Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 18:08

L01.jpgLa lignée

Guillermo del Toro/ Chuck Hogan

Editions Pocket

 

Enfin de VRAIS vampires ! Pas de ces gentilles petites choses en proie à des luttes existentielles (personne ne leur a dit que ça servait à rien puisqu’ils étaient morts ?) mais de bonnes vieilles créatures bien malfaisantes dans un roman fantastique à faire froid dans le dos.

Un jour de septembre 2010, un Boeing 777 en provenance de Berlin atterrit normalement à New York. C’est après l’atterrissage que les choses se gâtent : l’appareil tombe en panne et le pilote ne répond plus à la tour de contrôle. Une équipe de secours retrouve tous les passagers de l’appareil morts à bord, à l’exception de quatre rescapés qui n’ont aucun souvenir de ce qui leur est arrivé. Quant à la cause des décès, elle reste totalement incompréhensible. Mais c’est à la nuit tombée que les choses se gâtent, quand les quelques deux cent corps des victimes disparaissent des morgues de la ville. Bientôt, Ephraïm Goodweather, l’épidémiologiste en charge de l’affaire, se rend à l’évidence ; il doit faire face à une pandémie d’un genre inhabituel : les vampires ont commencé à coloniser New York et, si on ne les arrête pas, ils auront bientôt décimé la ville entière…

Amateurs d’Anne Rice ou groupies d’Edward, passez votre chemin. Ces vampires-là ne sont pas pour vous. Ils sont malfaisants certes, mais, de plus, ils n’ont absolument rien de sensuel. Êtres très proches des zombies, ils sont plutôt laids, incapables de s’exprimer autrement que par des borborygmes, asexués (ils perdent leurs organes génitaux au moment de la transformation) et défèquent quand ils se nourrissent. Rien de très glamour donc. Grouillant de vers, ces vampires sont d’ailleurs comparés par les auteurs à des rats ou encore à des cancers parasitant leurs hôtes. De quoi refroidir les ardeurs vampiriques des plus tordu(e)s d’entre nous.

Ceci dit, en toute sincérité, cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de romans fantastiques et celui-ci m’a bien angoissée. Dans une ambiance quasi-apocalyptique, nous assistons impuissants à un désastre annoncé. Les auteurs dosent avec habileté le côté scientifique (analyses médicales, mise en place de quarantaines, descriptions cliniques des vampires) et le côté surnaturel (l’être maléfique présent depuis des millénaires, pieux en argent et légendes oubliées) et créent de ce fait un univers qui nous est familier pour mieux le faire voler en éclats. Le seul bémol de cette histoire, c’est encore une fois la touche « sentimentale » avec le personnage de Ephraïm qui, au milieu de difficultés plus urgentes, parvient tout de même à se lamenter sur son statut de père divorcé. Réaction du lecteur ? On s’en fout, va donc décapiter du vampire au lieu de te demander pourquoi ton mariage a échoué ! Pour le reste, c’est une réussite : une intrigue efficace menée à la façon d’un compte à rebours et un bon suspens. De quoi provoquer quelques cauchemars en attendant de pouvoir lire la suite, sortie il y a à peine un mois…

 

Et en bonus, quelques titres qui m’ont fait penser à ce roman (à voir, ce bonus deviendra peut-être récurrent dans le blog)

Salem de Stephen King

Le Fléau de Stephen King

Je suis une légende de Richard Matheson

Repost 0
Published by beux - dans Fantastique
commenter cet article
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 11:41

L02.jpgElle s’appelait Sarah

Tatiana de Rosnay

Editions Livre de Poche

 

Je n’aime pas trop lire des romans sur la seconde guerre mondiale et la déportation. Emotionnellement, je trouve ça rude et généralement, ça tombe le plus souvent dans le larmoyant le plus primaire. Pour une fois, j’ai fait une exception, intriguée par le film qui est en ce moment dans les salles : Elle s’appelait Sarah. Je ne sais pas si j’aurais le courage de me traîner au cinéma mais l’histoire m’intriguait trop pour que je ne lance pas dans le livre de Tatiana de Rosnay qui a donné lieu à l’adaptation cinématographique.

16 juillet 1942 : des policiers français organisent une immense rafle de juifs. Parmi eux, Sarah, dix ans. Cette dernière, avant de quitter l’appartement, enferme son petit frère de quatre ans dans un placard secret en lui promettant de venir le rechercher. La clé dans la poche, la voilà embarquée par la Gestapo avec ses parents, ignorant tout du sort qu’on va lui réserver… En 2002, Julia Darmond, journaliste américaine marié à un français, est chargée de faire des recherches sur la rafle du Vél’d’Hiv à l’occasion de la commémoration de cette dernière, soixante ans auparavant. A priori, rien ne lie Sarah à cette femme d’une quarantaine d’années, mère d’une petite fille et souffrant de problèmes conjugaux relativement graves. Pourtant, de façon inattendue, le destin de ces deux personnes se retrouve lié et Julia, soixante ans plus tard, se lance sur les traces de cette enfant disparue de chez elle par une nuit de juillet...

Ce roman m’a laissée un curieux sentiment. J’ai été à la fois touchée et agacée. L’écriture est simple et Tatiana de Rosnay a un style qui n’a rien d’exceptionnel. Je vais peut-être me faire lyncher mais pour moi c’est un auteur à rapprocher de Barbery ou Gavalda (oh ça va, tout le monde ne peut pas être fan de Barbery et Gavalda) en gros un auteur qui dit entre ses lignes : « je suis un auteur sérieux moi madame mais si je peux jouer sur votre corde sensible, et bien je ne vais pas me gêner ».  Et c’est vrai qu’à plusieurs reprises le récit tombe dans le larmoyant. Curieusement, ce n’est pas lorsque de Rosnay s’attaque à la partie de la déportation et à l’histoire de Sarah, d’une étonnante sobriété, mais plutôt lorsqu’elle narre le récit de Julia, un personnage qui pleure beaucoup, seule ou avec les siens, qu’elle tombe dans un sentimentalisme outré. J’ai été aussi particulièrement agacée par les bons vieux clichés sur les français et notamment sur les parisiens qui fleurissent au gré de la narration. Ceci dit, le roman a des qualités qu’il ne faudrait pas nier : une construction efficace qui alterne l’histoire des deux personnages sans jamais léser l’une au profit de l’autre et une façon de parler de la déportation qui n’a pour le coup rien de mièvre. Avec une certaine subtilité, l’auteur rappelle à quel point malgré les commémorations diverses et variées, nous ignorons tout de cette période sombre de l’histoire qu’est l’Occupation. Ainsi personnellement, j’ignorais que la rafle du Vél’d’Hiv’ avait eu lieu à Paris même de même que j’ignorais à quel point la police française avait joué un rôle actif dans tout ça. Tatiana de Rosnay tout au long de l’histoire s’interroge : vaut-il mieux oublier ? Y a-t-il certains événements qui sont trop horribles et qui doivent être enterrés au fin fond de notre mémoire pour éviter de souffrir et de faire souffrir les autres? Dans Elle s’appelait Sarah nous avons des personnages qui pour une raison ou une autre choisissent de taire trahisons ou événements douloureux et de faire comme si de rien n’était ; Julia en revanche choisira de briser le silence et préférera révéler la vérité, au risque de détruire sa vie et celles d’autres personnes. L’auteur prend ainsi un parti et démontre que tout est préférable au silence, semblable au silence de cette petite fille qui a enfermé un jour son petit frère dans le placard. C’est un peu triste quand même d’autant plus que certains secrets ne sont pas faciles à exhumer… Bon Ok, j’admets j’ai eu les yeux larmoyants en lisant Elle s’appelait Sarah mais je suis presque sûre que c’était dû à mon rhume. Presque.

Repost 0
Published by beux - dans Roman
commenter cet article
20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 11:49

L05.jpgEté

Mons Kallentoft

Editions le Serpent à plumes

 

Bon, ne vous attendez pas à des merveilles aujourd’hui. Je suis malade et pas très apte à vous faire découvrir de merveilleuses lectures, d’autant plus que le livre dont je vais vous parler à présent n’a rien d’un chef-d’œuvre.

On le sait très bien ; rien ne vaut durant ces tristes périodes où le ciel semble vouloir vous engloutir un bon roman policier à lire sous sa couette ou au coin du feu.  J’étais d’autant plus impatiente d’attaquer Eté, le second volume de la trilogie de Mons Kallentoft, que le premier, Hiver m’avait vraiment beaucoup plue. Mais, pour le coup, ça a été une petite déception.

Malin Fors, notre héroïne du premier tome, revient dans ce second volet. Cette fois, plus d’hiver glacial, mais un été extrêmement chaud durant lequel le temps semble fonctionner au ralenti (et oui, pour le coup il vous faudra plus d’imagination)  Une série de viols et de meurtres est perpétuée sur des jeunes filles d’une quinzaine d’années. Malin, très concernée par ces crimes (sa fille a l’âge des victimes) enquête sur ce dossier épineux avec son collègue Zeke, enquête qui la mènera tour à tour dans les milieux lesbiens puis dans ceux des délinquants sexuels et qui lui fera rencontrer des personnes liées de près ou de loin à l’affaire mais qui, au final n’auront pas grand-chose à voir là-dedans…

Parlons déjà des qualités du livre, car il y en a pas mal. Ce qui est intéressant dans Eté, c’est  le portrait sans complaisance qui est dressé de la police : pleine de préjugés (les meurtres ont peut-être à voir avec le milieu lesbien, donc il s’agit forcément de l’équipe de football féminine. De même les soupçons se portent immédiatement sur des immigrés) cette dernière fait également preuve de méthodes peu orthodoxes pour obtenir des aveux (l’un des enquêteurs aura de nombreuses fois recours à la violence) avec au final des résultats peu probants. Ceci dit, l’auteur ne semble pas pour autant condamner la police ; il se contente de souligner que préjugés et violence font partie de l’être humain… C’est d’ailleurs ce qui fait l’intérêt de son héroïne, Malin, ses faiblesses : son penchant pour l’alcool, sa peur de la solitude et son refus d’admettre qu’elle va mal.  L’autre intérêt du livre porte sur son atmosphère, cet été caniculaire sur fond d’incendies qui transforme la paisible petite ville suédoise en enfer sur terre et où personne de ce fait n’est à l’abri.

Mais malheureusement, le livre pèche à de nombreux endroits. D’une part, la trame est quasi-similaire au premier volet Hiver. Des conditions climatiques extrêmes, le meurtrier qui prend la parole au début du récit, des morts qui interviennent au fil des pages, une enquête qui aboutit la plupart du temps à des impasses… Le sentiment de déjà-vu ne tarde pas à affecter le plaisir de la lecture, d’autant plus que cette fois, Mons Kallentoft n’y va pas avec le dos de la cuillère, multipliant les voix et les intrigues parallèles et provoquant au final une certaine lassitude chez le lecteur. Plus grave, l’intrigue principale est tirée par les cheveux et sa conclusion hâtive, nous laissant sur notre faim. L’auteur semble plus désireux de dénouer les écheveaux de la vie sentimentale et familiale de Malin que de donner une fin satisfaisante à l’enquête et, pour un roman policier, je trouve ça assez scandaleux ! Enfin, je n’ai que moyennement apprécié le ton pompeux du récit et sa façon d’insister sur la notion de « Mal », comme si le Mal était une entité vivante que l’on pouvait reconnaître dans les yeux de tous les violeurs d’enfants et de tous les psychopathes avides de sang. En bref, Eté reprend les mêmes ingrédients qu’Hiver mais avec la subtilité en moins et de la guimauve en plus (tous les enquêteurs de romans devraient être célibataires, sans enfants, et uniquement préoccupés de résoudre leurs enquêtes au lieu de se pencher sur les méandres de leur tumultueuse vie sentimentale) Reste à savoir ce que donnera le dernier volet de la trilogie….

Repost 0
Published by beux - dans Polar
commenter cet article
14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 13:28

L02.jpgCathy's Book

Sean Stewart/ Jordan Weisman

éditions Bayard Jeunesse

 

Entre mes mains, un livre. Mais un livre qui n'a rien de traditionnel. Il se présente en effet comme un carnet, avec à l'intérieur, dans une pochette, plein de documents annexes, lettres, dessins, coupures de journaux... Les pages sont gribouillées, annotées. Des numéros de téléphone sont inscrits ça et là. Et si vous pensiez faire une lecture tranquille, détrompez-vous.

Cathy's book est à ma connaissance le premier livre "interactif" au monde, écrit d'ailleurs par des concepteurs de jeux vidéos. L'histoire est un journal intime, celui de Cathy, jeune fille de dix-sept ans qui, larguée par son petit ami Victor, se met en tête de comprendre les raisons de cette rupture. La voilà donc menant une véritable enquête sur le mystérieux jeune homme, avec l'aide d'Emma, sa meilleure amie. Et le lecteur est également sollicité! A l'aide des documents qui lui sont fournis, il peut mener sa propre enquête, aller sur les sites que lui indique Cathy, trouver les codes pour accéder aux messageries vocales des protagonistes de l'histoire, écouter les messages... et ce afin de résoudre avec Cathy le mystère qui entoure Victor.

J'avoue que j'ai été très paresseuse sur ce coup-là: pour trouver les codes et résoudre les énigmes, je ne me suis pas fatiguée et j'ai été chercher directement sur Internet (si, je tiens à préciser que j'en ai quand même trouvé un, le plus simple je le crains) Ceci dit, j'ai beaucoup apprécié la forme du roman, dont l'originalité en fait encore aujourd'hui l'une des meilleures ventes du rayon jeunesse. L'histoire n'a rien d'extraordinaire et le mystère Victor en soi est bien vite résolu par un esprit pas trop lent mais le style est sympathique, l'héroïne plutôt drôle, le principe amusant. Je vais très probablement d'ici peu me procurer le deuxième tome de la série (car oui, il y a une suite, et le troisième est même annoncé pour ce mois-ci) et cette fois je vous le promets de le faire sérieusement, avec un crayon à la main, l'ordinateur allumé et le téléphone à côté.

Ceci dit, comment vous dire? pour moi, lire Cathy's book et bien... cela n'a pas été vraiment lire. Disons que ce n'est pas vraiment ma conception de la lecture. Ah ne commencez pas à hurler, j'ai déjà dit que le style était tout à fait convenable, que les personnages étaient attachants, le problème ne vient donc pas de l'écriture. C'est juste que, quand je lis, je n'ai pas forcément envie de me demander par quoi commencer: lire les documents, lire le journal, aller sur le site? Pour moi la lecture repose pour une bonne part sur l'imagination, or de l'imagination il n'en faut pas pour l'oeuvre de Stewart et Weisman. Tout est balisé, tout est décrit, nous avons des représentations des personnages et de leur voix, une avalanche de documents pour cerner leurs différentes personnalités... Ici, c'est la logique qui est sollicitée. Et comme je suis quelqu'un de plus imaginative que logique... Pour moi Cathy's book s'apparente à un jeu vidéo, une activité qui vous demande un esprit alerte et non pas un besoin d'évasion. C'est fatiguant car il faut rentrer quasiment dans la peau de l'héroïne et adhérer à un univers qui ne vous laisse aucune latitude. Après, avec quelques efforts on peut tout à fait se laisser porter ceci dit. Pour conclure, ce que j'ai le plus apprécié dans ce livre, c'est surtout l'idée des documents annexes qui nous rappellent que la vie d'une personne ne se résume pas à ce qu'elle écrit mais également à tous ses petits objets qui peuplent sa vie quotidienne: croquis, feuilles volantes, poèmes esquissés, lettres, faires-parts, gribouillis dans le coin d'une page... Tous ces petits riens qui font paradoxalement tout le sel d'un homme.

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article
7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 21:36

L08.jpgCandide

Voltaire

éditions Librio

 

J'aime beaucoup les contes. Vraiment. Les vrais contes, ceux qui viennent de la tradition orale (saviez-vous par exemple qu'il existait une multitude de versions de Cendrillon dont l'une avec un héros masculin?) et qui ont été ensuite couchés sur papier par différents auteurs avec des styles et des sensiblités différentes. C'est pourquoi, dans la mesure où j'aime les contes, je ne peux pas aimer les contes philosophiques de Voltaire, et encore moins Candide qui, à mon sens est le plus ronflant de tous.

Voltaire, que tout le monde connaît, s'est servi du genre littéraire du conte (la concision, le style naïf, un héros qui fait son apprentissage) mais l'a détourné afin d'en faire un récit ironique au service de ses idées et de sa philosophie. Dans Candide ou l'optimisme, le héros éponyme, bâtard de la soeur d'un baron, vit gaiement dans le château de ce dernier avec son précepteur, Pangloss, qui lui enseigne que "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes". Et en effet, Candide n'a pas à se plaindre dans le plus beau des châteaux jusqu'au jour où, hélas! il est chassé par le baron pour avoir embrassé sa fille, Cunégonde, dont il est amoureux. Lâché dans le vaste monde, notre héros naïf découvre peu à peu que la philosophie de son précepteur bien-aimé laisse à désirer: guerres, fanatisme religieux, cupidité... Le jeune homme manque de se faire tuer à de nombreuses reprises, assiste à des massacres insensés, retrouve sa dulcinée qui a été violée... Peu à peu il perd sa foi dans le meilleur des mondes et essaie tant bien que mal de s'adapter à ce nouvel univers...

Je ne vais pas épiloguer sur Candide. Je n'ai jamais eu d'inspiration sur ce conte, que ce soit au lycée ou aujourd'hui, lui préférant largement Zadig du même auteur, plus court et moins parodique. Candide est un récit qui détourne le conte: tout comme le héros du conte traditionnel, notre héros est amené à faire son apprentissage mais, alors que dans le conte traditionnel, cet apprentissage permet au héros de grandir, l'amenant à une fin, les expériences que vit Candide ne lui sont d'aucune utilité et ne servent qu'à lui démontrer la cruauté et l'absurdité de notre monde. A dessein, Voltaire utilise le style faussement naïf du conte et un personnage ingénu pour accentuer le contraste avec les barbaries qu'il décrit. C'est donc une perpétuelle ironie qui vise à un seul objectif: ridiculiser la philosophie de l'optimisme (dont Pangloss est la représentation) en démontrant que non, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Vous trouvez que je me répète? tant mieux, parce que c'est exactement l'impression que j'éprouve en lisant Voltaire. C'est redondant, c'est exagéré. Les contes "normaux" le sont aussi, certes, mais ils ne sont jamais aussi longs. Qui plus est, il n'y a pas cette sorte d'auto-satisfaction qui suinte à chaque phrase de l'auteur: "Regardez comme je suis brillant et ironique" . Candide est pour moi une surrenchère. Au début on sourit, à la fin on s'ennuie, gavé par les malheurs de Candide et ses exclamations répétées, gavé par tous ses personnages qui se succèdent, meurent et ressuscitent,  pour nous montrer à quel point le monde est affreux:  "Qu'est-ce que l'optimisme? disait Cacambo. - Hélas! dit Candide, c'est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal" Je reconnais volontiers à Voltaire une plume brillante et une ironie mordante. Mais les philosophes des Lumières n'ont jamais été ma tasse de thé. Pardon à mon prof de français en seconde et pardon à tous les lycéens qui sont tombés sur cette page par hasard, en espérant trouver de quoi faire une fiche de lecture....

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article
4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 19:13

L01.jpgHistoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut

Prévost

éditions Flammarion

 

Ou l'histoire dont "le héros est un fripon et l'héroïne, une catin"... L'expression n'est pas de moi je vous rassure, je ne suis pas assez intelligente pour ressortir des phrases pareilles, surtout à cette heure-ci. Elle est de Montesquieu qui jugeait ainsi l'histoire d'amour entre Des Grieux et Manon Lescaut. Je suis assez d'accord ceci dit avec cette interprétation de l'oeuvre. Difficile de trouver sympathiques ces personnages qui paradoxalement vivent une histoire d'amour des plus touchantes, si touchantes qu'elle fait aujourd'hui partie du "top" des histoires d'amour, entre Roméo et Juliette (jamais été fan d'eux d'ailleurs, toujours préféré Ophélie et Hamlet) et Abélard et Héloïse.

Le chevalier Des Grieux est un jeune noble, cadet d'une bonne famille et promis à un grand avenir. Snob, d'un goût porté aux études et à la religion, son chemin croise un jour celui de Manon, jeune fille de basse naissance, que faute de moyens, sa famille a décidé de faire entrer au couvent.  Des Grieux tombe amoureux de la belle, prend la fuite avec elle et ils deviennent amants. Non, ne commencez pas à hausser les épaules en prenant un air entendu: la tragédie de l'histoire (car c'est un roman tragique, ne vous bercez pas d'illusions) ne repose pas sur la différence de rang entre les deux amants. La tragédie repose sur leurs personnalités qui, l'une comme l'autre, vont les mener à leur perte (enfin elle surtout). Manon aime Des Grieux, mais aime encore plus l'argent, ou plutôt tout ce qu'il peut lui apporter: confort, distractions, plaisirs... Personnage assez simple, elle prend la vie avec légèreté et trahit son chevalier plus d'une fois pour des hommes plus fortunés, au demeurant sans presque penser à mal. Pour elle, comme elle l'avoue une fois à son amant, tout ce qui compte , c'est "la fidélité du coeur". Des Grieux, amant passionné, n'a pas la même vision qu'elle: pour lui son monde se résume à sa maîtresse, à sa Manon adorée et pour elle, il va très loin: il triche aux jeux pour lui offrir une vie de luxe, lui pardonne ses trahisons, vole... il va même jusqu'au meurtre pour la retrouver alors qu'elle est emprisonnée... Tout le drame repose donc sur ce couple impossible, cette alliance entre sentiments nobles et préoccupations mondaines, ou comment l'amour amène à agir contre la société et, bien plus grave, sa propre conscience. L'ironie de la situation dans ce roman repose sur le fait que les amants se sortent de toutes les galères possible et inimaginables mais que ce n'est que lorsqu'ils s'assagissent, qu'ils veulent se marier et que Manon devient enfin aimante et fidèle, ce n'est qu'à ce moment-là que le sort s'acharne et que, contraints de fuir, Manon meurt dans le désert dans les bras de son amant, vaincue par cette ultime épreuve. C'est comme si l'auteur les jugeait digne seulement à ce moment-là d'avoir une véritable fin de tragédie après un roman qui, au fond, tient plus au niveau de l'intrigue, du vaudeville. Mais qui peut blâmer cet amour passionné, terriblement égoïste et destructeur? Ce n'est certes pas l'auteur qui oppose à Des Grieux son ami Tiberge, l'homme de religion, de vertu... et terriblement ennuyeux, prêt à farcir le personnage principal de bons conseils dont il n'a que faire.

Huum je risque d'être un peu plus longue que prévu sur cette note, mais je ne peux pas ne pas parler de la narration dans Manon Lescaut. Car ce qui fait la force du récit avant tout, c'est qu'il est narré par le chevalier Des Grieux lui-même. Or, Des Grieux est un brillant conteur: il décrit à merveille les affres de la passions, les angoisses de la séparation, les tortures de la jalousie... Mais surtout, il est le champion incontesté de la mauvaise foi: il a l'art d'enjoliver son récit, de se dépeindre sous son meilleur jour, occultant certains événements, s'étendant au contraire sur d'autres qui le mettent en valeur. Le récit n'est au fond qu'une plaidoirie, un discours qui vise à convaincre son interlocuteur (le héros d'un autre roman de Prévost) et par là-même le lecteur. D'ailleurs, durant toute la narration, Des Grieux s'en sort toujours en se trouvant des alliés qu'il rallie à sa cause par son style inimitable. Nous parlions de vaudeville; pourquoi le roman n'en est-il pas un alors qu'on y trouve des arnaqueurs, des vieux barbons ridiculisés par leur jolie maîtresse, une amante infidèle, des valets qui dupent leurs maîtres? La réponse tient au style de la narration qui fait de tout ceci une histoire d'amour malheureuse et impossible, un chant tragique à la gloire de deux amants un peu imprudents et un peu inconséquents. Parions que d'un autre point de vue, l'histoire aurait été beaucoup moins belle... Mais la faconde de Des Grieux a des limites: lorsque Manon meurt, il est incapable de décrire cet instant : "Pardonnez si j'achève en peu de mots un récit qui me tue (...) N'exigez point que je vous décrive mes sentiments, ni que je vous rapporte ses dernières expressions. Je la perdis; je reçus d'elle des marques d'amour au moment même qu'elle expirait; c'est tout ce que j'ai la force de vous apprendre, de ce fatal et déplorable événement." Faites le silence nous dit Prévost... il y a des circonstances, des moments, merveilleux ou tragiques qui ne pourront jamais être rendus à l'écrit.

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article
30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 10:11

L01.jpgQui a tué l'idiot?

Dumontheuil

éditions Casterman

 

 

Nous sommes en 1906. Lucien Lurette, acteur raté, arrive dans un petit village au bord de mer, théâtre d'événements pour le moins sordides. En six ans, le tiers des habitants a été assassiné par un mystérieux meurtrier qui tue uniquement les villageois. Qui est-ce? Le comte qui dicte ses lois, unique détenteur des mystérieux poèmes laissés sur les cadavres, le curé qui, après une tentative ratée de suicide ,se terre chez lui, le lanceur de rumeur qui dit beaucoup de vérités et quelques mensonges? Mais en fin de compte, qui est le plus inquiétant? ce meurtrier anonyme ou ces villageois pour le moins atteints; des enfants qui torturent et tuent les animaux, des vieillards qui hurlent que c'est leur faute ou ce concierge qui s'obstine à construire une église au bord de la falaise alors qu'elle sera tôt ou tard détruite? La clé du mystère se trouve cependant dans une seule question: Qui a tué l'idiot, le premier assassiné de l'histoire?

Cette bande dessinée, on me l'a fourrée d'office entre les mains. Je vous le dis tout net, j'avais pas intérêt à ne pas l'aimer, sous peine d'être pourrie par mes charmants collaborateurs. Bon ça va, j'ai beaucoup aimé. Mais c'est trash, il faut l'admettre. Les dessins sont sombres, les personnages ont des traits repoussants, des expressions affreuses et au demeurant, malheureusement, assez réalistes. L'histoire... Vous avez lu le résumé, je crois qu'il n'y a rien à ajouter. Dans un style gothique qui m'a fait penser à l'univers de Tim Burton dans Sleepy Hollow, la bande dessinée est traversée de part en part par un humour macabre plutôt réjouissant. Impossible de dire où s'arrête la part de réalité et la part de rêve, c'est une ambiance cauchemardesque; les traits se tordent, les personnages se transforment en animaux, les corps se gonflent et deviennent monstrueux... Et au milieu de tout ça, nous avons le personnage de Lucien Lurette, l'acteur, qui, bien malgré lui, s'intègre à cette farce grotesque et, presque à son corps défendant, devient l'un des protagonistes principaux de l'histoire, courant le risque de devenir habitant et donc, à son tour, de mourir... C'est la parodie d'une société où chacun a sa place et doit la tenir coûte que coûte, avec une logique poussée jusqu'à l'absurde.  C'est un peu effrayant quand même. Alors, qui a tué l'idiot? A vous de le découvrir à votre tour....

Repost 0
Published by beux - dans B.D.
commenter cet article
29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 22:13

L08.jpgPeregrine Pickle

Tobias Smollett

éditions Routledge

 

 

Lire les 1001 livres... relève parfois du challenge. J'espérais en avoir fini avec les lectures en anglais mais hélas pour moi, les auteurs jugés indispensable par mon fidèle guide ne le sont pas forcément pour les traducteurs. Ainsi, pour Peregrine Pickle, le roman dont je vais vous parler aujourd'hui, il a fallu commander d'occasion le livre en Angleterre (le dernier propriétaire a soigneusement noté au crayon sur la première page son année d'acquisition: 1901) et lire près de 600 pages dans ce charmant anglais du 18e siècle avec la moitié des mots qui ne sont pas dans mon dictionnaire (et pourtant c'est pas un dictionnaire de poche, je m'insurge!) Bref, presque deux mois plus tard, Peregrine Pickle est à terre et moi, triomphante, prête à vous en parler.

Et en fait je vais pas vous en dire grand-chose parce qu'au demeurant je n'ai pas trouvé ça extraordinaire. Tout ça pour ça! L'histoire démarre pourtant plutôt bien: un frère et une soeur, tous deux célibataires sur le retour s'installent à la campagne. La soeur, déterminée à perpétuer le nom de sa famille, trouve une femme pour son vieux garçon de frère qui s'en passerait bien. De cette union naît Peregrine. La tante, ayant accompli son devoir, se met en quête à son tour d'un mari, déçue par sa belle-soeur, plutôt peste il est vrai. Elle jette son dévolu sur un ancien marin, ami de son frère, vieil excentrique mysogine qui avait juré de ne jamais s'encombrer d'une femme mais qui se retrouve presque malgré lui marié à son tour. Le couple, déçu de ne pas avoir d'enfants malgré leurs efforts, finit par adopter Peregrine, rejetté par ses propres parents et surtout par sa mère... Jusque là, tout va bien. Cette première partie est plutôt drôle et les personnages sont campés avec beaucoup de fraîcheur et d'humour. Mais après ça se gâte quand l'action se centre sur le personnage éponyme. Peregrine grandit, se révèle un enfant puis un adolescent malicieux (descriptions de ses farces sur toutes les coutures) tombe amoureux de la jolie Emilia, s'embrouille puis se réconcilie avec elle, part en France pour découvrir le monde, découvre le goût du luxe et du libertinage, noue quelques relations amoureuses, revient en Angleterre pour essayer de faire d'Emilia sa maîtresse, trop imbu de lui-même pour l'épouser, se fait rudement rembarrer, mène une vie dissipée en dépensant de l'argent qu'il n'a pas et en tentant de se faire un nom dans la politique, se fait jeter en prison puis finalement, par un heureux concours de circonstances, parvient à payer ses dettes et, repentant, épouse Emilia pour mener une vie tranquille avec elle, retiré à la campagne...

Alors oui, le ton est alerte, oui la critique est mordante: critique de la société anglaise au 18e siècle avec le règne du paraître et de l'argent, critique d'une société ou les tricheurs et les voleurs évoluent en toute sérénité dans les cercles de la noblesse. Le libertinage apparaît comme du dernier chic et les pédants se ridiculisent en évoquant à tour de bras les sages qu'ils n'ont jamais lu. Peregrine lui-même n'est ni idiot ni pédant. C'est un personnage cependant très faible, sorte de anti-héros qui, promis à un grand avenir, le détruit lui-même par son orgueil et sa suffisance, persuadé de valoir tellement mieux! En soi, il n'est pas inintéressant pas plus que la satire de Smollet, parfois burlesque, parfois plus méchante. Mais c'est tellement long!!!!!!!!!!!!!! L'auteur ne se contente pas d'énoncer des faits, il en rajoute, décrit en détail toutes les machinations politiques de Peregrine, ses multiples tours (ses farces d'étudiant ou comment il aida l'un de ses amis à monter un faux cabinet de voyance), nous fait le récit complet de la vie d'une "dame de qualité", une amie de Peregrine...  En français je pense que j'aurais déjà eu envie d'abréger alors en anglais! J'aurais peut-être été plus indulgente avec ce livre ceci dit si je n'avais pas lu avant Histoire de Tom Jones. Mais après comparaison, il est clair que si Fielding continue à être traduit et pas Smollett, et bien c'est peut-être qu'il y a une raison...

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article
29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 19:44

L01.jpgHiver

Mons Kallentoft

éditions le Serpent à Plumes

 

"Il y a quelque chose de plaisant à être suspendu là-haut.

La vue est splendide et mon corps gelé se balance agréablement au gré du vent (...)

Avant, le mot 'joli'' n'existait pas.

Peut-être qu'il nous est réservé, à nous les morts?

C'est bon, tellement bon d'être débarrassé de tous les soucis des vivants."

 

Un jour de janvier à Ostergötland, en Suède, un homme est retrouvé nu comme un ver, gelé, étripé et pendu à un arbre. Au coeur de cet hiver rigoureux, l'un des plus froids depuis des années, Malin Fors, jeune mère célibataire, se retrouve chargée de l'enquête avec son équipe. Qui avait intérêt à tuer Bengt le Ballon, ce gros homme placide qui vivait seul et ignoré de tous? Qu'avait fait ce malheureux qui n'intéressait personne jusqu'à sa disparition brutale? Très vite, les pistes se multiplient: des adeptes de cultes vikings, une sombre histoire de viol, une famille de gangsters, des adolescents à problèmes... Autant d'éléments qui rendent perplexes Malin et les autres policiers. Pourtant, derrière tout ceci, se cache l'assassin.

C'est assez rare qu'un roman policier se pique d'avoir un style bien à lui, une patte qui lui est propre mais incontestablement, l'auteur de Hiver, Mons Kallentoft, a une manière d'écrire pour le moins originale. Première particularité, il fait intervenir sa victime qui, tout au long du récit, s'exprime par petites touches, observateur amusé de l'enquête. Ensuite, il occulte complètement le côté gore de l'histoire pour en faire quelque chose de beaucoup plus abstrait, voire poétique. Ainsi, le corps pendu et gelé devient "un gigantesque bébé mal formé, dont on aurait aspiré la vie". Enfin, à plusieurs reprises le récit dérive vers des réflexions, des images et joue notamment beaucoup sur le titre du livre en faisant des descriptions assez saisissantes de la neige, du gel et  du froid qui paralysent policiers et civils tout au long de l'enquête.

C'est assez particulier, je le reconnais. Pour ma part j'ai vraiment apprécié, mais il est possible que pour certains le style du roman ne passe pas. Dommage car à côté de ça, nous avons une intrigue policière impeccablement menée. L'enquête s'oriente sur plusieurs pistes et le lecteur est invité à les explorer tour à tour, même si certaines se révéleront des impasses. Toute une galerie de personnages apparaît, personnages plus ou moins reliés à la victime, plus ou moins coupables. Pas à pas avec Malin, pataugeant avec elle dans les rues boueuses et dans les bois enneigés où Bengt a trouvé la mort, nous reconstituons le puzzle de l'assassinat. Et si l'héroïne n'est pas forcément parfaite (un tantinet alcoolique, un tantinet en carence affective sévère) elle est plutôt attachante, dans son refus justement de stigmatiser, de juger ou même d'analyser. Des faits rien que des faits! De façon générale, Hiver n'est pas un roman manichéen et a  même plutôt tendance à inverser les rôles: dans cette histoire ce sont à priori les plus faibles, les adolescents, les vieillards..qui sont les vrais bourreaux. Mais je vais pas tout vous dire non plus! Allez donc faire un tour sous la neige si le coeur vous en dit. Moi j'ai vu que Eté du même auteur était sorti...

Repost 0
Published by beux - dans Polar
commenter cet article
25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 15:01

L03.jpgDans la nuit brune

Agnès Desarthe

Editions de l’Olivier

 

Souvenez-vous ; nous avons déjà parlé d’Agnès Desarthe avec son roman pour la jeunesse La plus belle fille du monde. Aujourd’hui, c’est un de ses ouvrages pour adultes que nous allons aborder.

Jérôme est un homme taciturne qui vit seul avec sa fille Marina depuis le départ de son épouse Paula. Agent immobilier il parle peu et s’attarde encore moins sur ses sentiments, préférant exorciser ses soucis en allant se promener seul dans la forêt. Cette vie paisible va voler en éclats le jour où Marina perd son grand amour, Armand, mort brutalement dans un accident de moto. Confronté au chagrin de sa fille, Jérôme se retrouve à gérer des émotions qu’il ne connaissait pas et qui le renvoie à son propre passé. En effet, Jérôme est un enfant trouvé dans les bois et sa naissance demeure un mystère ainsi qu’une blessure inavouée…

Bon, sincèrement, pour l’instant je préfère Agnès Desarthe en tant qu’auteur pour enfants. Rien de son humour habituel dans Dans la nuit brune, si ce n’est dans le personnage principal de Jérôme, décalé et attachant, dont les réflexions décousues au fil des pages apportent une fraîcheur à un récit qui serait vite plombant. En effet, la thématique est loin d’être gai (la mort, la déportation, la difficulté de communiquer avec les êtres aimés…) et si le style de Desarthe est toujours aussi agréable, il tombe parfois un peu dans la répétition et un jeu d’interrogations qui, à force, devient lassant. Qui suis-je ? Que sommes-nous ? Que faisons-nous ? Quel est le sens de notre vie ? Autant de questions dont, personnellement je n’ai pas la réponse et, semble-t-il, l’auteur non plus puisqu’elle laisse la fin de son roman dans un flou artistique des plus frustrants. Supercherie littéraire ? (ah ah encore une question !) Je ne sais… Comme dans La plus belle fille du monde, Agnès Desarthe plante une situation de départ (la mort du petit ami) puis semble soudain s’en désintéresser, laissant l’intrigue partir au petit bonheur la chance. Elle s’en sort grâce à des personnages haut en couleurs (Jérôme bien évidemment mais aussi la meilleure amie de Marina, la douce Rosy, ou encore l’excentrique écossaise Vilno) et en décrivant avec brio aussi bien la petite ville de province endormie que la forêt, parvenant à faire prendre vie à la terre brune des bois ou à un orage campagnard, si bien que c’est tout un monde qui s’éveille sous sa plume. Jolies pirouettes… C’est l’art de raconter une histoire là où il n’y en a pas vraiment. Certains lecteurs aiment et je pense que beaucoup d’entre vous aimeront Dans la nuit brune. Moi, j’avoue que ça m’a un peu lassée sur la fin.

Repost 0
Published by beux - dans Roman
commenter cet article