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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 10:08

L01.jpgBlood song

tome 1 - La voix du sang

Anthony Ryan

éditions Bragelonne

2011

 

Un scribe à la solde d'un empire puissant accompagne un prisonnier de guerre à la réputation légendaire : Vaelin Al Sorna, dit le Tueur d'Espoir, est craint et haï par ses ennemis depuis qu'il a tué nombre des leurs y compris l'héritier présomptif du trône. Intrigué cependant par cet homme qui paraît bien moins féroce que ce qu'on prétend, notre héros le pousse à raconter son histoire, une histoire pleine de zone d'ombres qui révèle un personnage plus complexe qu'il n'y paraît.

C'est un petit miracle : pour une fois, j'ai bien aimé un ouvrage des éditions Bragelonne. Certes, c'est de la bonne grosse fantasy et, de ce fait, on retrouve tous les ingrédients qui en font la composition : un héros prophétique, des fanatiques religieux, des animaux au service de l'élu, des noms à coucher dehors et des batailles à n'en plus finir. Si Anthony Ryan se réclame carrément de Gemmell, certaines des particularités de son récit ne sont pas non plus sans faire songer à Martin : Vaelin adhère à un Ordre exigant qui rend tous ses membres frères, les contraint à ne pas prendre femme et les met au service de la Foi avant d'être au service d'un royaume. ça ne vous rappelle rien? D'un point de vue technique, je suis un peu déçue par la composition de l'ouvrage qui pourrait être plus aboutie : en effet, le récit s'articule entre la narration du scribe et l'histoire de Al Sorna. Or, Al Sorna est loin de dire tout au scribe et lui cache bon nombre d'éléments qu'on retrouve quand même dans le texte. Il aurait peut-être été intéressant de mettre en avant ces incohérences et de comparer la version "officielle" à la version "officieuse", celle que le lecteur connaît. Ceci dit, passé ces quelques points de détail, Blood song remplit parfaitement sa part du contrat : l'histoire est prenante, le monde parfaitement bien décrit et on repère ça et là quelques originalités dans le texte; le fait par exemple que la Foi soit une religion qui, paradoxalement ne reconnaît aucun dieu, des personnages qui ont chacun une part de mystère, la construction du texte qui nous épargne un faux suspens (d'entrée de jeu on sait que le héros survit), l'inversion des valeurs et une critique sans fard de la guerre, présentée tout au long du roman comme une vaste boucherie inutile au service d'intérêts personnels et divergents. Al Sorna ne se bat pas pour la justice : il se bat pour un envahisseur qui a besoin de saphirs. Cette morale est loin d'être manichéenne et me rend d'autant plus agréable un livre qui, en dépit des clichés, parvient à s'en extraire pour un résultat plutôt satisfaisant.

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 09:50

L01.jpgLe royaume

Emmanuel Carrère

éditions P.O.L

2014

 

C'est l'histoire d'un homme qui un jour est devenu catholique; un homme pas tout à fait bien dans sa peau et qui s'est tourné vers la religion comme on se tourne vers la psychanalyse ou le développement personnel. Comme tout nouveau converti, il s'est emballé, il s'est émerveillé : tout nouveau, tout beau. Et puis le doute est revenu. Trois ans plus tard, il est redevenu athée, ou plutôt agnostique. Mais, bien des années plus tard, il revient sur cette conversion et choisit en parallèle de raconter l'histoire des premiers chrétiens : le bouillant Paul, le sage Luc, le mystérieux Jean... menant cette histoire en enquêteur, s'appuyant sur des documents mais laissant aussi libre cours à son imagination.

Le royaume, un livre qui a fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps et qui restera l'un des événements littéraires de cette rentrée, n'est rien de moins que le récit d'une quête spirituelle, celle d'un auteur, Emmanuel Carrère, qui cherche à comprendre comment un marginal a pu donner naissance à une communauté qui dure encore aujourd'hui. Paul, Luc, Marc, Jacques... tous ces hommes, notre romancier se les approprie comme personnages et tente de les comprendre, de les analyser tout en faisant de nombreuses digressions sur lui-même et sur ses sentiments vis-à-vis de tout ça.

En tant que catholique, j'apprécie la bonne foi (c'est le cas de le dire) de Emmanuel Carrère qui ne tombe pas dans le cliché et la caricature et nous évite le traditionnel couplet d'une Eglise intolérante, intégriste, pas à l'écoute... sans pour autant verser dans un angélisme tout aussi déplacé. La religion catholique est pleine de contradictions et l'auteur s'aventure sur ce chemin sans chercher à les minimiser ou à les ignorer, se contentant de jouer un rôle d'observateur plus ou moins critique ou enthousiaste selon les pages et selon ses humeurs. En tant que lectrice, je suis assez déconcertée par la composition de l'ouvrage, un pavé de plus de six cent pages où le narrateur/auteur joue un rôle déterminant. C'est d'habitude un aspect de la littérature française que je trouve très déplaisant, cette manie de l'auteur de se mettre en avant, ce nombrilisme du "je" omniprésent qui ne laisse aucune latitude au lecteur et qui lui donne le sentiment que le livre a été écrit uniquement pour satisfaire l'ego malmené de son créateur. Je ne nierais pas ainsi que certains passages m'ont profondément agacée et m'ont donnée le sentiment  de jouer le rôle du psy, essentiellement quand Emmanuel Carrère se perd dans des digressions qui n'ont rien à voir avec la choucroute. Ceci dit, là où réside le talent de l'auteur c'est que, contrairement à beaucoup d'autres, il prend le risque d'une narration qui n'est pas maîtrisée là où d'autres se mettent en scène uniquement pour se faire valoir. Le "je" de Carrère est un "je" plein d'abandon qui affirme une chose puis se rétracte à la page suivante, s'agace et s'adoucit, s'emmêle les pinceaux, prend le parti de tel ou tel personnage... Bon mal gré le lecteur suit son cheminement et s'attache à ce narrateur capricieux ainsi qu'aux héros qu'il met en scène : ce Paul mal embouché, ce Luc qui paraît bien sage, ce Pierre qui cherche à ménager la chèvre et le chou... L'histoire et la fiction se mêlent étroitement, à dessein, et l'ensemble apparaît, un Royaume qui est loin d'être parfait et même par endroits carrément bancal mais qui frappe par sa sincérité et sa clarté. Bonne pioche pour la rentrée littéraire.

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 10:02

L05.jpgSkin trade

George R.R. Martin

éditions J'ai Lu

1989

 

Et non, n'ayez pas de faux espoirs : aujourd'hui nous allons bien parler de George R.R Martin, l'auteur de Game of Thrones, mais pas de la suite de sa célèbre série qui, à ce jour, n'est toujours pas annoncée. Place en revanche à l'un de ses romans de "jeunesse", Skin Trade, paru il y a plus de vingt ans déjà mais traduit tout récemment.

Depuis l'assassinat de son père, Randi Wade, détective privée, ne cesse de s'interroger sur les circonstances de la mort de ce dernier : Frank Wade semble en effet avoir été dévoré par une bête sauvage, et ce alors qu'il enquêtait sur des disparitions suspectes de jeunes filles. Aussi, lorsqu'une vague de meurtres étranges frappe de nouveau la ville et que son ami Willie vient quémander son aide, Randie y voit l'opportunité de rouvrir la dossier même si les nouvelles victimes ne sont pas dévorées... mais écorchées.

Bon, disons-le tout net, Skin trade est bien loin d'être le roman du siècle. Très court (trop peut-être?), l'histoire est un peu confuse et l'intrigue va trop vite : les personnages ne sont qu'esquissés, le suspens laisse à désirer et la fin est plus qu'expédiée. L'auteur met en place tout un monde qu'il n'a pas le temps de développer ce qui fait que le lecteur se retrouve un peu perdu dans cet univers bâclé mettant en sène loups-garous et flics corrompus, familles au sang pur et héroïne déterminée à venger la mort de son père. Trop d'informations en si peu de temps découragent le lecteur. Dans ce livre ni tout à fait polar, ni tout à fait fantastique, on retiendra surtout le personnage de Willie, le loup-garou hyponcondriaque à la réplique cinglante et qui n'est pas tout à fait sans nous rappeler Tyrion dans Game of Thrones, et quelques scènes à glacer le sang... Pour le reste... et bien, je suis contente pour ma part que Martin se soit tourné par la suite vers la fantasy : à mon humble avis, notre époque ne lui convient pas vraiment.

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 14:21

L05.jpgDeep Winter

Samuel W.Gailey

éditions Gallmeister

2014

 

A la suite d'un accident qui a coûté la vie à ses parents, Danny est devenu simple d'esprit et n'a jamais quitté la petite ville de Pensylvanie de son enfance où il est méprisé et évité par la plupart des habitants. Sa seule amie c'est Mindy avec qui il partage le même jour d'anniversaire et qui s'est toujours montrée gentille avec lui. Mais Mindy se fait assassiner par son petit ami, l'adjoint du shérif et, manque de chance, c'est Danny qu'on retrouve au-dessus de son cadavre. Commence alors une longue nuit : poursuivi par le shérif et le meurtrier, par les frères de la victime  et par un policier de la ville, Danny est contraint de fuir pour un crime qu'il n'a pas commis. La chasse a commencé.

Ce livre est une belle déception. Un résumé alléchant, des critiques élogieuse... "Magnifiquement écrit et incroyablement dérangeant" dixit le New-York Times. Sur l'écriture je suis plutôt d'accord, même si le "magnifique" est peut-être un peu excessif : pour un premier roman cependant, Gailey ne se débrouille pas trop mal et a une jolie plume. Le style est fluide et la lecture agréable. En revanche, rien de moins dérangeant que cet ouvrage : certes, on part sur un postulat intéressant, celui d'un gentil benêt qui, du fait de sa différence, se retrouve accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis. Mais là où je m'attendais à un déferlement de haine, à une description de l'Amérique profonde dans toute sa splendeur, et bien nous n'avons qu'une intrigue banale et un portrait très lisse d'une communauté un peu bourrue mais au fond pas méchante. Le seul "méchant" de l'histoire, c'est l'adjoint du shérif, c'est celui qui boit, se drogue, tue les gens  et les biches sans remords. C'est lui qui fait accuser Danny, c'est lui qui commet pas mal d'atrocités et qui éclate d'un rire diabolique à la moindre occasion... J'avais rarement vu autant de manichéisme dans un livre mais là c'est fait : pire, cette phrase de Danny qui justifie ainsi la pensée de l'auteur : "Certaines personnes sont idiotes. D'autres sont intelligentes. Certaines sont gentilles, et d'autres sont méchantes. On est comme on est." Voilà voilà. Amis de la subtilité passez votre chemin. Le monde de Gailey est un monde de testostérone, de flics bourrus et d'épouses résignées. Vous vous attendiez à un portrait au vitriol, vous n'avez qu'une banale course-poursuite sans intérêt, ponctuée ça et là de quelques éléments surnaturels, de références religieuses bancales et d'un happy end d'un politiquement correct et d'une mièvrerie à faire pleurer. Dieu bénisse l'Amérique...

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 10:07

L02.jpgL'homme au masque de brouillard

Eric Sanvoisin

éditions Auzou

2014

 

Oyonnick est un jeune magicien  qui sillonne RocheFlamme pour venir en aide à ceux qui ont besoin de lui. C'est un homme joyeux et insouciant. Mais, un jour, il est convoqué par le Conseil des Neuf Sages en urgence. En effet, depuis quelque temps, le conseil est attaqué : ses membres tombent mystérieusement malades un à un et leurs âmes sont soufflées. Oyonnick est chargé d'enquêter là-dessus d'autant plus que son oncle d'adoption est victime du même phénomène. Une enquête qui va le mener au coeur du Continent Flou à la poursuite d'un homme mystérieux au masque de brouillard.

Livre pour les 11-13 ans, L'homme au masque de brouillard n'est pas LE chef-d'oeuvre de l'année. L'intrigue est un peu brouillonne et trop rapide et  les personnages sont vite expédiés. En revanche, Eric Sanvoisin a une très jolie écriture, assez poétique et met en scène un univers intéressant jouant entre ombre et lumière, brouillard et clarté. J'ai apprécié aussi les relations entre les différents personnnages, en particulier entre Oyonnick et Réséda que l'auteur résume avec cette cruauté désarmante et assez rare dans un livre d'enfants : "Elle l'aimait encore. Lui, non." De même j'ai trouvé que c'était une bonne idée de ne pas faire d'Oyonnick le seul héros de l'histoire : certes, il joue une part importante mais il est sauvé plus d'une fois et n'aurait pas pu s'en sortir tout seul sans l'aide d'autres protagonistes que Sanvoisin prend le temps d'étudier et de décrire. Vous l'avez compris : L'homme au masque de brouillard n'est guère adapté à un public adulte et ennuiera je pense de grands adolescent. En revanche, il me semble plutôt bien adapté pour un public plus jeune, amateurs en herbe de fantasy...

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 09:57

L05.jpgHouellebecq économiste

Bernard Maris

éditions Flammarion

2014

 

J'avais promis de parler un peu de l'actualité littéraire, et c'est avec un livre sur Houellebecq que nous allons démarrer... écrit par un économiste. Bernard Maris, chroniqueur à Charlie Hebdo, est  l'auteur notamment de l'Antimanuel d'économie. Avec Houellebecq économiste, c'est véritablement une déclaration d'amour qu'il adresse à l'auteur des particules élémentaires puisqu'il le considère comme un économiste hors pair, qui par le biais de l'écriture, parvient à parler du capitalisme, de la loi de l'offre et de la demande, de la consommation, etc. Pour cela, Bernard Maris nous invite à travers chaque chapitre à lire Houellebecq par le biais de grands économistes comme Marx, Keynes et, surtout, Schumpeter et à constater par nous-même que ses livres ont su résumer l'essence même des grandes théories économiques. C'est à ce moment-là que vous êtes supposés avoir les yeux mouillés d'émotion.

Que ce soit clair, je n'ai lu aucun ouvrage de Houellebecq et je n'envisage pas de le faire dans un avenir proche, d'une part parce que le personnage public m'est insupportable et, d'autre part, parce que rien ne m'a convaincue dans les extraits que Maris cite dans son propre livre : j'ai du mal de façon général avec les auteurs tellement mégalos qu'ils se sentent obligés de se mettre en scène, même si ce n'est que de nom. Peut-être que je rate quelque chose mais inutile de me faire la leçon : je pense avoir des auteurs bien plus intéressants à découvir avant ce dernier. De fait, l'ouvrage de Bernard Maris ne m'a que très moyennement inspirée. En soi, je trouve l'idée amusante, décrypter un livre pour en faire une analyse économique et c'est d'ailleurs cette démarche qui m'a poussée à lire Houellebecq économiste. Après, j'ai fait des études de lettres et je sais que rien n'est plus facile que de faire dire à un texte tout et son contraire : je suppose qu'il est même possible de trouver une analyse philosophique à Si c'était vrai. Accordons donc le bénéfice du doute à Maris et admettons que Houellebecq soit le visionnaire de l'économie qu'il prétend. Je serais en revanche moins indulgente sur l'écriture de notre essayiste : qui dit essai suppose une certaine objectivité, pas cette admiration béate qui dégouline tout le long du livre. De même je ne suis pas du tout convaincue par l'idéologie que défend Houellebecq selon Maris : journalistes et publicitaires sont des parasites (je pense que ceux qui ont fait la promo de son essai vont être ravis) les artistans à l'inverse sont le sel de la terre (faites-moi penser à lui en présenter quelques-uns) et les femmes sont l'avenir de l'économie. Je crois qu'il n'y a rien de plus qui me hérisse le poil que ces discours soi-disant féministes qui présentent la femme comme une sorte d'ange terrestre, l'avenir de l'humanité. Non non je vous rassure, elles sont pareilles que les hommes, avec leurs grandeurs et leurs faiblesses. Bref, beaucoup de platitudes et de clichés faciles supposés faire de Houellebecq un grand penseur, un homme qui a tout compris au monde et à ses rouages. Mauvaise interprétation de Maris ? Mauvaise lecture de ma part ? Admettons mais une chose est sûre : si Houellebecq économiste fera sans doute très plaisir à tous ces admirateurs, je doute qu'il pousse les autres à le lire.

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 19:27

L02.jpgComment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et retrouvé l'amour

SG Browne

éditions Gallimard

2009

 

Andy avait une vie agréable, une femme, une petite fille... mais ça, c'était avant. Avant l'accident de voiture qui lui a coûté la vie. Car oui, Andy est un zombie et de fait il n'a plus aucun droit. Toléré uniquement par les "respirants", il n'a plus ni numéro de sécurité sociale, ni le droit d'avoir un compte en banque. Il ne peut ni monter dans un bus ni même sortir passé vingt-deux heures. Sa femme est morte dans l'accident et  il n'a plus de droit de garde sur sa fille. Du coup, Andy est contraint de vivre reclus dans la cave de ses parents, à regarder la télé en perdant des bouts de corps et  à boire beaucoup de vin dont il ne sent même plus le goût. Heureusement les zombis anonymes sont là pour l'aider à reprendre goût à la mort-vie et Andy ne tarde pas à tomber sous le charme de la jolie Rita, suicidée depuis peu. Notre héros retrouve progressivement confiance en lui, mais cette confiance ne va pas sans quelques inconvénients, notamment celui de retrouver un matin les corps de son père et de sa mère découpés dans le congélateur. Et oui, c'est ça aussi être un zombie...

Certes, ce n'est pas de la haute littérature mais Comment j'ai cuisiné mon père... fait passer un agréable moment. Ecrit du point de vue du zombie pour changer, le récit est très drôle, bourré d'humour mais également d'un certain cynisme. L'auteur prend le parti risqué de faire adhérer son lecteur à un personnage monstrueux et plutôt ridicule : Andy a eu les cordes vocales sectionnées durant l'accident et ne peut donc pas parler, il se décompose peu à peu, il boitille à cause de nombreuses fractures qui ne se répareront jamais... Difficile d'en faire un héros tragique mais, en le présentant comme le narrateur, Browne le rend plus attachant d'autant plus que Andy se tourne en dérision lui-même et se moque de ce qu'il est devenu tout en le déplorant. C'est donc à la fois léger et désespéré. Alors oui, le style est loin d'être extraordinaire, les blagues tombent parfois à plat ou se répètent, mais l'ensemble est plutôt agréable et m'a fait aimer pour une fois un livre de zombie. Une lecture d'été avant que l'automne ne s'installe définitivement parmi nous.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 12:02

L01.jpgLe purgatoire des innocents

Karine Giebel

éditions Pocket

2013

 

Cela devait être un casse facile, un vol de bijoux tout en douceur, sans blessés, sans morts. Raphaël n'avait pas envie d'effusions de sang, juste de gagner enfin de quoi se retirer et, riche, de couler des jours paisibles avec son petit frère William. Mais les choses ont dégénéré : une voiture de police qui passe à ce moment-là, des tirs, deux morts et un blessé, son propre frère... Pour Raphaël et ses complices, il faut songer à trouver une planque. La chance paraît leur sourire : ils tombent sur une vétérinaire vivant à l'écart dans une maison isolée. Elle s'appelle Sandra et son mari est absent pour deux jours. Personne ne viendra les chercher là, ce qui laissera le temps à William de se remettre de ses blessures. Bien évidemment, rien ne va se passer comme prévu et le refuge devient vite un enfer....

Inattendu, Le purgatoire des innocents est un véritable choc. Je ne connaissais pas du tout cet auteur et je me suis laissée totalement surprendre par cette histoire qui prend un tour des plus inattendus et qui peu à peu verse dans l'horreur la plus totale. Je ne pense pas être d'une nature particulièrement sensible mais j'avoue avoir ressenti un profond malaise en lisant une intrigue qui ne nous épargne aucun détail atroce et  qui explore jusqu'à plus soif les bas-fonds de l'âme humaine. Bon au niveau de l'écriture, je ne suis pas totalement convaincue : Karine Giebel est fan des phrases courtes et choc qui sonnent un peu comme des sentences et qui, à un moment donné, donne au texte un côté un peu lourd. C'est particulièrement flagrant quand elle s'emploie à décrire l'état d'âme de ses personnages. En revanche, ce défaut est contre-balancé par des descriptions très sombres et très justes et par un récit rythmé qui tient le lecteur en haleine de bout en bout et de rebondissements en rebondissements. Le purgatoire des innocents a donc été pour moi une très belle découverte, un polar lu en trois jours et qui je pense trouvera sans doute plus d'un amateur par ici.

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 12:07

L09.jpgMortimer

Terry Pratchett

éditions Pocket

1987

 

A dire vrai, c'est avec le premier tome La huitième couleur que j'avais commencé à lire Pratchett. Pour abandonner pour quelques temps l'auteur je l'avoue : oui, c'était drôle, oui c'était burlesque, mais il manquait quelque chose. Quelques mois plus tard, je récidivais mais cette fois avec un autre titre, plus avancé dans la série : Mortimer. Bien m'en prit car c'est cet ouvrage qui m'a donnée le goût de lire dans son intégralité Les annales du Disque-Monde.

A la foire à l'embauche, Mortimer reste seul et bien malheureux : personne ne veut l'engager. Il faut dire que c'est un garçon étrange, tout en bras et en jambes, à la logique curieuse, plein de bonne volonté mais pas franchement dégourdi. Mais, sur les coups de minuit, un employeur se présente finalement : la Mort, ni plus ni moins, qui souhaite l'engager comme apprenti et accessoirement le préparer à sa succession. C'est sans compter sur les talents de Morty pour tout gâcher...

Pourquoi faut-il lire Mortimer? D'une part parce que c'est le premier ouvrage de Pratchett où la Mort ne se contente pas de faire de la figuration mais joue un rôle à part entière et il faut dire ce qu'il est, la Mort chez Pratchett est drôle, être totalement dépourvu d'humour parlant en majuscules, aimant les chats et faire la cuisine. Les autres personnages du livre sont tout aussi drôles que ce soit l'apprenti maladroit, la princesse caractérielle ou encore Isabelle, la fille de la Mort, amatrice de lectures sentimentales et se prenant elle-même pour une héroïne éthérée de romans à l'eau de rose, ce qui serait crédible si elle pesait quarante kilos de moins. Un casting de choix pour une intrigue rondement menée, fluide, et qui, contrairement aux trois premiers ouvrages de la série ne se présente pas comme une successions de rebondissements mais réellement comme une histoire continue avec une fin pour le moins imprévue. On ne s'ennuie pas un instant et on rit beaucoup tout en ayant cependant dans Mortimer une légère mélancolie pas forcément désagréable. Soulignons enfin toutes les jolies trouvailles de l'univers de la Mort : les livres qui s'écrivent eux-même, la salle des sabliers de vie, les noeuds de l'univers... Et si avec tout ça vous n'êtes pas tentés, je ne peux plus rien pour vous !

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 11:03

L05.jpgLa danse de l'hippocampe

Orphans 2

Claire Gratias

éditions Rageot

2013

 

Marin n'avait pas tellement mesuré ses paroles le jour où il a balancé à sa mère avant de quitter la maison qu'il préférerait être orphelin. Des mots durs qu'il est aujourd'hui amené à regretter alors qu'il vit désormais dans un monde parallèle hostile, sans parents et sans grande soeur. Qu'est-ce que le projet Orphans et a-t-il moyen de retourner dans sa vie ? Aidé de son amie Tessa, elle aussi dans la même situation, les voilà amenés à se débattre pour retrouver le chemin de la maison...

Si le premier tome était plutôt intéressant, le second tome de la série Orphans est une catastrophe. Je m'ennuie rarement quand je lis des romans jeunesse et pourtant celui-ci est parvenu à me faire regretter mon achat. La faute à bon nombre de défauts qui ne pardonnent pas : tout d'abord, loin de se contenter d'une intrigue simple, l'auteur s'empresse de multiplier les histoires. Si elle s'était contenté de rester concentrée sur les deux ados pris au piège, Claire Gratias aurait peut-être eu une chance de s'en sortir; au lieu de cela elle va se pencher sur la meilleure amie de la grande soeur, sur un secret que dissimuleraient les parents des enfants disparus, sur la seconde guerre mondiale et  sur ses complots... Non seulement le lecteur est obligé de suivre plusieurs intrigues plus ou moins tirées par les cheveux mais, de plus, il saute d'un personnage à un autre et ne s'attache à aucun. Il faut avouer que tous ces personnages sont plus tête à claques les uns que les autres entre la journaliste fouineuse, les ados et leurs hormones, la grande soeur militante écolo gentille et le méchant écolo terroriste... Ce sont des clichés sur pattes : les méchants sont de vrais méchants, le genre anciens nazis qui éclatent d'un rire gras quand ils ont fait un mauvais coup, et les gentils au contraire font tout pour sauver le monde. Manichéen au possible La danse de l'hippocampe n'est même pas secouru par une écriture faiblarde et des dialogues artificiels : dans le premier tome, le style était sauvé par l'histoire qui en gommait un peu les faiblesses mais ici cela ne suffit pas. J'ignore si Orphans est une série trop ambitieuse ou si ce second tome n'est qu'un accident de parcours, le ventre mou de la trilogie. Je crains cependant de ressentir le même ennui en lisant le dernier volume, mais qui sait, on n'est jamais à l'abri d'une agréable surprise.

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