien précise au sein de la société. America Singer est une jeune fille appartenant à la caste numéro 5, celle des artistes : c'est aussi une caste défavorisée, ne pouvant compter que sur le soutien de riches mécènes. America ceci dit est heureuse de son sort : elle a une famille aimante et, surtout, elle vit une jolie histoire d'amour secrète avec Aspen, un garçon encore plus pauvre qu'elle. Tout bascule le jour où elle reçoit une invitation à participer à la Sélection : le prince Maxon, héritier du trône, cherche une épouse et, pour ce faire, comme le veut la tradition, il organise une émission de téléréalité visant à trouver sa princesse. Trente-cinq jeunes filles sont donc conviées à venir partager le quotidien de la famille royale et à faire la connaissance du prince dans une compétition filmée et qui ne prendra fin que lorsque Maxon aura trouvé sa promise.

Vous lisez ce résumé et vous retrouvez tous les clichés de la dystopie : le système de classes avec un grand écart entre riches et pauvres, le pays réglementé au possible et, comme dans Hunger Games, l'émission de téléréalité qui perd son caractère de jeu pour acquérir une dimension plutôt malsaine. Ceci dit, contre toute attente, j'ai trouvé La sélection plutôt intéressante. L'écriture est sans intérêt mais l'intrigue est rondement menée et joue sur les attentes de son lectorat, des adolescentes, en revisitant le conte de fées : une jeune fille pauvre a soudain l'opportunité de quitter sa condition, d'endosser de beaux vêtements et de rêver d'être une princesse, le tout sous l'oeil de caméras qui la rendent célèbre. Kiera Cass joue aussi sur le traditionnel triangle amoureux en opposant au bouillant Aspen le réfléchi Maxon. Avec qui America finira-t-elle ? Les similitudes avec Hunger Games sont nombreuses, trop pour que je puisse saluer l'originalité du livre (une émission, une jeune fille courageuse avec une petite soeur aimante, un monde de riches et de pauvres) mais parvient à se distinguer par quelques éléments un peu plus novateurs (l'attaque régulière des rebelles qui semblent chercher quelque chose dans le palais, l'attitude ambigu du prince avec les candidates..) Pour faire bref, c'est de la soupe, mais de la bonne soupe qui donne envie d'en savoir davantage et ça tombe bien : il y a encore deux autres tomes, la sélection n'est pas finie...

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 19:50

L02.jpgJournal d'une peste

Virginy L.Sam / Marie-Anne Abesdris

éditions la Martinière

2015

 

Les livres pour enfants se suivent... et se ressemblent parfois un peu trop souvent. Après L'incroyable journal (top secret) de Monsieur Cochon et Le Journal d'un dégonflé, c'est au tour de la Martinière de sortir son Journal d'une peste. L'histoire est celle de Fannette, douze ans, qui se revendique clairement comme une peste et l'assume assez bien : à bas les profs et les devoirs, la petite soeur trop collante, les parents pénibles et ronchons et les premiers de la classe ! Vive son pépé Gaston et les farces qu'il fait à la maison de retraite, vive l'originalité et les échecs...

Bon vous vous en doutez bien, malgré le titre, Fannette n'est pas une peste, juste une collégienne un peu plus turbulente que la moyenne et qui déverse son ras-de-bol des adultes et de la vie en général dans un livre assez drôle il faut le reconnaître. Le point fort de l'ouvrage c'est l'humour un peu caustique, la légèreté du propos et la facilité de lecture, favorisée par de nombreux dessins et schémas. Ses points faibles ? Cette manie de coller des points d'exclamation à toutes les sauces si bien qu'on a l'impression que la narratrice hurle à chaque page, en bonne pré-ado surexcitée, et, surtout son gros manque d'originalité. Il faut le dire, ça ressemble vraiment beaucoup sur le principe au Journal d'un dégonflé mais adapté à de jeunes lectrices. L'ensemble du coup n'est pas désagréable mais laisse une forte impression de déjà-vu. Allez, on pardonne pour cette fois...

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 15:39

L02.jpgLa confession d'un enfant du siècle

Alfred de Musset

éditions Le Livre de Poche

1836

 

A l'origine, une histoire d'amour : celle d'Alfred de Musset, alors tout jeune homme, avec George Sand, de six ans son aînée. Il voulait lui écrire un roman à la mesure de cet amour mais leur liaison tourne au fiasco et La confession d'un enfant du siècle prend une tournure très différente, devenant l'une des premières oeuvres romantiques françaises de référence.

L'ouvrage s'ouvre sur la bataille de Waterloo : pour l'auteur, elle marque le début d'une ère marquée par la désillusion : les vieilles valeurs ne sont plus. Rois et religion ont été mis à bas par la Révolution. Le patriotisme quant à lui est mort avec la défaite de Napoléon : tous ces morts glorieux, toute cette boucherie qui marque l'Empire a perdu sa raison d'être avec cette humiliation. A quoi bon tout ça? Octave, le héros de Confession d'un enfant du siècle de fait ne croit plus en grand-chose si ce n'est en l'amour qui pour lui a valeur de sacrement. Ses certitudes vont pourtant voler en éclats le jour où il découvre que sa maîtresse le trompe avec l'un de ses amis. Blessé et humilié, Octave se livre alors sur les conseils de son confident Desgenais à une vie de débauche et de libertinage si bien que, lorsqu'il retrouve l'amour dans les bras de la jolie Brigitte, il ne peut atteindre le bonheur : confiance et illusions ont disparu.

Difficile de résumer un livre aussi complexe que celui de Musset. La confession d'un enfant du siècle est une oeuvre romantique mais qui n'a absolument rien à voir avec le romantisme de Goethe. C'est sans doute une lecture très personnelle de ma part (en même temps ça tombe bien, ici c'est mon blog pas un cours de français) mais je n'ai ressenti aucune réelle passion dans cet ouvrage. Pour moi c'est l'histoire d'un homme qui joue. Octave, passé sa première déception sentimentale, essaie de retrouver un sens à sa vie : il multiplie les expériences libertines puis s'éprend d'une femme avec laquelle il essaie de retrouver ses premiers émois amoureux. Tout est vain car la méfiance et la connaissance ont corrompu son coeur (Musset s'inspire énormément de Rousseau dans cet ouvrage, hommage à Sand qui admirait  ce dernier). Octave a beau jouer la passion en multipliant menaces de meurtre amoureux ou de suicide, jouer à être quelqu'un d'autre en voulant fuir ou se déguiser, la réalité le rattrape : l'innocence est perdue pour toujours, les illusions sont mortes avec sa première liaison. Tout cela se traduit par un style emphatique mais rarement sincère, par un narrateur plein de mauvaise foi mais parfaitement conscient de l'être, et par une écriture à la limite de la schizophrénie : Octave s'efforce désespérément de croire en l'amour tout en, paradoxalement, faisant tout pour le ridiculiser et l'avilir. La confession d'un enfant du siècle est donc une oeuvre troublante à défaut d'être émouvante (je n'ai quant à moi ressenti aucune sympathie pour le héros), reflet d'une génération qui doit se reconstruire au milieu des ruines des certitudes d'antan.

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